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Vingt-cinq ans après la création de la très secrète direction du renseignement militaire (DRM), le renseignement français s’ouvre à la société civile en s’entourant de chercheurs et de start-up, pour faire face au mur du « big data » et aux nouvelles menaces.

Annoncé en décembre dernier, l' »Intelligence Campus » a été inauguré jeudi sur la base aérienne 110 de Creil (Oise) en présence du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et du chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers.

Présenté comme le « premier écosystème européen civil et militaire en traitement de la donnée », ce pôle, dont l’idée a germé après les attentats de 2015 en France, jouxtera les locaux de la DRM situés à une soixantaine de kilomètres au nord de Paris.

Un millier d’emplois devraient être créés d’ici 2025 dans le cadre de cette agence d’innovation qui associera 28 entreprises (Thales, SAFRAN (SAF-69,79 € -0,10 %), Airbus, notamment) et qui a conclu des partenariats avec huit universités et instituts de recherche (CNRS, Polytechnique, etc).

« L’idée c’est de réunir en un lieu des formateurs, des chercheurs, des universitaires, des industriels, des entrepreneurs ou encore des start-up », explique le général Christophe Gomart, directeur du renseignement militaire.

« Aujourd’hui on est confronté au ‘big data’, et si nous ne nous mettons pas en marche avec ces différents acteurs nous allons dans un mur et nous serons incapables d’analyser toutes les données que nous recueillons », ajoute-t-il.

Dans les prochaines années, le nombre d’images reçues et traitées par la DRM à Creil devrait, selon lui, être multiplié par dix voire vingt.

« Nous n’allons pas multiplier par dix ou vingt le nombre d’analystes d’images, donc il nous fait trouver des systèmes, des algorithmes qui nous permettent d’analyser de façon automatique », dit-il.

Le premier diplôme dédié au renseignement devrait être ouvert en septembre 2017. Le centre de formation interarmées du renseignement (CFIAR), actuellement basé à Strasbourg, devrait emménager à Creil en 2020.

Source : Reuters.

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La justice luxembourgeoise s'intéresse à l'affaire. (illustration DR)

La justice luxembourgeoise mène l’enquête concernant une écoute illégale présumée par le Service de renseignement de l’Etat (SRE).

Une information judiciaire a été ouverte en date du 21 mars, sur la base « des détails parus dans la presse relatifs à une écoute effectuée par le Service de renseignement de l’État qui aurait été continuée malgré l’expiration de l’autorisation requise par la loi », indique le Parquet dans un communiqué, sans donner d’autres éléments en raison de l’instruction en cours.

Le week-end dernier, le ministère d’État avait été obligé de confirmer les informations de nos confrères du Tageblatt selon lesquelles une écoute avait eu lieu sans l’autorisation requise. Mercredi, le Premier ministre, Xavier Bettel, s’est présenté face aux députés pour souligner qu’il s’agissait d’une «erreur administrative». La demande de prolongation de l’écoute en question avait en effet été oubliée dans les rangs du SRE. C’est lors d’un contrôle interne que l’erreur avait été constatée. Les enregistrements en question ont été supprimés.

Des explications qui n’ont pas suffi aux yeux des partis de l’opposition. Le CSV et l’ADR insistaient pour que le parquet lance une enquête dans cette affaire, tandis que déi Lénk a dénoncé des «dysfonctionnements en cascade» au sein du SRE.

Source : Le Quotidien (Luxembourg).

Le renseignement emploie actuellement 6000 agents en France.  Photo DR

La menace terroriste rend d’autant plus cruciale la mission des services secrets dont le profil de ses collaborateurs a beaucoup évolué. Notamment à la DGSE où les offres de service connaissent un pic au lendemain des attentats.

