Articles Tagués ‘Israël’

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé samedi qu’un ingénieur tunisien récemment tué était l’un de ses dirigeants, accusant Israël du meurtre et promettant vengeance.

Mohamed Zaouari a été tué par Israël, ont affirmé à l’AFP les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas.

« L’assassinat de Zaouari à Tunis est une agression contre la résistance et les brigades al-Qassam, et l’ennemi doit savoir que le sang des dirigeants ne coulera pas en vain », a indiqué le mouvement dans un communiqué.

« Les drones ‘Ababil’ des brigades Ezzedine al-Qassam avaient joué un rôle important dans la lutte contre l’occupation israélienne notamment pendant l’opération ‘Bordure protectrice’ qui a débuté en juillet 2014, lit-on dans la même déclaration.

Selon le Hamas, l’activiste Mohamed Zouari avait rejoint la résistance palestinienne, il y a à peine dix ans et adhéré ensuite aux brigades Ezzedine al-Qassam. « Le sang versé par le martyr Mohamed Zouari ne restera pas impuni », a promis le Hamas dans la déclaration.

L’ingénieur était une personnalité importante dans le développement de drones et avait tenté de s’introduire en Israël en 2014, a indiqué le Hamas.

Le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza a annoncé une journée de deuil.

De son côté, le ministre auprès du Premier ministre chargé de la sécurité nationale et des affaires étrangères israéliennes Tzachi Hanegbi a déclaré vendredi à la chaîne de télévision israélienne: « J’espère que cet épisode ne nous sera pas attribué, qu’il n’est pas lié à nous et qu’aucune de ces personnes arrêtées ne sont nos alliés » réfutant la thèse de l’implication du Mossad.

Le parti tunisien islamiste Ennahdha a appelé les autorités à enquêter sur l’assassinat, qui, selon lui, menace la « stabilité » du pays.

Pour sa part, le média Israélien Debkafile, citant une source des renseignements israéliens, affirme que « l’assassinat d’Al-Zoari était probablement motivé par des activités plus récentes que son travail pour le Hamas ». Selon le média, « il était soupçonné d’utiliser son centre de vol privé pour former des opérateurs de drones appartenant à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui maintient des bases dans le sud de la Tunisie ».

L’ingénieur de 49 ans a été tué par armes à feu jeudi à Sfax (est), la deuxième ville de Tunisie, alors qu’il se trouvait au volant, devant son domicile.

Le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé samedi l’arrestation la veille d’une Tunisienne à l’aéroport de Carthage, à Tunis. Elle est suspectée d’être impliquée dans ce meurtre, selon la même source.

Il s’agit d’une journaliste qui avait interviewé la victime avec un autre journaliste et un caméraman, tous deux de nationalité tunisienne, a indiqué dans une déclaration à la radio privée Shems FM le substitut du procureur général, Mourad Turki sans mentionner la date de cette interview.

Au total « huit suspects ont été arrêtés et ils sont tous Tunisiens », a-t-il encore ajouté.

D’après la première autopsie, l’homme a été criblé d’une vingtaine de balles, avait affirmé vendredi M. Turki à la radio privée Mosaïque FM.

Les autorités israéliennes n’ont pas réagi aux accusations du Hamas, mais l’Etat hébreu a dans le passé assassiné plusieurs membres de groupes activistes, notamment en Tunisie.

En 1988, le numéro 2 de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Abou Jihad –de son vrai nom Khalil al-Wazir– était assassiné par des commandos israéliens à Tunis, ainsi qu’un autre dirigeant de l’OLP, Saad Sayil.

En 1997, Khaled Mechaal, l’un des membres fondateurs du Hamas et chef de son bureau politique, avait échappé à la tentative d’assassinat du Mossad, le service de renseignements israélien, qui lui avait injecté du poison. Le Hamas accuse également Israël d’avoir assassiné l’un des fondateurs de sa branche armée, Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh, décédé le 20 janvier à Dubaï.

