Vingt-cinq ans après la création de la très secrète direction du renseignement militaire (DRM), le renseignement français s’ouvre à la société civile en s’entourant de chercheurs et de start-up, pour faire face au mur du « big data » et aux nouvelles menaces.

Annoncé en décembre dernier, l' »Intelligence Campus » a été inauguré jeudi sur la base aérienne 110 de Creil (Oise) en présence du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et du chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers.

Présenté comme le « premier écosystème européen civil et militaire en traitement de la donnée », ce pôle, dont l’idée a germé après les attentats de 2015 en France, jouxtera les locaux de la DRM situés à une soixantaine de kilomètres au nord de Paris.

Un millier d’emplois devraient être créés d’ici 2025 dans le cadre de cette agence d’innovation qui associera 28 entreprises (Thales, SAFRAN (SAF-69,79 € -0,10 %), Airbus, notamment) et qui a conclu des partenariats avec huit universités et instituts de recherche (CNRS, Polytechnique, etc).

« L’idée c’est de réunir en un lieu des formateurs, des chercheurs, des universitaires, des industriels, des entrepreneurs ou encore des start-up », explique le général Christophe Gomart, directeur du renseignement militaire.

« Aujourd’hui on est confronté au ‘big data’, et si nous ne nous mettons pas en marche avec ces différents acteurs nous allons dans un mur et nous serons incapables d’analyser toutes les données que nous recueillons », ajoute-t-il.

Dans les prochaines années, le nombre d’images reçues et traitées par la DRM à Creil devrait, selon lui, être multiplié par dix voire vingt.

« Nous n’allons pas multiplier par dix ou vingt le nombre d’analystes d’images, donc il nous fait trouver des systèmes, des algorithmes qui nous permettent d’analyser de façon automatique », dit-il.

Le premier diplôme dédié au renseignement devrait être ouvert en septembre 2017. Le centre de formation interarmées du renseignement (CFIAR), actuellement basé à Strasbourg, devrait emménager à Creil en 2020.

Source : Reuters.

La justice luxembourgeoise s'intéresse à l'affaire. (illustration DR)

La justice luxembourgeoise mène l’enquête concernant une écoute illégale présumée par le Service de renseignement de l’Etat (SRE).

Une information judiciaire a été ouverte en date du 21 mars, sur la base « des détails parus dans la presse relatifs à une écoute effectuée par le Service de renseignement de l’État qui aurait été continuée malgré l’expiration de l’autorisation requise par la loi », indique le Parquet dans un communiqué, sans donner d’autres éléments en raison de l’instruction en cours.

Le week-end dernier, le ministère d’État avait été obligé de confirmer les informations de nos confrères du Tageblatt selon lesquelles une écoute avait eu lieu sans l’autorisation requise. Mercredi, le Premier ministre, Xavier Bettel, s’est présenté face aux députés pour souligner qu’il s’agissait d’une «erreur administrative». La demande de prolongation de l’écoute en question avait en effet été oubliée dans les rangs du SRE. C’est lors d’un contrôle interne que l’erreur avait été constatée. Les enregistrements en question ont été supprimés.

Des explications qui n’ont pas suffi aux yeux des partis de l’opposition. Le CSV et l’ADR insistaient pour que le parquet lance une enquête dans cette affaire, tandis que déi Lénk a dénoncé des «dysfonctionnements en cascade» au sein du SRE.

Source : Le Quotidien (Luxembourg).

media

 

Le journal Rbk et les journalistes indépendants du Conflict Intelligence Team recueillent et analysent des données sur les combats en Syrie et dans le Donbass. D’après leur enquête, au moins 9 combattants russes sont morts en Syrie depuis le début de l’année, dont 6 faisaient partie de la société militaire privée Wagner.

Ces mercenaires avaient déjà combattu dans le Donbass et pour certains, en Tchétchénie. L’agence Reuters de son côté parle de 18 citoyens russes tués en Syrie depuis fin janvier, une période qui coïncide avec d’intenses combats pour reprendre la cité de Palmyre. La plupart d’entre eux seraient des militaires sous contrat avec des sociétés privées.

Durant la même période, le ministère de la Défense n’évoque que 5 tués, et nie la présence de sociétés militaires privées, interdite selon la législation russe.

