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L’appareil contiendrait notamment les plans et les projets d’évacuation de la Trump Tower…

Oups. Le Secret Service, chargé aux Etats-Unis de la protection du président et des personnalités, a annoncé vendredi avoir lancé une enquête sur le vol d’un de ses ordinateurs portables, sans préciser ce que l’appareil contenait.

Selon la chaîne CNN, cet ordinateur contenait des plans et des projets d’évacuation de la Trump Tower, où résidait le président Donald Trump avant son investiture le 20 janvier. Sa femme Melania et son dernier fils Barron y habitent encore. Selon ABC, l’appareil contiendrait aussi des détails de l’enquête sur le scandale du serveur privé de l’ex-candidate démocrate Hillary Clinton.

« Le Secret Service peut confirmer qu’un employé a été victime d’un acte criminel par lequel un ordinateur portable de notre agence a été volé », a écrit l’agence dans un communiqué.

Machine cryptée et sécurisée

Le Secret Service, qui dépend du ministère de la Sécurité intérieure, assure que ses ordinateurs sont très sécurisés et cryptés, et qu’ils « ne sont pas autorisés à contenir des informations classées ». Normalement, ce genre d’appareil peut être effacé à distance, comme un smartphone. « Une enquête est en cours », ajoute le Secret Service sans autre détail, précisant juste que toute information relative à ce vol doit être transmise à son bureau de New York.

Selon CNN, qui cite sans les nommer deux hauts responsables de la police de New York, l’ordinateur contenait des informations « très sensibles » et a été dérobé dans la voiture d’un agent du Secret Service jeudi matin, dans le quartier de Brooklyn à New York.

Des formateurs de la CIA redoublent d’inventivité pour inciter à la coopération entre officiers, simuler des crises mondiales et montrer comment collecter correctement des informations sensibles.

Donjons et Dragons et même Magic inspirent la CIA. Trois formateurs de l’Agence centrale du renseignement américain ont révélé cette semaine lors du festival South by Southwest (SXSW), qui se tient chaque année à Austin au Texas, qu’une partie de leur travail consistait à inventer des jeux de rôle et des jeux de société.

Improbable mais vrai. A l’occasion de cette conférence dédiée à l’innovation et aux nouvelles technologies, des journalistes et autres participants ont pu y jouer. Il ne s’agit pas simplement de faire travailler sa logique et de choisir les meilleures stratégies pendant la partie. Les formateurs de la CIA vont plus loin, mettant en avant dans leurs jeux des situations reflétant les réalités des opérations. Bien plus efficaces que des présentations visuelles classiques et réunions terriblement ennuyeuses, selon David Clopper, l’un de ces fameux formateurs de la CIA, rencontré par un reporter du site américain Ars Technica au festival SXSW .

Un Pandemic version espions

Ce dernier est entré à la CIA il y a seize ans et a commencé à créer des jeux pour l’agence en 2008. Parmi ceux qu’il a développés : Collection (pour collecte de données, en français). Un jeu de plateau coopératif rappelant Pandemic, très populaire parmi les amateurs de jeux de stratégie .

En bref : un groupe de joueurs, aux rôles différents au sein de la CIA, doit résoudre ensemble trois crises majeures à travers le monde (avant que l’une d’entre elles ne devienne incontrôlable), en collectant le plus possible d’informations confidentielles et en prenant les bonnes décisions. Les joueurs peuvent être confrontés à l’Etat islamique, à un conflit en mer de Chine ou à des sources mal informées.

« Nous avons assisté à des parties pendant lesquelles les joueurs ont pris le temps de communiquer les uns avec les autres, de parler de la façon d’avancer ensemble, de la stratégie à adopter (..). Ils ont eu tendance à gagner. Aux tables où une personne jouait de son côté ou coopérait très tard dans la partie, les crises n’ont pas pu être résolues », a indiqué David Clopper. L’objectif pour lui est de démontrer l’importance de la collaboration sur le terrain.

Traquer un « méchant armé »

La CIA a aussi développé un jeu de cartes, Collection deck, qui se concentre sur les méthodes pour collecter des informations et aide à faire la différence entre ce qui est confidentiel ou non. Cartes en main, des joueurs doivent exceller en renseignement, sachant que leurs adversaires peuvent poser d’autres cartes, représentant des obstacles, afin de les contrer. Par exemple : un joueur décide d’utiliser un satellite pour prendre une photo sensible, mais un de ses opposants le bloque en jouant une carte « échec de la station au sol », relate une journaliste de CNN , également présente à Austin cette semaine. Un concept très proche de Magic et Pokémon.