 

 

 

 

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 Benyamin Netanyahou dénonce devant l’ONU la bombe iranienne. (Lucas Jackson/Reuters)

Le premier ministre israélien joue l’alarmisme face à l’Iran. Des documents secrets montrent que sa prestation devant l’Assemblée générale de l’ONU, en 2012, n’était pas partagée par les services secrets de son pays

Sa prestation était destinée à marquer les esprits. Devant l’Assemblée générale de l’ONU, en 2012, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, avait appuyé sa démonstration d’un croquis façon dessin animé: «Ceci, c’est la bombe, ceci, c’est la mèche», commençait-il, afin d’écarter tout malentendu. L’Iran, poursuivait-il, est désormais au seuil de l’irréparable en ce qui concerne sa capacité nucléaire militaire. «D’ici au printemps, peut-être à l’été, il aura atteint une nouvelle étape [dans l’enrichissement de l’uranium]. Ensuite, quelques semaines supplémentaires suffiront.»

Le temps a donné tort aux prédictions de l’Israélien. Mais aujourd’hui, des révélations semblent démontrer que les explications de Benyamin Netanyahou ne se fondaient pas sur les informations de ses propres services secrets. Plus: elles contredisaient l’opinion qui régnait à ce moment au sein du Mossad.

C’est la chaîne qatarie Al-Jazira qui l’affirme par une voie inattendue. Le responsable de son département d’enquête, Clayton Swisher, a mis la main sur un grand nombre de documents provenant, semble-t-il, d’Afrique du Sud, un pays avec lequel le Mossad entretient des contacts étroits. Le journaliste refuse de dévoiler l’origine de la fuite. Mais les câbles qu’Al-Jazira vient de dévoiler (en collaboration avec le journal britannique The Guardian) parlent pour lui : quelques semaines à peine après la prestation du premier ministre, le Mossad assurait à ses collègues sud-africains que l’Iran ne déployait pas «l’activité nécessaire» pour se doter d’une bombe. Ce pays, insistait le renseignement israélien dans sa note classée «confidentiel», n’est pas prêt pour enrichir l’uranium à «un niveau suffisant».

Clayton Swisher est, entre autres, à l’origine de l’enquête qui avait conclu à la présence de polonium dans les affaires du leader palestinien Yasser Arafat. Au Temps, il soumet ses interrogations: «Ces documents soulèvent des questions troublantes sur l’intégrité de Netanyahou: sur quelles informations se fondait-il pour assurer au monde entier que l’Iran était si proche de produire une bombe?» Il ajoute: «Si le premier ministre israélien a ainsi déprécié le jugement professionnel de ses propres services de renseignement, hésitera-t-il à tromper le Congrès américain la semaine prochaine?»

Avec l’aide de certains ténors républicains, mais contre l’avis de la Maison-Blanche, Netanyahou s’est en effet «invité» devant les parlementaires américains le 3 mars, pour ce qui devrait être une attaque en règle contre les négociations en cours entre l’administration Obama et Téhéran, à propos du nucléaire iranien. La Maison-Blanche ne cache pas sa mauvaise humeur, tant elle craint que la venue de l’Israélien puisse miner définitivement ces pourparlers, menés notamment par le secrétaire d’Etat, John Kerry, sur les bords du lac Léman: non seulement elle a refusé d’accueillir le premier ministre, mais elle semble, elle aussi, douter de son «intégrité». «Certaines des affirmations de Benyamin Netanyahou ne sont pas exactes», déclarait récemment Josh Earnest, le porte-parole de la Maison-Blanche.

A dire vrai, les divergences d’opinions entre les services de renseignement israéliens et le premier ministre étaient déjà connues en Israël. L’ancien chef du Mossad, Meir Dagan, avait souligné dans une interview en 2012 que la menace de lancer une guerre contre l’Iran, comme le suggérait – et continue sans doute de le penser – Benyamin Netanyahou, était «une idée stupide».

Est-ce un pur hasard si ces révélations d’Al-Jazira interviennent quelques jours à peine avant ce discours de Netanyahou devant le Congrès américain et en pleine campagne électorale israélienne? Clayton Swisher esquive la question. Mais il renvoie à un précédent célèbre, lorsque l’administration de George Bush avait assuré, en 2003, qu’elle détenait la preuve irréfutable que l’Irak de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. «Nous avons vu les résultats lors de l’invasion de l’Irak. Aujour­d’hui, ces nouvelles révélations doivent amener le monde à se montrer sceptique devant tout ce que le premier ministre israélien dira à propos de l’Iran.»

Source : Le Temps (Genève).