Le fondateur du Conflict Intelligence Team, Ruslan Leviev, explique qu’il travaille sur des sources ouvertes, notamment l’examen des réseaux sociaux. D’après lui, les corps des combattants morts au combat sont rendus aux familles dans des cercueils scellés. Les parents reçoivent parfois des compensations financières.

Wagner aurait envoyé au moins 500 combattants en Syrie, mais certaines sources parlent de 1500, partis en deux vagues dans la région de Palmyre. Si les premiers contingents ne comprenaient que des moins de 35 ans, les derniers comprenaient des plus de 50 ans.

Source : RFI.

Inauguration de l'Intelligence Campus à Creil

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian est attendu le 23 mars à Creil pour inaugurer l’Intelligence Campus avec le général Christophe Gomart.

Avec cet Intelligence Campus, La Direction du renseignement militaire (DRM) s’ouvre à la société civile et souhaite « développer des solutions innovantes dans le domaine du traitement des données, de leur capture à leur exploitation, avec une dominante imagerie et géo-intelligence ».

La DRM s’ouvre donc au monde académique, de la recherche et des entreprises, en créant ce cursus qui doit associer l’intelligence humaine et artificielle. Intelligence Campus est « un écosystème associant acteurs publics et privés, experts et analystes de la DRM et de la communauté du renseignement universités et grandes écoles, instituts de recherche et entreprises. » Dédié au renseignement militaire, ce campus sera aussi un incubateur de start-up.

Un master de géo-intelligence y sera délivré

Seront notamment associés à ce projet, selon Paris Match, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’Ecole polytechnique, l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Dès 2018, un master de géo-intelligence y sera délivré et le Centre de formation interarmées du renseignement (CFIAR), actuellement à Strasbourg, y déménagera en 2019, précise le magazine.

La base aérienne de Senlis-Creil a été choisie pour accueillir cet Intelligence Campus en raison de sa proximité avec les centres opérationnels du renseignement militaire et du domaine spatial.

Source : L’Usine Nouvelle.

Une Cour d’appel des Emirats arabes unis a condamné à 10 ans de prison un ressortissant indien, jugé pour espionnage pour le compte d’un pays étranger, selon le quotidien local Gulf News jeudi.

Le prévenu, qui sera expulsé des Emirats une fois qu’il aura purgé sa peine de prison, a été reconnu coupable d’avoir fourni au pays étranger, non identifié, des informations sensibles sur les mouvements de navires de guerre au port Zayed à Abou Dhabi où il était employé, a précisé le journal.

Source : L’Orient-Le Jour

En même temps qu’elle modifiait son Code pénal, le Sénégal a renforcé et réorganisé ses services secrets pour faire face à la menace. Après le feu vert de l’Assemblée, le Président Macky Sall a pris un décret pour promulguer la loi qui vient à son heure.

Chapitre premier. – Des activités des services de renseignement 

Article premier. – Les services de renseignement ont pour mission commune la recherche, le recueil, l’exploitation et la mise à la disposition des autorités de décision des renseignements relatifs aux menaces contre la sécurité et les intérêts fondamentaux de la Nation.
Les besoins spécifiques et les priorités en matière de renseigne- ment sont précisés dans un plan national de renseignement (PNR).

Art. 2. – Les services de renseignement sont également chargés de la mise en œuvre des moyens spécifiques destinés à entraver les menaces visées à l’article premier ou à prévenir ou déjouer des activités d’ingérence dirigés contre les intérêts nationaux.

Art. 3. – Dans le cadre de la coopération internationale en matière de renseignement, les services de renseignement mettent en œuvre les engagements souscrits par l’Etat.
Art. 4.- En matière de terrorisme, de criminalité organisée ou de trafics internationaux, les services spéciaux de renseignement peu- vent procéder à des enquêtes judiciaires, ouvertes au moment le plus opportun, lorsqu’il résulte des renseignements et indices dont ils disposent une présomption de crime ou de délit.

Art. 5.– Les enquêtes visées à l’article 4 sont diligentées par des officiers et agents de police judiciaire regroupés au sein d’entités spécialisées des services. Elles sont conduites conformé- ment aux règles prévues par le Code de procédure pénale, sous réserve des dispositions spéciales prévues par la présente loi et éventuellement par d’autres textes législatifs.