L’émotion, comme guide. À chaque événement tragique, c’est ainsi : le nombre de candidatures spontanées afflue subitement à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il y a par exemple ce cadre bancaire qui met en avant ses connaissances en matière de réseaux monétaires. Mais aussi les belliqueux mués par un esprit de vengeance. « Ici, on ne veut pas de gens qui veulent entrer en guerre », coupe un cadre de la centrale. « Plutôt des personnes qui cherchent à comprendre ce qui se passe dans le monde ».

Des gadgets, mais pas seulement

Au sein du principal service de renseignement français, un nid composé de plus de six mille espions, on se bat toujours contre le mythe James Bond qui, toutefois, rejoint encore la réalité. Notamment au travers des deux couturières chargées d’insérer accessoires et autres gadgets dans les vêtements des agents en partance sur le terrain. La partie émergée d’un iceberg dont la composition des métiers a fortement évolué au cours de ces dernières années. De même que son image.

« À partir des années 2000, les affaires de prises d’otages ont tout changé, notre rôle a été mis en lumière, l’opinion publique nous a découvert une utilité sociale de façon à légitimer notre action ». La partie émergée de l’iceberg, encore une fois. Il n’empêche, il devenait, dès lors, avec ce changement de paradigmes et face à la montée de la menace terroriste, plus aisé d’attirer de nouveaux profils. D’autant que depuis le Livre blanc de 2008, « l’État définit mieux ce qu’il veut ». Le renseignement, en France, a désormais pris une tout autre dimension.

On cherche des geeks

Et cela se mesure à ce chiffre : une hausse de plus de 20 % des effectifs de la DGSE en l’espace d’une décennie. Avec 434 emplois supplémentaires prévus par la loi de programmation militaire 2014-2019. Auxquels il convient désormais d’ajouter les 185 annoncés par le Premier ministre consécutivement aux attentats de Paris. Cœur de cible : analystes en contre-terrorisme et ingénieurs. Dans ce dernier secteur, ils sont un millier environ au sein de la DGSE, spécialistes en sécurité informatique, des télécoms, mathématiciens rompus à la cryptologie ou férus de recherche fondamentale et pour l’essentiel contractuels. « Beaucoup sont attirés par la technologie de la DGSE », confie un cadre de la centrale. De fait, poursuit-il au regard de la révolution technologique en cours, « nous avons de moins en moins d’exécutants et toujours plus de concepteurs ». Ainsi attribuerait-on à la DGSE la création du logiciel d’espionnage Babar, un programme destiné à scruter les messageries instantanées.

Un autre logiciel espion aurait été attribué à la DGSE. Il s’appelle Casper et aurait été découvert sur le serveur du ministère de la Justice syrienne. Il serait capable de s’auto-détruire en cas de détection.

Professionalisation accrue

« Ici », insiste cependant un agent des services, « on ne cherche pas des hackers mais des geeks ». Mais aussi des linguistes, dont la palette s’est considérablement élargie au cours de ces dernières années, compliquant le recrutement car leurs origines sont autant de pistes qu’il convient d’explorer afin d’exclure toute forme de fuite ou de manipulation. Une professionnalisation toujours plus accrue à l’image des officiers traitants qui, avec les analystes, forment « l’épine dorsale » de la DGSE pour reprendre l’image usitée par l’un de ses principaux responsables. Lequel insiste sur ce qu’il nomme « la capacité à s’exporter à l’étranger ». « Auparavant, cela touchait essentiellement à la recherche humaine, désormais cela s’applique à la recherche technique ». Et voilà qui peut s’avérer un écueil au recrutement, d’autant que « notre carte géographique, ce sont les zones qui impliquent une certaine rusticité ». Mais les choses changent, incontestablement. À tel point qu’un haut cadre de la DGSE l’affirme, « la clandestinité pure est amenée à disparaître ». Surtout pas le secret cependant. Même si le voile se lève sur une quête de compétences toujours plus pointues en lien avec un monde en pleine ébullition.

Source : Le Dauphiné Libéré.

Les services secrets britanniques cherchent à recruter des femmes (photo d'illustration).