Le chef du Mossad, Tamir Pardo, le troisième en partant de la gauche, assistant à la réunion hebdomadaire du cabinet le 22 février 2015 (Crédit : Alex Kolomoisky, Pool)

Le chef du Mossad, Tamir Pardo, le troisième en partant de la gauche, assistant à la réunion hebdomadaire du cabinet le 22 février 2015 (Crédit : Alex Kolomoisky, Pool)
La chaîne d’information qatarie a annoncé lundi qu’elle révèlerait une série de télégrammes dans les prochains jours qui comprendrait la « véritable évaluation » du service d’espionnage israélien du Mossad quant aux ambitions nucléaires de l’Iran.
Les documents, qui sont des analyses et des comptes-rendus de l’Agence de sécurité sud-africaine entre 2006 et 2014, incluent des échanges avec la CIA, le MI6, le Mossad, le FSB, l’Agence des espions iranienne et d’autres Etats du Moyen-Orient.Les dossiers comportent des informations confidentielles à des renseignements classés top-secrets, selon al-Jazeera.

Certains de ces dossiers seront publiés par al-Jazeera en collaboration avec le journal britannique The Guardian.

Ils « offrent un aperçu sur les relations opérationnelles dans le royaume sombre et hautement politisé de l’espionnage mondial », explique al-Jazeera sur son site web.

La chaîne d’informations indique que seule une partie des documents serait publiée, et « gardera [le reste] dans le cadre de futures publications – pour ceux qui ont besoin d’être contextualisés », et « des centaines ne seront pas révélés ».

Parmi les documents publiés, la chaîne d’informations a indiqué qu’elle publierait les échanges entre le Mossad et leurs collègues sud-africains qui révèlent la « véritable évaluation [du Mossad] au sujet du programme nucléaire iranien ».

Ces dossiers prouveraient, que contrairement aux déclarations des politiciens israéliens qui affirment que l’Iran pourra développer la bombe atomique d’ici un an, le Mossad ne croit pas que Téhéran travaille à l’obtention de l’arme nucléaire.

Al-Jazeera n’a pas donné plus de précision sur les documents au sujet du Mossad, notamment sur leur date. Le site a, plus tard, retiré la mention sur l’évaluation du Mossad.

Le rapport du Mossad semblerait concorder avec un article du New York Times de 2012 qui citait un ancien responsable des renseignements américains qui affirmait que les renseignements israéliens étaient d’accord avec l’évaluation américaine selon laquelle le programme sur les armes nucléaires iraniens « n’avait pas repris ».

« Leurs gens posent des questions vraiment difficiles, mais le Mossad n’est pas en désaccord avec les Etats-Unis sur la question du programme pour les armes [nucléaires] », avait déclaré le fonctionnaire qui avait accepté de témoigner sous couvert d’anonymat en mars 2012.

« Il n’y a pas beaucoup de conflit entre les renseignements américains et israéliens à ce sujet ».

Source : The Times of Israël.
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Kaspersky Lab, une société spécialisée dans la sécurité des systèmes d’information, a découvert un nouveau programme nuisible qui installe des logiciels de piratage sur les disques durs des plus grandes entreprises.
Selon les chercheurs de Kaspersky Lab, il s’agit d’une attaque dont l’envergure et l’efficacité dépasse toutes les attaques informatiques connues. Les résultats des recherches indiquent un lien étroit entre le groupe cybernétique Equation Group et la NSA, l’Agence nationale de sécurité américaine. La société russe n’a pas nommé le pays se trouvant derrière la diffusion de ce système d’espionnage, mais a averti que le logiciel découvert était similaire au fameux virus Stuxnet qui, selon certaines sources, avait été conçu comme un projet spécial des USA et d’Israël pour empêcher le développement du programme nucléaire iranien.
En 2010, la presse a dévoilé une attaque contre les ordinateurs de la centrale nucléaire construite par la Russie à Bouchehr par un virus particulier. On ignore le nombre exact de sites touchés par Stuxnet, mais le système opérationnel de la centrale n’a pas subi de dégâts. Cependant, le lancement de la centrale nucléaire a été empêché et reporté. Selon les spécialistes, il s’agit de l’un des premiers virus créés pour entraver le travail de sites d’infrastructure réels, tels que les centrales électriques et les entreprises industrielles. Selon la presse iranienne, le logiciel malveillant s’est répandu à travers le territoire iranien. Parmi tous les ordinateurs infectés par le virus, pratiquement 60% se trouvent en Iran. Les médias occidentaux ont décrit Stuxnet comme une « super-arme » développée spécialement pour attaquer des sites tels que des centrales électriques.Il y a cinq ans, l’Iran a annoncé l’élimination des conséquences de Stuxnet. Après cela, le gouvernement iranien a entrepris de nombreuses démarches pour se protéger contre les menaces cybernétiques.