Art. 6. – Les entités d’enquête des services spéciaux de renseignement peuvent être saisies par le procureur de la République, les services nationaux ou étrangers de recherche de renseignement ou par toute administration ou personne physique ou morale mettant à leur disposition des informations crédibles relatives à la préparation ou à la commission d’une infraction portant sur l’une des matières visées à l’article 4. En cas de risque encouru par un dénonciateur, elles prennent ou préconisent toutes mesures utiles à la protection de la personne de celui-ci et de ses intérêts menacés.

Art. 7. – Les entités d’enquête peu- vent exercer leur compétence sur l’étendue du territoire national dans les matières énumérées à l’article 4. Elles peuvent, dans ces matières et avec l’accord des autorités compétentes de l’Etat concerné, poursuivre leurs investigations à l’étranger récupérer et transférer au Sénégal tout suspect ou tout objet se rapportant à l’enquête.

Art. 8. – Les entités d’enquête peuvent, avec l’autorisation et sous le contrôle du procureur de la République compétent, recourir aux moyens d’investigation prévus à l’article 10. Les preuves régulièrement recueillies par ces moyens sont recevables en justice et sont laissées à l’appréciation des juridictions pénales compétentes.

Art. 9. – Pour l’exécution des missions qui leur sont assignées, les services de renseignement apprécient la consistance des moyens opérationnels à mettre en œuvre. Ils s’assurent cependant de la légalité des moyens employés et de leur proportionnalité à la gravité de chaque menace.

Art. 10. – Les services spéciaux de renseignement peuvent, lorsqu’ils disposent d’indices relatifs à l’une des menaces prévues à l’article 2 et en l’absence de tout autre moyen, recourir à des procédés techniques, intrusifs, de surveillance ou de localisation pour recueillir les renseignements utiles à la neutralisation de la menace.

Art. 11. – Les activités de renseigne- ment régulièrement menées ne doivent faire l’objet d’aucune entrave volontaire sur l’étendue du territoire national.
Requis en cas de besoin, les agents de la force publique, les autres services de l’Etat ainsi que les organismes privés compétents fournissent sans délai aux services de renseignement le concours nécessaire et observent le secret sur les opérations et investigations en cours.

Art. 12. – Les documents de renseignement émis par les services de renseignement sont protégés par le secret conformément à leur degré de classification. Ne peu- vent les détenir ou les connaître que les personnes habilitées à cet effet. La déclassification totale ou partielle d’un document peut être autorisée par décret si elle ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale ou pour les personnels et les sources du renseignement.

Art. 13. – Par dérogation aux dispositions de la loi n° 70-14 du 6 février 1970, modifiée, fixant les règles d’applicabilité des lois, des actes administratifs à caractère règlementaire et des actes administratifs à caractère individuel, les lois et les actes administratifs à caractère règlementaire relatifs à l’organisation, au fonctionnement aux activités ou aux personnels des services de renseignement peuvent comporter une disposition autorisant leur non-publication ou leur publication partielle au Journal officiel. Le cas échéant, ces textes entrent en vigueur à la date expressément prévue ou à défaut, à compter de leur promulgation ou de leur signature.

Art. 14. – Les autorités administratives contrôlent la régularité et l’efficacité des activités des services de renseignement placés sous leur responsabilité. Elles veillent à l’exécution correcte des missions ainsi qu’à la réalisation des objectifs spécifiques pouvant être assignés par des directives ou plans de renseignement.

Art. 15. – L’Assemblée nationale peut, devant la Commission de la Défense et de la Sécurité, entendre le Premier ministre ou les ministres responsables de services de renseignement sur des questions relatives aux orientations générales de la politique de renseignement, à l’organisation et aux ressources des services de renseignement.
L’exercice du contrôle parlementaire ne doit toutefois pas entraîner une divulgation de secrets susceptible de compromettre la sécurité nationale, les intérêts diplomatiques stratégiques du pays, la sécurité des personnels et des sources du renseignement ainsi que l’efficacité des activités de renseignement.

– Chapitre II. – Des personnels des services de renseignement

Art. 16. – Les personnels des services de renseignement sont constitués par des fonctionnaires civils, militaires et paramilitaires et des agents non fonctionnaires de l’Etat. En cas de besoin, les services de renseignement peuvent recourir à des collaborateurs contractuels ou occasionnels ou faire appel à d’anciens personnels à la retraite et toujours aptes à servir pour compléter temporairement les effectifs.