Un autre formateur de la CIA, Volko Ruhnke, a lui développé un jeu de plateau baptisé Le Caïd : La traque d’El Chapo, utilisé « pour former des analystes qui pourraient travailler avec les forces de l’ordre (…) pour traquer un méchant armé, bien défendu, et bien protégé ».

Simulation du conflit en Afghanistan

Ce même formateur a d’ailleurs déjà commercialisé un jeu de société simulant le conflit en Afghanistan, dans lequel les joueurs font face à des questions d’ordre militaire, politique et économique. D’après lui, cela donne aux gens « une bien meilleure compréhension des problèmes que rencontre l’Afghanistan moderne ».

On aurait pu croire que la CIA utilise davantage les jeux vidéo en formation. Mais comme le fait remarquer Rachel Grunspan, formatrice également : « Ils sont beaucoup plus difficiles à adapter (…) Les situations de conflits dans le monde changent rapidement et modifier un jeu vidéo est beaucoup plus ardu et lent. »

Le chef des services de renseignement militaires israéliens, le général Herzi Halevy, se rendra cette semaine aux Etats-Unis, a-t-on appris dimanche de sources israéliennes autorisées.

Il rencontrera des responsables américains de la défense et participera à une réunion en vue de lever des fonds pour Israël.

Ce sera la première visite aux Etats-Unis du général Halevy depuis sa nomination en septembre dernier.

Source : Reuters.

S

Le Pérou a rappelé samedi son ambassadeur au Chili, qu’il accuse d’espionnage, assurant que son représentant ne reprendrait pas ses fonctions dans ce pays voisin tant que Lima n’aurait pas reçu des explications. »Tant que nous n’aurons pas reçu d’explications claires, nous rappelons l’ambassadeur du Pérou à Santiago du Chili », a déclaré le ministère péruvien des Affaires étrangères dans un communiqué. L’ambassadeur Fernando Rojas Samanez avait déjà été rappelé en consultations le 20 février et se trouve toujours à Lima. Le Pérou « répète son ferme rejet et sa profonde préoccupation pour les actes d’espionnage du Chili à l’encontre de sa sécurité nationale, des actes qui ne sont pas compatibles avec l’esprit de collaboration et de bon voisinage qui doivent guider les relations entre les deux pays », ajoute le communiqué. Dans une note diplomatique envoyée au Chili le 20 février, le Pérou affirmait que trois membres de la Marine de guerre péruvienne avaient été payés pour des actes d’espionnage en faveur du Chili entre 2005 et 2012. Les trois militaires sont en détention au Pérou. « Pour nous, il s’agit d’une affaire close qui ne concerne que la voie diplomatique », a déclaré le ministre chilien de l’Intérieur Rodrigo Penailillo. Certains analystes estiment que le président péruvien Ollanta Humala, l’un des moins populaires en Amérique latine, « profite de cette affaire pour sa survie politique, parce que parler du Chili est un sujet sensible qui attire l’attention de l’opinion publique », a expliqué à l’AFP l’expert en relations internationales Carlos Novoa, professeur à l’Université de Lima. Les deux pays entretiennent de solides relations commerciales. Le Chili a investi 14 milliards de dollars au Pérou, et le Pérou 8 milliards au Chili, d’après les chiffres officiels de 2014.

Source : Belga.

Le patron de la CIA, John Brennan, lors d'un discours, le 11 décembre 2014 en Virginie.
Le patron de la CIA, John Brennan, lors d’un discours, le 11 décembre 2014 en Virginie.

Le directeur de la CIA John Brennan a annoncé vendredi une ré-organisation en profondeur de l’agence du renseignement américaine, destinée à la décloisonner et renforcer son utilisation des cyber-technologies.

Parmi les mesures annoncées vendredi au personnel de la CIA, et distillées dans la presse américaine, figure la création de grands centres de mission sur le modèle du centre anti-terrorisme qui existe déjà dans l’agence depuis plusieurs années.

Ces centres rassembleront des analystes et les personnels chargés d’opérations clandestines, grignotant un peu plus une division restée très stricte pendant longtemps entre les deux principales directions historiques de l’agence, la direction du renseignement et la direction des opérations.

Les centres de mission, dirigés par un sous-directeur, pourraient correspondre à une zone géographique (Moyen-Orient, Afrique…), ou à des thématiques comme la lutte contre la dissémination d’armements. Leur nombre et rôle exact n’ont pas été rendu publics.