Selon lui, un groupe de travail spécial a été créé pour parer les menaces cybernétiques et élaborer un antivirus efficace. Ce groupe était composé des meilleurs experts du ministère des Technologies informatiques et des Télécommunications, du Ministère de l’Industrie et de la Protection civile et d’autres services secrets du pays. Cependant, les USA et Israël travaillent activement dans le domaine de l’espionnage cybernétique. Le nouveau logiciel ne vise pas uniquement l’Iran, mais aussi d’autres pays. Ce logiciel a pour principal objectif de recueillir des informations confidentielles à partir des sites stratégiques. Cela concerne les sites nucléaires et industriels, les systèmes de défense et leur contrôle, le secteur bancaire, les organismes de sécurité et le renseignement militaire.

« Il existe deux moyens pour lutter contre le cyberespionnage. Premièrement, mettre en place une puissante base technologique et élaborer des antivirus et pare-feux, ainsi que renforcer la sécurité informatique. Deuxièmement, discréditer la politique des USA qui abusent de leur puissance technologique, quand leurs logiciels d’espionnage violent de facto la souveraineté, la sécurité et l’espace cybernétique d’un État. Cette voie est bien plus efficace », a indiqué l’expert.

L’Iran utilise les deux méthodes depuis cinq avec un certain succès. Bien qu’aucun exploit concret en la matière n’ait été annoncé publiquement. Selon Reza Hojat Shamami, l’Iran se méfie du dévoilement de toute information concernant le cyberespionnage et pense que le risque pour les sites nucléaires iraniens émanant des espions informatiques reste élevé.

Visiblement, les responsables de l’infection des systèmes informatiques des sites nucléaires iraniens avec Stuxnet en ont trop fait. Selon certaines informations, le virus a partiellement paralysé le travail de la centrale nucléaire de Bouchehr – un site exclusivement pacifique.

« A l’époque, la presse américaine avait confirmé l’élaboration du virus espion Stuxnet en collaboration avec les services israéliens et son usage contre des sites stratégiques iraniens d’enrichissement d’uranium. La centrale nucléaire de Bouchehr a également été touchée. Après la révélation des informations sur la conception du virus, il s’est avéré que les USA s’opposaient même à un développement pacifique du secteur nucléaire. Après tout, la construction de la centrale de Bouchehr se déroule sous la surveillance minutieuse de l’AIEA et des spécialistes russes, la fabrication du combustible nucléaire est exclusivement pacifique et vise à satisfaire les besoins énergétiques du pays. Alors que la conception du virus Stuxnet était pensée exclusivement pour saboter le fonctionnement de la centrale de Bouchehr », a expliqué l’expert nucléaire iranien Hassan Beheshtipur.

Désormais, l’Iran semble être prêt à parer les nouvelles cyberattaques. Si ce n’est toutes, au moins une grande partie.

Source : Sputnik France.

Le ministre du Renseignement Yuval Steinitz à la 7e conférence annuelle de l'INSS à Tel Aviv, le 29 janvier 2014 (Crédit : Gideon Markowicz/Flash90)

Israël a exprimé ses doutes profonds quant aux chances des grandes puissances d’obtenir d’ici à fin mars un accord satisfaisant avec l’Iran.

« Je n’en dirai pas plus, sinon que toutes les options restent sur la table », a déclaré à la presse le ministre du Renseignement Yuval Steinitz, employant la formule consacrée pour évoquer la possibilité d’une opération militaire contre l’Iran.

« Les contraintes diplomatiques ne nous ont jamais conduits à restreindre le droit d’Israël à se défendre », a souligné ce proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Israël mène actuellement une campagne intense contre la conclusion entre l’Iran et six grandes puissances d’un accord autorisant certaines activités nucléaires civiles iraniennes, en échange d’une garantie qu’elle ne seront pas détournées pour se doter de la bombe atomique.