Art. 17. – Les personnels sont sélectionnés en raison de leurs compétences et aptitudes particulières ainsi que des garanties de loyauté et de discrétion qu’ils présentent.

Art. 18. – Sous réserve des dispositions spéciales prévues par la pré- sente loi et l’adoption de statuts spéciaux applicables aux personnels de certains services de renseignement, les fonctionnaires et les agents non fonctionnaires de l’Etat détachés ou mis à la disposition des services de renseigne- ment restent régis par leur statut d’origine.

Art. 19. – Un centre de formation des personnels des services de renseignement assure la formation initiale et continue des personnels du renseignement. Les règles d’organisation et de fonctionnement dudit centre sont fixées par décret.

Art. 20. – les personnels des services de renseignement doivent avant leur entrée en fonction, dis- poser d’une habilitation pour connaître des informations protégées.
Ils s’engagent à garder le secret, même après la cessation de leurs fonctions, sur les activités de renseignement et sur les in- formations classifiées connues dans l’exercice de ces fonctions.

Art. 21. – En dehors des cas relevant de l’exercice de leurs missions, il est interdit aux personnels des services de renseignement d’adhérer à un parti politique, de participer à des manifestations politiques ou à toute activité dont la nature est incompatible avec la réserve et la discrétion que leur imposent leurs fonctions, de se constituer en syndicat, d’adhérer à des organisations syndicales et d’exercer le droit de grève.

Art. 22. – L’identité des personnels des services de renseigne- ment est protégée contre toute forme de divulgation. Les services compétents de l’Etat fournissent à ces personnels les documents administratifs nécessaires pour leur procurer les identités d’emprunt. La délivrance de ces documents est enregistrée sur des registres et fichiers spéciaux protégés par le secret. Les personnels peuvent, lors de certaines opérations, utiliser des équipements pour dissimuler leurs visages.

Art. 23. – L’identité de certains personnels notamment celle des chefs des différents services de renseignement peut toutefois ne pas être protégée lorsque la publicité n’est pas de nature à compromettre leur sécurité ou l’efficacité des activités de leurs services.

Art. 24. – Les déplacements à l’étranger des personnels des services de renseignement en mission peuvent ne faire l’objet d’aucune mention sur les passeports ni d’enregistrement par les services chargés du contrôle aux frontières. Il en est de même des déplacements au Sénégal effectués par les agents des services étrangers dans le cadre de leur coopération avec les services nationaux de renseignement.

Art. 25. – Les services de renseignement veillent à la protection de leurs personnels. Les personnels des services spéciaux exposés à des risques contre leur intégrité physique peuvent être autorisés à détenir et porter des armes fournis par leurs services.

Chapitre III. – Des dispositions pénales

Art. 26. – Les personnes concourant à l’établissement des identités d’emprunt des personnels des services de renseignement ainsi que ces derniers lorsqu’ils en font usage, sont exonérées de toute responsabilité pénale du fait des différents actes accomplis ou exécutés dans ce cadre.

Art. 27. – Toutefois, les infractions commises par les personnels des services de renseignement dans l’exercice de leurs fonctions relèvent de leur responsabilité pénale personnelle.

La réparation des dommages causés aux tiers incombe toutefois à l’Etat

Art. 28. – Sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100.000 à 1.000.000 de francs, quiconque aura volontairement révélé des informations, images, enregistrements ou des indices de toute nature permettant de découvrir, soit l’identité protégée d’un agent d’un service de renseignement, soit l’identité d’une source humaine du renseignement.

Sera également puni des mêmes peines, quiconque se sera abstenu de dénoncer aux services de sécurité une menace contre la sécurité nationale dont il a eu connaissance.
Si l’auteur de la révélation visée à l’alinéa premier du présent article est un membre d’un service de renseignement ou si la révélation a entraîné une atteinte physique, tentée ou consommée sur l’agent, la source humaine ou leurs proches, les peines prévues ci-dessus seront portées au double.

Art. 29. – Les peines prévues par l’alinéa 2 de l’article 28 seront encourues lorsque le refus ou l’abstention a entraîné la réalisation d’une menace contre la sécurité nationale.