M. Brennan conserve toutefois les directions historiques du renseignement et des opérations, à laquelle il en ajoute une autre, la direction de l’innovation numérique, chargée « d’accélérer l’intégration de nos capacités numériques ».
La CIA doit faire face à deux « changements fondamentaux » dans son environnement, a indiqué M. Brennan dans le message au personnel rendu public.

« Le premier est l’augmentation de la portée, de la complexité, de la diversité, et de l’immédiateté des problèmes » auxquels est confronté le pouvoir politique. Et le second est « le rythme et l’impact sans précédents du changement technologique », a-t-il dit.

M. Brennan avait déjà dit être frappé par la manière dont les avancées technologiques permettaient à l’agence d’extraire et d’analyser des données « quasiment en temps réel ».

Directeur de la CIA depuis mars 2013 et ancien de la maison lui-même, M. Brennan a manifesté plusieurs fois une certaine frustration sur les lourdeurs du pilotage de l’agence. La presse a évoqué par exemple les difficultés de la CIA à renforcer le renseignement en Syrie, où des avions américains bombardent les jihadistes, eux-mêmes en guerre contre le régime de Bachar al-Assad.

La CIA a été également critiquée par des élus lui reprochant d’avoir sous-évalué l’importance des soulèvements au Moyen-Orient dits du « Printemps arabe », ou de n’avoir pas anticipé l’offensive l’été dernier des jihadistes du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie.

Source : AFP.

image: http://s2.lemde.fr/image/2012/11/16/534×267/1791616_3_85c4_david-petraeus-en-juin-2011-a-washington_6b536abaf5d7fdd89108b3bdeefd7746.jpg

David Petraeus, en juin 2011 à Washington.

L’ancien patron de la CIA David Petraeus va plaider coupable de « négligence » dans la fuite de documents confidentiels transmis à sa biographe et maîtresse, Paula Broadwell, a annoncé mardi 3 mars le ministère de la justice américain.

D’après les documents judiciaires enregistrés devant une juridiction fédérale de Charlotte, en Caroline du Nord, David Petraeus a accepté de plaider coupable d’un seul chef d’accusation : « retrait et recel de documents classés ». Les parties sont tombées d’accord pour recommander une peine de deux ans de prison avec sursis et de 40 000 dollars d’amende, selon l’accord de plaider-coupable. En concluant cet accord avec les procureurs, l’ex-chef de la CIA s’épargne aussi un procès embarrassant où les détails de sa liaison auraient été rendus publics.

Initialement, et s’il n’avait pas plaidé coupable, le général Petraeus aurait risqué six ans de prison, dont cinq avec sursis pour le chef d’accusation principal, avec la possibilité, selon les critères de recommandation du gouvernement, d’être condamné à deux années supplémentaires pour obstruction à la justice et abus de responsabilité. Il ne connaîtra pas sa peine avant une semaine ou plus.

Le FBI avait recommandé d’engager des poursuites contre l’ancien directeur de la CIA après que des documents classifiés eurent été retrouvés sur l’ordinateur de la biographe du général quatre étoiles à la retraite. Ce dernier avait démissionné de la CIA en novembre 2012 après avoir reconnu entretenir une relation extra-conjugale depuis 2011 avec Mme Broadwell. Il avait d’abord assuré que les documents découverts sur l’ordinateur de Paula Broadwell ne mettaient pas en danger la sécurité nationale.

Mais en plaidant coupable, ce qu’il fera formellement ultérieurement devant le tribunal de Caroline du Nord, le général Petraeus reconnaît l’intégralité du compte-rendu des faits. Il admet notamment avoir « apporté » huit recueils de documents « hautement classifiés » dans une maison de Washington où il a passé un long week-end le 28 août 2011 avec sa biographe. Il avait ensuite laissé ces huit recueils, regroupés sous le nom de « black books » (livres noirs) dans cette maison « pour [en] permettre l’accès » à Mme Broadwell, qui préparait alors sa biographie, publiée en 2012. Le général avait ensuite récupéré ces documents confidentiels le 1er septembre 2011 et les avait ramenés à son domicile en Virginie, selon ce compte-rendu des faits.

 Source : Le Monde.
Le siège de la National Security Agency (NSA) à Fort Meade, Md. le 22 Décembre 2013. Jim Lo Scalzo/EPA

Alors que sort aujourd’hui dans les salles Citizenfour, le documentaire primé aux Oscars, qui raconte les révélations sur les écoutes de la NSA, le batiment de la sécurité intérieure américaine a été visé par des tirs, comme le révèle aujourd’hui MSNBC.