Les femmes représentent actuellement 37 % des effectifs des agences de renseignements britanniques, le MI5, le MI6 et le GCHQ (service des écoutes).

À l’encontre de l’image véhiculée par la James Bond girl, jeune et fatale, un rapport parlementaire recommande aux agences de renseignements britanniques de recruter des mères de famille d’âge moyen. « Les femmes et mères d’âge moyen disposent d’une précieuse expérience de la vie et pourraient offrir une source de recrutement inexploitée jusqu’ici », selon ce rapport de la commission parlementaire chargée des questions de sécurité. « Ces femmes qui ont eu des enfants, qui ont élevé une famille, ont une expérience de la vie différente » qui serait bien utile, a renchéri la députée travailliste Hazel Blears, qui a dirigé le rapport. Car « beaucoup du travail, au MI5 en particulier, consiste à construire du relationnel, de la confiance » pendant des mois et des années, et pas seulement « à accourir sur la scène d’un crime », a-t-elle ajouté, lors d’une conférence de presse.

Les femmes représentent actuellement 37 % des effectifs des agences de renseignements britanniques, le MI5 (services des renseignements intérieurs), le MI6 (renseignements extérieurs) et le GCHQ (service des écoutes). Elles sont seulement 19 % à y occuper des fonctions de responsabilité contre 38 % dans le service public. La commission parlementaire souligne que, malgré les progrès accomplis en matière de diversité, « il existe des problèmes culturels et comportementaux » au sein des services qui rendent difficile pour une femme de progresser professionnellement.

Minorités ethniques

« Il nous apparaît clair qu’il existe une hiérarchie intermédiaire – que certains appellent le permafrost – qui a une mentalité et une vision très masculine et traditionnelle », explique Hazel Blears dans le rapport. « Cela renforce une culture de management qui récompense ceux qui parlent le plus fort ou se montrent le plus agressifs dans la poursuite de leur carrière et ne permet pas de reconnaître pleinement la valeur d’une approche plus consultative », souligne le document. Outre les femmes, l’accent a été mis, depuis les attentats du 11 septembre 2001, sur le recrutement de personnes provenant de minorités ethniques.

« Si vous me ressemblez, alors vous ne pouvez pas opérer dans les zones où nous avons besoin de le faire », a expliqué l’ancien chef du MI5 Jonathan Evans, cité dans le rapport. « Si tous les professionnels sortent du même moule – avec le même parcours et les mêmes caractéristiques – alors ils seront susceptibles d’avoir les mêmes travers qui limiteront leurs capacités à la fois à définir des problèmes et à chercher des solutions », souligne le rapport. Ce document est dans l’air du temps puisque Sam Mendes, le réalisateur du prochain James Bond, Spectre, a choisi l’Italienne Monica Bellucci, 50 ans, pour incarner l’une de ses deux James Bond girls.

« Pour la première fois, James Bond va avoir une histoire d’amour avec une femme mûre », lui aurait-il dit pour expliquer son choix, selon le quotidien Telegraph. Ce rapport intervient également alors qu’un reportage inédit publié samedi en France par le magazine Figaro Madame met en avant la difficulté pour les femmes travaillant pour la DGSE, le plus puissant des services français de renseignements, de concilier carrière et vie quotidienne.

Source : Le Point.

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 Depuis bientôt deux ans, l’actualité sur la sécurité est en partie monopolisée par les révélations successives contenues dans les documents dérobés par Edward Snowden à la NSA. Bien que les États-Unis soient en première position dans le renseignement et les armes informatiques, plusieurs signes pointent sur une France qui n’a rien à envier à l’Oncle Sam, sauf peut-être ses moyens colossaux.
Casper, ce charmant petit fantômeEn janvier, le renseignement canadien avait indiqué avoir trouvé un malware, nommé « Babar », particulièrement avancé et lié a priori soit à un groupe de pirates ayant des liens avec le gouvernement français, soit au gouvernement lui-même. L’information n’était pas étonnante, les cas de Stuxnet et Flame ayant montré que le soutien par les gouvernements était réel et permettait de déclencher des attaques précises et efficaces, notamment contre le programme nucléaire iranien. Edward Snowden avait par ailleurs abordé plusieurs fois le thème du renseignement et de l’espionnage, indiquant que les États-Unis étaient bien loin d’être les seuls à s’adonner à ces activités.