Art. 30. – Sera puni des peines pré- vues à l’alinéa premier de l’article 29, tout responsable ou agent quelconque d’un service de renseignement qui aura ordonné, autorisé ou procédé à la mise en œuvre d’activités de renseignement contre toute personne physique ou morale pour des objectifs autres que ceux qui sont prévus par la loi.
Sera également puni des mêmes peines, quiconque aura ordonné, autorisé ou procédé illégalement à la mise en œuvre d’activités de renseignement contre toute per- sonne physique ou morale.

Art. 31. – Lorsque dans une procédure pénale, la déposition en qua- lité de témoin d’un agent d’un service de renseignement dont l’identité est protégée est requise sur des faits dont il aurait eu connaissance dans l’exercice d’une mission, cette identité ainsi que les fonctions de l’agent ne sont pas révélées. La déposition est reçue dans des conditions garantissant l’anonymat et attestée par une autorité hiérarchique dont l’identité n’est pas protégée. En cas de confrontation ou de déposition à l’audience, l’audition peut avoir lieu à distance et à l’aide d’un dispositif empêchant l’identification de la voix. »

Dakaractu

Le procès de neuf ex-agents du renseignement en Gambie, accusés du “meurtre” d’un opposant à l’ex-président Yahya Jammeh, s’est ouvert lundi à Banjul où une foule en colère a réclamé la peine de mort à leur encontre, a rapporté un journaliste de l’AFP.

Les neuf accusés sont l’ex-directeur général de l’ancienne Agence nationale du renseignement (NIA), Yankuba Badjie, son ex-directeur des opérations, Saikou Omar Jeng dit “Sir Jeng”, et sept ex-agents de la NIA, ayant tous comparu devant la Haute cour de Banjul qui a renvoyé le procès au 27 mars pour donner plus de temps à l’enquête.

Tous ont été arrêtés en février, puis inculpés de “meurtre et complot en vue de commettre un meurtre” en lien avec la mort, peu après son arrestation par la NIA en avril 2016, de Solo Sandeng, un responsable du Parti démocratique unifié (UDP, alors principale formation de l’opposition à Yahya Jammeh).

La NIA – rebaptisée depuis “Service de renseignements d’Etat” par le nouveau président Adama Barrow – était considérée comme l’instrument de répression du régime de M. Jammeh, qui a dirigé la Gambie d’une main de fer durant plus de 22 ans.

Pour l’ouverture du procès, des membres de la famille et proches de Solo Sandeng, des sympathisants de la nouvelle majorité au pouvoir ont afflué vers la Haute cour. A l’extérieur de la salle d’audience, qui a refusé du monde, une foule en colère a réclamé que les accusés soient condamnés à mort.

“Nous exigeons une condamnation à mort”, a lancé la foule, en même temps que des insultes contre les prévenus, accusés d’avoir tué d’autres êtres chers.

Le corps de Solo Sandeng a été exhumé le 4 mars pour les besoins de l’enquête sur son décès, selon des sources policières.

Selon l’une d’elles, l’exhumation s’est déroulée en présence de policiers, d’experts médicaux et de la famille de Solo Sandeng, tous conduits par le prévenu Saikou Omar Jeng à une tombe dans un cimetière du village de Tanje, à 33 km de Banjul.

Le rapport d’autopsie devait être transmis à la justice pour le procès des neuf ex-agents de la NIA, avait précisé la même source.

Lundi, la Haute Cour a indiqué que le renvoi du procès visait à permettre aux procureurs de l’Etat de trouver un expert étranger pour réexaminer le corps de Solo Sandeng.

africanews

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé samedi qu’un ingénieur tunisien récemment tué était l’un de ses dirigeants, accusant Israël du meurtre et promettant vengeance.

Mohamed Zaouari a été tué par Israël, ont affirmé à l’AFP les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas.

« L’assassinat de Zaouari à Tunis est une agression contre la résistance et les brigades al-Qassam, et l’ennemi doit savoir que le sang des dirigeants ne coulera pas en vain », a indiqué le mouvement dans un communiqué.

« Les drones ‘Ababil’ des brigades Ezzedine al-Qassam avaient joué un rôle important dans la lutte contre l’occupation israélienne notamment pendant l’opération ‘Bordure protectrice’ qui a débuté en juillet 2014, lit-on dans la même déclaration.