Des tirs ont été entendus près du siège de l’Agence nationale de sécurité mardi soir, comme le révèlent des agents officiels de la NSA, et l’agence a déclaré qu’un de ses bâtiments a été endommagé par ce qui semble être plusieurs coups de feu.

News4 a révélé qu’une enquête est également en cours concernant des tirs entendus le long de la Baltimore-Washington Avenue, et de la route 32 à Fort Meade, dans le Maryland, situé à proximité de la NSA.

Les fonctionnaires de la NSA et la police enquêtent pour savoir si les incidents sont liés, et le périmètre a été bouclé. Plus tôt dans la journée, un individu avait ouvert le feu dans le comté de Prince George dans le Maryland, et deux hommes ont été blessés dans l’incident.

Ces incidents se produisent le jour de la sortie du film sur Edward Snowden, Citizenfour, qui explique comment la NSA espionne le monde entier sous les ordres de Barack Obama, le Président des Etats-Unis.

Source : focuSur.fr.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a dit samedi que les autorités du pays avaient capturé des Américains, dont un pilote, impliqués dans des activités d’espionnage, tout en ajoutant que, à l’avenir, les ressortissants des Etats-Unis devront obtenir un visa pour entrer dans le pays.

 S’exprimant lors d’un meeting, il a ajouté que le gouvernement interdirait à certains responsables américains d’entrer au Venezuela, répliquant ainsi un mois plus tard à la décision des Etats-Unis d’imposer des restrictions de visa à plusieurs responsables vénézuéliens.

« Nous avons capturé certains citoyens américains engagés dans des activités (…) d’espionnage (…) », a déclaré Nicolas Maduro.

« (…) Nous avons capturé le pilote d’un avion américain, d’origine latine, transportant avec lui toutes sortes de documents », a ajouté le président vénézuélien.

Un porte-parole de l’ambassade américaine à Caracas a dit ne pas être en mesure de faire de commentaires, évoquant une absence de toute communication diplomatique officielle avec le gouvernement vénézuélien.

Source : Reuters.

 Mme Hurtado a été reconnue coupable d'«abus d'autorité»... (Photo AFP)

La Cour suprême de Colombie a condamné vendredi l’ancienne patronne des services secrets, Maria Pilar Hurtado, dans le cadre d’une affaire d’écoutes illégales durant la présidence d’Alvaro Uribe entre 2002 et 2010.

Mme Hurtado a été reconnue coupable d’«abus d’autorité» à travers des «actes injustes et arbitraires», ainsi que de «violation illicite des communications», selon le jugement rendu public par la Cour.

Ex-directrice du Département administratif de sécurité (DAS), elle était poursuivie pour avoir participé à l’espionnage de conversations téléphoniques d’opposants politiques, parmi lesquels figurent des personnalités de gauche comme l’actuel maire de Bogota Gustavo Petro et l’ex-sénatrice Piedad Cordoba, mais aussi de journalistes ou encore de magistrats, dont des juges de la Cour suprême.

Réfugiée depuis 2010 au Panama, où elle avait obtenu durant quatre ans l’asile politique, Mme Hurtado s’était livrée le 30 janvier dernier aux autorités colombiennes à la suite d’un avis de recherche international lancé par Interpol. Elle est placée en détention depuis sa reddition.

L’ancien secrétaire privé de M. Uribe, Bernardo Moreno, laissé en liberté provisoire après avoir passé 19 mois en détention durant l’enquête, a aussi été condamné lors de cette audience. La justice lui reprochait d’avoir sollicité des informations obtenues illégalement auprès de fonctionnaires du DAS dépendant de la présidence.

Les peines des deux prévenus, qui s’étaient vu interdire en 2010 l’exercice de toute charge publique pendant 18 ans, devraient être fixées jeudi prochain.

Certaines victimes des écoutes ont publiquement accusé M. Uribe d’être le commanditaire d’enregistrements clandestins, ce que ce dernier a toujours nié.

Défendant la «bonne réputation» de l’ex-chef des services secrets qu’il estime «persécutée», l’ancien président conservateur, qui jouit à titre personnel d’une immunité en raison de son mandat de sénateur, a souligné que les écoutes contestées relevaient d’«opérations de sécurité nationale».

Jusqu’à présent, Mme Hurtado n’a pas témoigné devant la justice. Son éventuelle réaction à sa condamnation alimente les spéculations et notamment le fait de savoir si elle pourrait incriminer l’ancien président en échange d’une réduction de peine.

«Nous espérons que la condamnation d’Hurtado contribue à ce qu’elle dise la vérité. Qui ont été ceux qui l’ont conduite à commettre ces délits», a réagi l’avocat de Mme Cordoba, Luis Guillermo Perez, dans une déclaration à la télévision publique.