Selon un article de Motherboard concentrant plusieurs témoignages d’experts en sécurité, notamment de chez Kaspersky et ESET, un autre programme malveillant pourrait bien faire partie du cyber-arsenal de l’Hexagone. Nommé Casper, il agit comme un « premier implant que vous envoyez chez les victimes pour savoir qui elles sont » explique Costin Raiu, directeur de recherche chez Kaspersky. Selon les informations réunies par l’éditeur, Casper a notamment été trouvé sur le site officiel du ministère syrien de la Justice en avril 2014.

Deux failles 0-day du lecteur Flash exploitées sur un site officiel syrien

Ce constat a été fait par d’autres experts, notamment Joan Calvet de chez ESET. Il explique ainsi que Casper a été retrouvé caché dans un dossier, attendant qu’un utilisateur quelconque soit infecté, à travers par exemple un lien sur une page web. L’efficacité de Casper tient notamment à l’utilisation de deux failles de type 0-day dans le lecteur Flash d’Adobe. Or, ces failles sont rares selon les experts, et en exploiter deux simultanément laisse penser que le groupe à l’origine du malware dispose de moyens conséquents.

Quant à l’intérêt de Casper, il est assez simple : établir un profil aussi complet que possible de la victime. Le malware est capable de fournir de nombreuses informations techniques, et Calvet estime que les auteurs sont à même de savoir si le bilan de ces données permet de désigner une cible intéressante. Ajoutons que Casper était plus précisément sur le site qui permettait aux internautes syriens d’écrire des doléances au sujet du régime de Bachar el-Assad. Pour les experts, l’intérêt aurait donc été de réunir des informations sur tous ceux qui venaient rédiger des plaintes.

De l’implication de la France

Pour Costin Raiu, la situation est très claire : « Quand vous avez une opération d’une si grande ampleur, fonctionnant depuis des années et utilisant de multiples failles 0-day, sans pour autant qu’il y ait le moindre retour financier à la clé, il est évident qu’elle est soutenue par un État, elle l’est forcément ». Quant à lier l’opération, et donc Casper, à la France, il n’y a pas de certitude, seulement un faisceau de similitudes qui rapprochent le malware de Babar.

Casper et Babar, tous deux des références à des programmes pour enfants, seraient tous deux issus du même groupe de pirates, nommé « Animal Farm ». Selon ESET, Kaspersky et d’autres, le groupe est soit français, soit issu d’un pays francophone, à cause de certaines références trouvés dans le code. En outre, certains pans de code de Casper sont identiques à ceux retrouvés dans NBOT et Bunny, d’autres malwares qui seraient issus du groupe Animal Farm, de même que certains éléments de l’infrastructure de contrôle.

Nous avons contacté la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) afin de savoir si elle souhaitait réagir. Nicolas Wuest-Famôse, chargé de communication, nous a répondu : « Je comprends parfaitement votre demande, malheureusement, la DGSE, service de renseignement extérieur, ne peut s’exprimer sur ses activités, qu’elles soient réelles ou supposées ». Une réponse prévisible et similaire à celles de la NSA et du GCHQ anglais après des demandes identiques.

Source : Next INpact.

Le service de renseignement de l’armée, le SGRS, a obtenu l’autorisation de recruter 25 spécialistes en cybersécurité réclamés depuis des mois par les responsables de ce service, a-t-on appris mardi de bonne source. Le ministre de la Défense, également chargé de la Fonction publique, Steven Vandeput, a obtenu de son collègue du Budget, Hervé Jamar, l’autorisation de recruter ces 25 personnes au profit du Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS), en dépit du blocage des engagements dans la fonction publique fédérale décidé à la fin de l’an dernier.