Selon le Hamas, l’activiste Mohamed Zouari avait rejoint la résistance palestinienne, il y a à peine dix ans et adhéré ensuite aux brigades Ezzedine al-Qassam. « Le sang versé par le martyr Mohamed Zouari ne restera pas impuni », a promis le Hamas dans la déclaration.

L’ingénieur était une personnalité importante dans le développement de drones et avait tenté de s’introduire en Israël en 2014, a indiqué le Hamas.

Le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza a annoncé une journée de deuil.

De son côté, le ministre auprès du Premier ministre chargé de la sécurité nationale et des affaires étrangères israéliennes Tzachi Hanegbi a déclaré vendredi à la chaîne de télévision israélienne: « J’espère que cet épisode ne nous sera pas attribué, qu’il n’est pas lié à nous et qu’aucune de ces personnes arrêtées ne sont nos alliés » réfutant la thèse de l’implication du Mossad.

Le parti tunisien islamiste Ennahdha a appelé les autorités à enquêter sur l’assassinat, qui, selon lui, menace la « stabilité » du pays.

Pour sa part, le média Israélien Debkafile, citant une source des renseignements israéliens, affirme que « l’assassinat d’Al-Zoari était probablement motivé par des activités plus récentes que son travail pour le Hamas ». Selon le média, « il était soupçonné d’utiliser son centre de vol privé pour former des opérateurs de drones appartenant à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui maintient des bases dans le sud de la Tunisie ».

L’ingénieur de 49 ans a été tué par armes à feu jeudi à Sfax (est), la deuxième ville de Tunisie, alors qu’il se trouvait au volant, devant son domicile.

Le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé samedi l’arrestation la veille d’une Tunisienne à l’aéroport de Carthage, à Tunis. Elle est suspectée d’être impliquée dans ce meurtre, selon la même source.

Il s’agit d’une journaliste qui avait interviewé la victime avec un autre journaliste et un caméraman, tous deux de nationalité tunisienne, a indiqué dans une déclaration à la radio privée Shems FM le substitut du procureur général, Mourad Turki sans mentionner la date de cette interview.

Au total « huit suspects ont été arrêtés et ils sont tous Tunisiens », a-t-il encore ajouté.

D’après la première autopsie, l’homme a été criblé d’une vingtaine de balles, avait affirmé vendredi M. Turki à la radio privée Mosaïque FM.

Les autorités israéliennes n’ont pas réagi aux accusations du Hamas, mais l’Etat hébreu a dans le passé assassiné plusieurs membres de groupes activistes, notamment en Tunisie.

En 1988, le numéro 2 de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Abou Jihad –de son vrai nom Khalil al-Wazir– était assassiné par des commandos israéliens à Tunis, ainsi qu’un autre dirigeant de l’OLP, Saad Sayil.

En 1997, Khaled Mechaal, l’un des membres fondateurs du Hamas et chef de son bureau politique, avait échappé à la tentative d’assassinat du Mossad, le service de renseignements israélien, qui lui avait injecté du poison. Le Hamas accuse également Israël d’avoir assassiné l’un des fondateurs de sa branche armée, Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh, décédé le 20 janvier à Dubaï.

 

 

 

 

L’appareil contiendrait notamment les plans et les projets d’évacuation de la Trump Tower…

Oups. Le Secret Service, chargé aux Etats-Unis de la protection du président et des personnalités, a annoncé vendredi avoir lancé une enquête sur le vol d’un de ses ordinateurs portables, sans préciser ce que l’appareil contenait.

Selon la chaîne CNN, cet ordinateur contenait des plans et des projets d’évacuation de la Trump Tower, où résidait le président Donald Trump avant son investiture le 20 janvier. Sa femme Melania et son dernier fils Barron y habitent encore. Selon ABC, l’appareil contiendrait aussi des détails de l’enquête sur le scandale du serveur privé de l’ex-candidate démocrate Hillary Clinton.

« Le Secret Service peut confirmer qu’un employé a été victime d’un acte criminel par lequel un ordinateur portable de notre agence a été volé », a écrit l’agence dans un communiqué.

Machine cryptée et sécurisée

Le Secret Service, qui dépend du ministère de la Sécurité intérieure, assure que ses ordinateurs sont très sécurisés et cryptés, et qu’ils « ne sont pas autorisés à contenir des informations classées ». Normalement, ce genre d’appareil peut être effacé à distance, comme un smartphone. « Une enquête est en cours », ajoute le Secret Service sans autre détail, précisant juste que toute information relative à ce vol doit être transmise à son bureau de New York.