«La direction nationale des services secrets et le secrétaire général de la présidence ont transformé la DAS en entreprise criminelle et le président n’était pas au courant ?», a ironisé pour sa part Mme Cordoba.

L’administration de M. Uribe, toujours populaire pour sa fermeté envers la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires (Farc), a été éclaboussée par plusieurs scandales de violations des droits de l’homme. Plusieurs élus proches de l’ancien chef de l’Etat ainsi que des membres du DAS ont déjà été condamnés par la justice.

Après la révélation de ce scandale, le DAS, qui avait été fondé dans les années 50, avait été dissous en 2011 par l’actuel président, Juan Manuel Santos, artisan des négociations de paix avec les Farc.

Source : La Presse (Montréal).

Le gouvernement avait promis en décembre 2010 de... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Plus de quatre ans après l’avoir promis, le gouvernement fédéral cherche toujours comment resserrer la surveillance externe et indépendante des agences de renseignement au pays.

Le gouvernement de Stephen Harper, qui vient de déposer un nouveau projet de loi antiterroriste accordant plus de pouvoirs aux agences de renseignement, promettait en décembre 2010 de permettre une analyse en profondeur des activités entourant la sécurité nationale qui impliquent différents ministères et agences gouvernementales. On voulait alors éliminer les obstacles qui empêchent les organismes de surveillance de communiquer entre eux.

Les conservateurs s’étaient aussi engagés à mettre en place un mécanisme interne pour s’assurer que ces organismes soient tenus de rendre des comptes, et qu’ils respectent les lois du pays ainsi que les politiques guidant le partage d’informations en matière de sécurité nationale. Le gouvernement Harper avait pris ces engagements en réponse au rapport de la commission fédérale d’enquête sur l’attentat à la bombe contre un appareil d’Air India, en 1985, qui avait fait 329 morts, la plupart des Canadiens.

Une porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Josée Sirois, a admis mercredi en entrevue que le gouvernement examinait toujours divers scénarios pour garantir la bonne conduite des échanges d’informations entre les différents organismes de surveillance des agences responsables de la sécurité nationale. Mme Sirois n’a pas pu, non plus, prédire à quel moment de tels mécanismes seraient mis en place.

«Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance d’une surveillance indépendante, afin de maintenir la confiance des Canadiens face aux activités de sécurité nationale», a-t-elle dit. «Je n’ai pas d’autres détails sur l’échéancier.»

Les partis d’opposition aux Communes déplorent que le gouvernement n’ait pas prévu, dans son projet de loi antiterroriste, un resserrement de la surveillance des agences de renseignement.

Ce projet de loi prévoit aussi un partage plus fluide des informations entre les différentes agences fédérales mêlées de près ou de loin à la sécurité publique et nationale. Ainsi, un agent du bureau des passeports pourrait partager avec le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) des informations sur un individu soupçonné de terrorisme.

Mais pendant que s’accroissent les échanges entre les différentes agences, les cloisons entre les organismes qui surveillent ces agences demeurent, elles, aussi étanches. Des acteurs bien informés de la situation ont pourtant réclamé par le passé plus de communications entre les organismes: Chuck Strahl, ancien directeur du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, qui a le SCRS à l’oeil, et Robert Décary, qui a déjà présidé le comité chargé de surveiller les activités du Centre de la sécurité des télécommunications Canada (les services d’espionnage électronique), ont tous les deux appelé de leurs voeux de tels changements.

Il y a deux ans, Chuck Strahl avait déploré, dans le rapport du comité de surveillance, que les différents ministères et agences gouvernementales n’avaient pas communiqué adéquatement entre eux dans le cas d’Abousfian Abdelrazik, un Montréalais qui avait croupi dans une prison au Soudan.

De même, en 2006, le juge Dennis O’Connor, qui s’est penché sur le cas de Maher Arar, emprisonné et torturé en Syrie en 2002-2003, concluait que les organismes chargés de surveiller les activités liées à la sécurité nationale devraient pouvoir échanger des renseignements et mener des enquêtes conjointes. Il recommandait aussi la création d’un comité de liaison regroupant les responsables des divers organismes de surveillance des activités liées à la sécurité nationale.

Le juge O’Connor suggérait aussi que des organismes indépendants surveillent les activités du ministère des Affaires étrangères, de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (le «Canafe», chargé de la lutte au blanchiment d’argent et au financement des activités terroristes au Canada et à l’étranger).

Source : La Presse (Montréal).