L’Iran d’une part, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et l’Allemagne (P5+1) d’autre part se sont entendus pour parvenir d’abord à un accord politique avant le 31 mars et ensuite à un accord global avant le 1er juillet.

Israël se considère comme une cible potentielle si la République islamique venait à se doter d’une bombe atomique.

Le Premier ministre israélien ne cesse de répéter que l’Iran est déterminé à détruire Israël et qu’en l’état actuel, les négociations conduites avec l’Iran laisseraient à ce dernier la capacité de produire un engin nucléaire en quelques mois.

L’Iran n’a montré au cours des pourparlers que très peu ou pas du tout de souplesse sur des questions aussi essentielles que l’enrichissement d’uranium ou le sort du réacteur à eau lourde d’Arak, et de l’usine de Fordo, second plus grand site d’enrichissement iranien, a estimé le ministre israélien du Renseignement.

« Cet accord reste plein de failles », a-t-il affirmé.

« Si accord il y a d’ici à fin mars, cela voudra dire accord sans progrès significatif de la part de l’Iran ».

Israël est considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient et n’a pas signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Source : The Times of Israël.

Les Mémoires posthumes de Roger Auque: d'autres vies sous la mienne
Journaliste, ambassadeur et espion… Avant de mourir d’un cancer à 58 ans, l’ex-otage au Liban s’est confié dans ses Mémoires posthumes.
[EXTRAITS]

Je n’avais pas, je n’ai jamais eu un train de vie compatible avec des revenus de journaliste, fût-il parisien. C’est pourquoi j’ai choisi une deuxième vie, celle de « mercenaire » pour les services secrets. Les correspondants de guerre, les envoyés spéciaux ont toujours été une cible de choix pour les services. Mon initiation a débuté au cours de l’été 1989, à bord d’un superbe yacht rempli de très jolies filles, au large de Saint-Tropez. Les yachts, c’est toujours plein de jolies filles. J’étais invité à bord par un riche homme d’affaires français.

Un type assez sympa s’approche. Il est cordial, mais va droit au but : « Je m’appelle Amos, je suis israélien. Nous avons un pilote, Ron Arad, détenu depuis 1986. Nous pensons que vos libérateurs du Liban peuvent nous aider. » Se produit alors une sorte de négociation, le contact avec Safa [NDLR : son libérateur du Liban] en échange d’une interview du cheikh Obeid, l’un des responsables du Hezbollah au Sud-Liban, récemment capturé par Tsahal. […]

Dès cette époque, j’ai noué des rapports très étroits avec Israël. Je m’y rends très souvent, car j’y ai un double intérêt. Israël possède des services secrets très efficaces. C’est en outre un appui important dans mon métier. Je l’avoue aujourd’hui, ce n’était pas la seule raison. J’entretiens alors des contacts étroits avec le Mossad, qui a vite compris l’intérêt que pouvait présenter un journaliste français connaissant le Moyen-Orient sur le bout des doigts. Je vous dévoile aujourd’hui ce qui constitue ma part d’ombre.

Je n’ai pas été qu’un journaliste, j’ai été rémunéré par les services secrets israéliens pour effectuer certaines missions, par exemple des opérations secrètes en Syrie, sous couvert de reportage. […] J’ai également travaillé pour les Français. De la même manière, j’ai exigé d’être rémunéré, car je ne voulais pas être considéré comme un agent secret. Les Français payaient moins bien que les Israéliens.

Guerre secrète.

David Buimovitch (AFP)
David Buimovitch (AFP)« Fumée sur Gaza après une frappe israélienne dimanche 10 aout 2014 »
« L’Agence de renseignement a aidé l’occupation à hauteur de 29% dans la création de sa banque de cibles »

Israël aurait bénéficié d’informations provenant des services de renseignements palestiniens fidèles à l’Autorité palestinienne durant le conflit à Gaza l’été dernier, selon un responsable du Hamas.

Salah Bardawil a déclaré que des centaines de Palestiniens étaient morts dans les frappes aériennes en raison des informations fournies à Israël par l’Agence palestinienne de renseignement, lors d’un entretien au quotidien Al-Resalah.

« Nous avons vérifié l’information (…) que les documents, photos et coordonnées ont été remis à l’ennemi sioniste par l’Agence de renseignement et utilisés pour les cibles d’[Israël] », a indiqué Bardawil.