Selon CNN, qui cite sans les nommer deux hauts responsables de la police de New York, l’ordinateur contenait des informations « très sensibles » et a été dérobé dans la voiture d’un agent du Secret Service jeudi matin, dans le quartier de Brooklyn à New York.

Des formateurs de la CIA redoublent d’inventivité pour inciter à la coopération entre officiers, simuler des crises mondiales et montrer comment collecter correctement des informations sensibles.

Donjons et Dragons et même Magic inspirent la CIA. Trois formateurs de l’Agence centrale du renseignement américain ont révélé cette semaine lors du festival South by Southwest (SXSW), qui se tient chaque année à Austin au Texas, qu’une partie de leur travail consistait à inventer des jeux de rôle et des jeux de société.

Improbable mais vrai. A l’occasion de cette conférence dédiée à l’innovation et aux nouvelles technologies, des journalistes et autres participants ont pu y jouer. Il ne s’agit pas simplement de faire travailler sa logique et de choisir les meilleures stratégies pendant la partie. Les formateurs de la CIA vont plus loin, mettant en avant dans leurs jeux des situations reflétant les réalités des opérations. Bien plus efficaces que des présentations visuelles classiques et réunions terriblement ennuyeuses, selon David Clopper, l’un de ces fameux formateurs de la CIA, rencontré par un reporter du site américain Ars Technica au festival SXSW .

Un Pandemic version espions

Ce dernier est entré à la CIA il y a seize ans et a commencé à créer des jeux pour l’agence en 2008. Parmi ceux qu’il a développés : Collection (pour collecte de données, en français). Un jeu de plateau coopératif rappelant Pandemic, très populaire parmi les amateurs de jeux de stratégie .

En bref : un groupe de joueurs, aux rôles différents au sein de la CIA, doit résoudre ensemble trois crises majeures à travers le monde (avant que l’une d’entre elles ne devienne incontrôlable), en collectant le plus possible d’informations confidentielles et en prenant les bonnes décisions. Les joueurs peuvent être confrontés à l’Etat islamique, à un conflit en mer de Chine ou à des sources mal informées.

« Nous avons assisté à des parties pendant lesquelles les joueurs ont pris le temps de communiquer les uns avec les autres, de parler de la façon d’avancer ensemble, de la stratégie à adopter (..). Ils ont eu tendance à gagner. Aux tables où une personne jouait de son côté ou coopérait très tard dans la partie, les crises n’ont pas pu être résolues », a indiqué David Clopper. L’objectif pour lui est de démontrer l’importance de la collaboration sur le terrain.

Traquer un « méchant armé »

La CIA a aussi développé un jeu de cartes, Collection deck, qui se concentre sur les méthodes pour collecter des informations et aide à faire la différence entre ce qui est confidentiel ou non. Cartes en main, des joueurs doivent exceller en renseignement, sachant que leurs adversaires peuvent poser d’autres cartes, représentant des obstacles, afin de les contrer. Par exemple : un joueur décide d’utiliser un satellite pour prendre une photo sensible, mais un de ses opposants le bloque en jouant une carte « échec de la station au sol », relate une journaliste de CNN , également présente à Austin cette semaine. Un concept très proche de Magic et Pokémon.

Un autre formateur de la CIA, Volko Ruhnke, a lui développé un jeu de plateau baptisé Le Caïd : La traque d’El Chapo, utilisé « pour former des analystes qui pourraient travailler avec les forces de l’ordre (…) pour traquer un méchant armé, bien défendu, et bien protégé ».

Simulation du conflit en Afghanistan

Ce même formateur a d’ailleurs déjà commercialisé un jeu de société simulant le conflit en Afghanistan, dans lequel les joueurs font face à des questions d’ordre militaire, politique et économique. D’après lui, cela donne aux gens « une bien meilleure compréhension des problèmes que rencontre l’Afghanistan moderne ».

On aurait pu croire que la CIA utilise davantage les jeux vidéo en formation. Mais comme le fait remarquer Rachel Grunspan, formatrice également : « Ils sont beaucoup plus difficiles à adapter (…) Les situations de conflits dans le monde changent rapidement et modifier un jeu vidéo est beaucoup plus ardu et lent. »