La Défense va donc pouvoir engager des experts en matière de cybersécurité pour poursuivre le développement de son « Cyber Security Operations Center », a-t-on indiqué dans l’entourage de M. Vandeput (N-VA).

Ces spécialistes seront affectés à des tâches d’analyse de la menace et des risques cybernétiques, à la gestion du système de surveillance des réseaux et de détection des intrusions (IDS), à la recherche de logiciels malveillants (malwares), complexes et ciblés, ainsi qu’au soutien à la protection des réseaux informatiques de la Défense.

Le patron du service de renseignement militaire, le lieutenant-général Eddy Testelmans, avait récemment réclamé des moyens supplémentaires pour le SGRS, en soulignant, lors d’une audition en commission de la défense de la Chambre, que son service allait fonctionner en 2015 en « mode survie », tout en restant capable de remplir la plupart des tâches qui lui sont confiées.

Source : lalibre.be.

Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) renforce ses effectifs dans les cantons, a appris mercredi la RTS. Vingt postes supplémentaires seront créés pour lutter contre le djihadisme.

En janvier dernier, le Conseil fédéral a décidé de créer six postes supplémentaires dans les bureaux du SRC à Berne et d’allouer deux millions de francs aux cantons pour la lutte contre le terrorisme, sans préciser à quoi servirait exactement ce montant. On sait aujourd’hui qu’il permettra d’engager 20 équivalents plein temps.

La plupart des cantons ont déjà des policiers spécialisés dans le renseignement, qui travaillent aussi pour le compte de la Confédération (5 dans le canton de Vaud, une douzaine à Berne par exemple). Les 20 agents supplémentaires s’occuperont  principalement de lutte préventive contre le terrorisme et plus spécifiquement de  renseignement sur le djihadisme.

Cantons pas tous à la même enseigne

La clé de répartition, confidentielle, a été présentée à tous les commandants de police. Elle réjouit les uns et fâche les autres, car les moyens iront là où ils sont vraiment nécessaires – en fonction des forces déjà présentes et selon le volume d’information provenant des cantons.

Selon les informations de la RTS, Vaud et Fribourg engageront deux agents supplémentaires chacun grâce à la manne fédérale. Berne en aura un de plus.

Le Valais négocie encore avec le SRC pour obtenir un poste supplémentaire. La discussion est toujours en cours également côté genevois.

Source : RTS.ch.

Qui a tué l’opposant Boris Nemtsov, abattu vendredi à coups de revolver à deux pas du Kremlin ? Les services secrets occidentaux ou Kiev, assurent médias et alliés du Kremlin alors que les anti-Poutine voient là le résultat d’une campagne haineuse lancée par les autorités.

«Il ne fait aucun doute que le meurtre de Nemtsov a été organisé par les services secrets occidentaux pour provoquer un conflit intérieur en Russie», a déclaré le leader de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, dont les propos ont été largement repris par les médias pro-Kremlin.

«C’est leur façon de faire: d’abord on prend quelqu’un sous son aile, on l’appelle « ami des États-Unis et de l’Europe » et puis on le sacrifie pour accuser les autorités locales. La condamnation à mort (de Nemtsov) prononcée dans une capitale occidentale a très bien pu être exécutée par les services secrets ukrainiens», selon M. Kadyrov.

Le président Vladimir Poutine avait donné le ton en parlant de « provocation » juste après l’annonce de l’assassinat de M. Nemtsov, critique radical du Kremlin qui dénonçait la corruption du pouvoir et l’implication de la Russie dans la guerre en Ukraine.

La chaîne d’informations en continu Rossia 24, qui contribue fortement comme les autres chaines de télévision, toutes pro-Kremlin, à façonner l’opinion publique a fait intervenir de nombreuses personnalités pour commenter l’assassinat de Boris Nemtsov.