Les renseignements palestiniens ont fourni des informations sur les sites du Hamas et du Djihad islamique dans la région de Khaza’ah et au centre de la bande de Gaza, selon le Times of Israel.

« Selon les aveux des individus impliqués dans l’Agence des renseignements généraux, l’Agence a aidé l’occupation [Israël] à hauteur de 29% dans la création de sa banque de cibles pendant la dernière guerre, » aurait indiqué Bardawil.

Sur les 29% des objectifs, qui comprenaient les mosquées et les maisons de membres du Hamas, 82% ont effectivement été frappés par l’armée israélienne.

« La technologie utilisée par ces agents (…) ressemble étroitement à la technologie utilisée par l’occupation », a déclaré Bardawil. « Ceci indique le niveau de coordination entre les deux parties. »

i24news.

L'armée israélienne a décidé cette semaine d'exclure 43 réservistes de la... (PHOTO MOHAMAD TOROKMAN, ARCHIVES REUTERS)

(Tel-Aviv) L’armée israélienne a décidé cette semaine d’exclure 43 réservistes de la prestigieuse unité 8200. Ils avaient critiqué publiquement les pratiques de ce service de renseignement réputé qui espionne quotidiennement des milliers de Palestiniens. Deux de ces soldats ont accordé une rare entrevue à notre collaborateur.

Avec leurs t-shirts délavés et leurs cheveux en bataille, ils semblent à peine sortis de l’adolescence. G. et R. (leur anonymat doit être préservé) sont pourtant vétérans d’une des unités les plus prestigieuses de l’armée israélienne: l’unité 8200. Un immense service de renseignement et de cyberguerre – aussi mystérieux que puissant – dont ils viennent d’être limogés, pour l’avoir critiqué.

Ils nous reçoivent dans un petit appartement du centre de Tel-Aviv. Presque trentenaires, G. et R. se souviennent d’avoir toujours rêvé d’intégrer la 8200. On n’y entre pas aisément. Il faut afficher d’excellents résultats scolaires – notamment en mathématiques – et un irréprochable patriotisme.

«J’ai été élevé dans l’amour du sionisme et dans l’idée qu’une carrière militaire était la voie royale. Mais au fil des années, j’ai nourri des doutes. Je me suis demandé si ce que nous faisions avec tant d’application était bien moral», raconte G., qui a finalement délaissé l’informatique pour des études de philosophie.

La routine de l’unité 8200, c’est notamment l’espionnage consciencieux de 3 millions de Palestiniens. Les renseignements récoltés sont transmis aux unités opérationnelles de Tsahal. Ils peuvent servir à démanteler une cellule terroriste à Naplouse ou situer la planque d’un chef du Hamas à Gaza.

«Nous écoutions des terroristes, bien sûr. Mais aussi des citoyens ordinaires qui n’avaient rien à voir avec la lutte armée. Nous pouvions tout savoir sur eux: leurs histoires d’argent, leurs préférences sexuelles, leur état de santé…», poursuit G.

«Nous ne sommes pas naïfs, assure R., dans un sourire. Nous savons que le renseignement est essentiel pour toutes les armées du monde. Ce qui nous pose problème, c’est l’absence totale de garde-fous. N’importe quel soldat de 18 ans peut, avec très peu de formalités, accéder à des données confidentielles et s’introduire dans la vie des gens. Un jour, j’ai vu le film La vie des autres qui parle de la Stasi en Allemagne de l’Est. J’ai été frappé par les ressemblances avec notre action. Je ne pouvais plus participer à cela sans rien dire.»

Critique de l’occupation

Travaillés par leur conscience, G. et R. ont signé avec une quarantaine d’autres réservistes de l’unité 8200 une lettre ouverte à leur hiérarchie publiée dans la presse israélienne en septembre dernier. «Nous refusons de prendre part aux actions contre les Palestiniens et de continuer d’être l’instrument renforçant le pouvoir militaire dans les territoires occupés», écrivaient-ils.

«Les Palestiniens ne sont pas comme les Libanais ou les Syriens. Ce sont des citoyens sous occupation qui n’ont pas un État pour les défendre. Ils doivent bénéficier du même droit à la vie privée que les citoyens israéliens. Ou alors il faut cesser de les occuper», estime G.