«C’est une opération dans laquelle on voit bien la main des services secrets occidentaux», y déclare Guennadi Seleznev, ancien responsable communiste et ex-président de la Douma (chambre basse du Parlement).

Le politologue Alexeï Martynov intervient derrière lui: «Je voudrais attirer votre attention sur le fait que les Américains ont réagi avec une rapidité suspecte (au meurtre de Nemtsov). Le texte était manifestement déjà prêt».

«Tout cela s’inscrit dans la guerre de l’information que mènent les États-Unis et l’Europe contre Poutine et la Russie», renchérit l’ancien chef du FSB (services secrets) et député du parti du Kremlin Russie Unie, Nikolaï Kovalev.

Après des intervenants qui tiennent tous à peu près le même langage, une journaliste revient sur la piste ukrainienne avec des allusions mystérieuses: «Et puis, il y a sa vie privée, cette femme ukrainienne avec qui il était, le fait qu’il allait souvent à Kiev… Pour quelles raisons ? Tout cela n’est pas clair».

Pour le premier vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe), Ivan Melnikov, il s’agit d’un complot ourdi par les ennemis de la Russie: «Si on regarde le moment choisi, cela a tout l’air d’une provocation sanglante organisée avec les mêmes objectifs que quand le Boeing (malaisien) a été abattu» le 17 juillet 2014 au dessus de l’Est de l’Ukraine. Dans quel but ? «Semer le trouble dans le pays et déchaîner l’hystérie antirusse à l’étranger».

L’ancien ambassdeur américain à Moscou, Michael McFaul, a déclaré sur Twitter recevoir «des centaines si ce n’est des milliers de tweets disant que ce sont les Etats-Unis qui ont tué Nemtsov. C’est manifestement une campagne payée».

La chaine de télévision NTV devait diffuser dimanche un nouvel épisode d’une série consacrée à dénoncer les opposants, notamment Boris Nemtsov, dans un style rappelant fortement la propagande soviétique anti-occidentale des années de la Guerre froide.

Après l’assassinat de Nemtsov, NTV a annulé cette émission. Le site de NTV promettait diverses révélations: «Comment se prépare le Maïdan russe ? Pourquoi nos opposants vont-ils en Suisse ? Que leur apprennent leurs instructeurs à Kiev ? Pourquoi rencontrent-ils des diplomates étrangers dans des conditions de conspiration maximum ?».

«La haine que déverse chaque jour les chaînes de télévision officielles devait finir par se transformer en sang», a relevé la journaliste d’opposition Xénia Sobtchak, une proche de Nemtsov.

Les opposants au Kremlin sont régulièrement qualifiés par les médias officiels de «traîtres à la patrie», «agents de l’étranger», «ennemis de l’intérieur» ou «membres de la cinquième colonne».

Une semaine avant l’assassinat de Nemtsov, une manifestation pro-Poutine et «anti Maïdan» avait réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes à Moscou: «Débarrassez-nous de la cinquième colonne», demandait une banderole tenue par les manifestants.

«Le meurtre de Nemtsov pèse sur la conscience du pouvoir, qui a libéré les instincts de pogrom les plus sombres», a écrit sur Twitter le célèbre avocat russe Genrikh Reznik.

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les amateurs de théories du complot qui relèvent que Nemtsov a été tué le jour où sont célébrées les Forces des opérations spéciales, une fête créée la veille même du meurtre par un décret du président Poutine.

D’autres rappellent que la journaliste d’opposition Anna Politkovskaïa avait été tuée en 2006 le 7 octobre, le jour de l’anniversaire de Vladimir Poutine.

Source : Le Journal de Montréal.

Boris Nemtsov

Le dirigeant tchétchène soupçonne les services secrets d’Occident d’avoir organisé l’assassinat de l’opposant russe Boris Nemtsov pour en accuser le Kremlin et déstabiliser ainsi la société russe.