La démarche des frondeurs a suscité une large réprobation en Israël, où les soldats de la 8200 sont des demi-dieux, courtisés à la fin de leur service militaire par les meilleures entreprises du pays.

«Même dans ma famille, on m’a fait comprendre que j’avais franchi une ligne rouge», reconnaît G. Scandalisés par les accusations de leurs collègues, 200 soldats de l’unité ont riposté par une lettre ouverte soutenant leur hiérarchie et rappelant les règles éthiques de l’unité 8200. Quant au ministre de la Défense, Moshé Yaalon, il a loué la «mission sacrée» des hommes de la 8200 et affirmé que les frondeurs ne pouvaient qu’être manipulés par les «ennemis d’Israël». Cette semaine, il a décidé de les exclure de l’unité.

«Notre démarche n’a pourtant rien d’une trahison, soupire R. Et l’émotion qu’elle a provoquée dans le pays prouve bien que nous avons touché un point sensible. On ne peut pas continuer indéfiniment à occuper un peuple. Les Palestiniens vivent dans une zone grise où les droits civiques dépendent du bon vouloir des autorités militaires. Ce n’est pas l’idée que je me fais de la démocratie.».

La Presse (Montréal).

Interpol a annoncé, lundi 8 mars, avoir émis seize nouveaux avis de recherche pour permettre l’arrestation et l’extradition de la deuxième équipe de suspects dans l’assassinat d’un cadre du Hamas en janvier à Dubaï. Ces nouveaux avis de recherche portent à vingt-sept le nombre de « notices rouges » émises dans cette affaire par l’organisation de coopération policière internationale, dont le siège est à Lyon.

Le 18 février, Interpol avait déjà lancé onze avis de recherche à l’encontre de membres présumés de la première équipe, soupçonnés d’avoir directement participé à l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh. Les seize nouveaux avis de recherche visent quant à eux une « deuxième équipe soupçonnée d’avoir aidé et encouragé la première en faisant le guet et en procédant à la filature de Mahmoud Al-Mabhouh, pour rapporter ses faits et gestes depuis son arrivée à l’aéroport de Dubaï », explique Interpol dans un communiqué.

L’ENQUÊTE SE POURSUIT

Le groupe est composé de onze hommes et cinq femmes, dont les photographies sont en accès libre sur la page d’accueil du site Internet d’Interpol. Parmi eux, six ont avancé la nationalité britannique, trois se sont dits australiens, tandis que la nationalité des sept autres n’est pas évoquée par Interpol. L’organisation de coopération policière internationale annonce par ailleurs qu’elle va rejoindre la cellule d’enquête basée à Dubaï chargée d’enquêter sur l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh.

Le leader du Hamas, considéré par Israël comme un maillon essentiel de la contrebande d’armes à destination de la bande de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, avait été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Dubaï le 20 janvier. La police de Dubaï a publié une liste de vingt-six suspects porteurs, selon elle, de vrais-faux passeports (douze britanniques, six irlandais, quatre français, trois australiens et un allemand) avec leurs photographies, indiquant que les passeports étaient authentiques et que les suspects en avaient fait une utilisation frauduleuse par usurpation d’identité. Un vingt-septième suspect avait été évoqué, sans que son identité soit révélée.

Source : Le Monde, 8 mars 2010.

Le quotidien Al-Akhbar affilié au Hezbollah, révèle aujourd’hui les détails sur l’arrestation d’un
ressortissant libanais soupçonné d’espionnage au profit d’Israël. Le suspect prénommé Michel se serait
rendu à deux reprises en Israël depuis l’Ukraine et ses recruteurs lui auraient fourni du matériel
d’espionnage. Ils l’auraient également formé à son maniement. Au cours de l’enquête, il aurait avoué
avoir reçu des sommes d’argent et des documents de la part de ses recruteurs israéliens. Il aurait en
outre reconnu avoir transmis à Israël des informations sur des cibles dans le bastion du Hezbollah situé
dans le quartier sud de Beyrouth. Al-Akhbar affirme en outre qu’il aurait été recruté par un juif libanais.
Le parquet militaire au Liban a demandé à ce que l’enquête soit achevée de manière à établir si le
suspect est lié aux éliminations de dirigeants d’organisations palestiniennes et chiites sur le territoire
libanais.
Source : Kol Israël, 25 février 2010.