Le chef de la république russe de Tchétchénie Ramzan Kadyrov s’est déclaré persuadé samedi que l’assassinat de l’opposant russe Boris Nemtsov avait été organisé par des services secrets de l’Occident. »Les organisateurs du meurtre ont sans doute espéré que le monde entier accuserait les dirigeants de la Russie de la mort de Nemtsov, ce qui provoquerait une vague de protestation dans le pays. Nul doute que l’assassinat de Nemtsov a été organisé par les services secrets de l’Occident qui s’appliquent par tous les moyens à provoquer un conflit à l’intérieur de la Russie. Telle est leur pratique. Ils commencent par se rapprocher de la personne, (…) la traitent d’ami de l’Amérique et de l’Europe pour la sacrifier pas la suite et en accuser la direction politique (de son pays d’origine, ndlr) », a écrit M.Kadyrov sur sa page Instagram.

Boris Nemtsov, 55 ans, avait été premier vice-premier ministre du président Boris Eltsine à la fin des années 90 pendant un an et demi. Après l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, il était devenu l’un des principaux opposants au nouveau chef de l’Etat. L’homme politique a été tué par balles dans la nuit de vendredi à samedi en plein centre de Moscou, devant le Kremlin, « un assassinat qui a tout d’une provocation », selon le président russe Vladimir Poutine.
Source : Sputnik France.

Les autorités occidentales sont-elles capables de répondre à la menace posée par les extrémistes « de l’intérieur » ? La question se pose à nouveau, vendredi 27 février, alors que les médias britanniques révèlent que « Djihadi John » était dans le collimateur des services de renseignements britanniques cinq ans avant son apparition dans les vidéos d’exécutions de l’Etat islamique (EI).

L’identité du bourreau de l’EI à l’accent anglais n’a toujours pas été confirmée officiellement, mais des médias britanniques et américains assurent, de sources sécuritaires, qu’il s’agit de Mohammed Emwazi, un citoyen britannique de 26 ans originaire du Koweït, qui a grandi dans l’ouest de Londres. Le premier ministre britannique, David Cameron, a refusé de confirmer cette information vendredi, car il estime que cela nuirait au déroulement de l’enquête, mais il a affirmé que tout serait fait « pour mettre hors d’état de nuire » pareil criminel.

David Cameron a également salué vendredi « l’impressionnant travail » des organes de sécurité, pourtant mis en cause par les médias, qui dénoncent des failles dans la surveillance de Mohammed Emwazi, connu des services depuis plusieurs années.

LES SERVICES ONT TENTÉ D’EN FAIRE UNE TAUPE

Selon le Guardian, des documents attestent qu’il était surveillé depuis que l’entrée en Tanzanie lui avait été refusée en 2009, à la suite de soupçons sur le fait qu’il souhaitait rejoindre le groupe terroriste des Chabab somaliens. Lui assure qu’il voulait se rendre dans le pays pour un y faire un safari. Malgré des contacts répétés – selon les médias britanniques, les services de renseignement ont même tenté d’en faire un informateur ; ce qu’il a refusé – il disparaît du radar des renseignements et parvient à rejoindre la Syrie. Sa famille est informée qu’il a traversé la frontière à la mi-2013.

C’est ensuite en août 2014 qu’il réapparaît en tant que figure de proue de l’EI. Le groupe djihadiste le met en avant dans ses vidéos de propagande à destination de l’Occident. La première était celle montrant l’assassinat du journaliste américain James Foley.

Pour Olivier Guitta, consultant en sécurité et risques géopolitiques à Londres interrogé par l’Agence France-Presse, les moyens humains disponibles ne sont pas à la hauteur des défis posés par la menace terroriste, que ce soit au Royaume-Uni, en France ou aux Etats-Unis. « Pour surveiller une personne, il faut 30 officiers. Mettons qu’il y ait 1 000 personnes à surveiller en Angleterre, vous avez besoin de 30 000 officiers. Nous ne les avons pas », confie-t-il.