Archives de la catégorie ‘Afrique’

En même temps qu’elle modifiait son Code pénal, le Sénégal a renforcé et réorganisé ses services secrets pour faire face à la menace. Après le feu vert de l’Assemblée, le Président Macky Sall a pris un décret pour promulguer la loi qui vient à son heure.

Chapitre premier. – Des activités des services de renseignement 

Article premier. – Les services de renseignement ont pour mission commune la recherche, le recueil, l’exploitation et la mise à la disposition des autorités de décision des renseignements relatifs aux menaces contre la sécurité et les intérêts fondamentaux de la Nation.
Les besoins spécifiques et les priorités en matière de renseigne- ment sont précisés dans un plan national de renseignement (PNR).

Art. 2. – Les services de renseignement sont également chargés de la mise en œuvre des moyens spécifiques destinés à entraver les menaces visées à l’article premier ou à prévenir ou déjouer des activités d’ingérence dirigés contre les intérêts nationaux.

Art. 3. – Dans le cadre de la coopération internationale en matière de renseignement, les services de renseignement mettent en œuvre les engagements souscrits par l’Etat.
Art. 4.- En matière de terrorisme, de criminalité organisée ou de trafics internationaux, les services spéciaux de renseignement peu- vent procéder à des enquêtes judiciaires, ouvertes au moment le plus opportun, lorsqu’il résulte des renseignements et indices dont ils disposent une présomption de crime ou de délit.

Art. 5.– Les enquêtes visées à l’article 4 sont diligentées par des officiers et agents de police judiciaire regroupés au sein d’entités spécialisées des services. Elles sont conduites conformé- ment aux règles prévues par le Code de procédure pénale, sous réserve des dispositions spéciales prévues par la présente loi et éventuellement par d’autres textes législatifs.

Art. 6. – Les entités d’enquête des services spéciaux de renseignement peuvent être saisies par le procureur de la République, les services nationaux ou étrangers de recherche de renseignement ou par toute administration ou personne physique ou morale mettant à leur disposition des informations crédibles relatives à la préparation ou à la commission d’une infraction portant sur l’une des matières visées à l’article 4. En cas de risque encouru par un dénonciateur, elles prennent ou préconisent toutes mesures utiles à la protection de la personne de celui-ci et de ses intérêts menacés.

Art. 7. – Les entités d’enquête peu- vent exercer leur compétence sur l’étendue du territoire national dans les matières énumérées à l’article 4. Elles peuvent, dans ces matières et avec l’accord des autorités compétentes de l’Etat concerné, poursuivre leurs investigations à l’étranger récupérer et transférer au Sénégal tout suspect ou tout objet se rapportant à l’enquête.

Art. 8. – Les entités d’enquête peuvent, avec l’autorisation et sous le contrôle du procureur de la République compétent, recourir aux moyens d’investigation prévus à l’article 10. Les preuves régulièrement recueillies par ces moyens sont recevables en justice et sont laissées à l’appréciation des juridictions pénales compétentes.

Art. 9. – Pour l’exécution des missions qui leur sont assignées, les services de renseignement apprécient la consistance des moyens opérationnels à mettre en œuvre. Ils s’assurent cependant de la légalité des moyens employés et de leur proportionnalité à la gravité de chaque menace.

Art. 10. – Les services spéciaux de renseignement peuvent, lorsqu’ils disposent d’indices relatifs à l’une des menaces prévues à l’article 2 et en l’absence de tout autre moyen, recourir à des procédés techniques, intrusifs, de surveillance ou de localisation pour recueillir les renseignements utiles à la neutralisation de la menace.

Art. 11. – Les activités de renseigne- ment régulièrement menées ne doivent faire l’objet d’aucune entrave volontaire sur l’étendue du territoire national.
Requis en cas de besoin, les agents de la force publique, les autres services de l’Etat ainsi que les organismes privés compétents fournissent sans délai aux services de renseignement le concours nécessaire et observent le secret sur les opérations et investigations en cours.

Art. 12. – Les documents de renseignement émis par les services de renseignement sont protégés par le secret conformément à leur degré de classification. Ne peu- vent les détenir ou les connaître que les personnes habilitées à cet effet. La déclassification totale ou partielle d’un document peut être autorisée par décret si elle ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale ou pour les personnels et les sources du renseignement.

Art. 13. – Par dérogation aux dispositions de la loi n° 70-14 du 6 février 1970, modifiée, fixant les règles d’applicabilité des lois, des actes administratifs à caractère règlementaire et des actes administratifs à caractère individuel, les lois et les actes administratifs à caractère règlementaire relatifs à l’organisation, au fonctionnement aux activités ou aux personnels des services de renseignement peuvent comporter une disposition autorisant leur non-publication ou leur publication partielle au Journal officiel. Le cas échéant, ces textes entrent en vigueur à la date expressément prévue ou à défaut, à compter de leur promulgation ou de leur signature.

Art. 14. – Les autorités administratives contrôlent la régularité et l’efficacité des activités des services de renseignement placés sous leur responsabilité. Elles veillent à l’exécution correcte des missions ainsi qu’à la réalisation des objectifs spécifiques pouvant être assignés par des directives ou plans de renseignement.

Art. 15. – L’Assemblée nationale peut, devant la Commission de la Défense et de la Sécurité, entendre le Premier ministre ou les ministres responsables de services de renseignement sur des questions relatives aux orientations générales de la politique de renseignement, à l’organisation et aux ressources des services de renseignement.
L’exercice du contrôle parlementaire ne doit toutefois pas entraîner une divulgation de secrets susceptible de compromettre la sécurité nationale, les intérêts diplomatiques stratégiques du pays, la sécurité des personnels et des sources du renseignement ainsi que l’efficacité des activités de renseignement.

– Chapitre II. – Des personnels des services de renseignement

Art. 16. – Les personnels des services de renseignement sont constitués par des fonctionnaires civils, militaires et paramilitaires et des agents non fonctionnaires de l’Etat. En cas de besoin, les services de renseignement peuvent recourir à des collaborateurs contractuels ou occasionnels ou faire appel à d’anciens personnels à la retraite et toujours aptes à servir pour compléter temporairement les effectifs.

Art. 17. – Les personnels sont sélectionnés en raison de leurs compétences et aptitudes particulières ainsi que des garanties de loyauté et de discrétion qu’ils présentent.

Art. 18. – Sous réserve des dispositions spéciales prévues par la pré- sente loi et l’adoption de statuts spéciaux applicables aux personnels de certains services de renseignement, les fonctionnaires et les agents non fonctionnaires de l’Etat détachés ou mis à la disposition des services de renseigne- ment restent régis par leur statut d’origine.

Art. 19. – Un centre de formation des personnels des services de renseignement assure la formation initiale et continue des personnels du renseignement. Les règles d’organisation et de fonctionnement dudit centre sont fixées par décret.

Art. 20. – les personnels des services de renseignement doivent avant leur entrée en fonction, dis- poser d’une habilitation pour connaître des informations protégées.
Ils s’engagent à garder le secret, même après la cessation de leurs fonctions, sur les activités de renseignement et sur les in- formations classifiées connues dans l’exercice de ces fonctions.

Art. 21. – En dehors des cas relevant de l’exercice de leurs missions, il est interdit aux personnels des services de renseignement d’adhérer à un parti politique, de participer à des manifestations politiques ou à toute activité dont la nature est incompatible avec la réserve et la discrétion que leur imposent leurs fonctions, de se constituer en syndicat, d’adhérer à des organisations syndicales et d’exercer le droit de grève.

Art. 22. – L’identité des personnels des services de renseigne- ment est protégée contre toute forme de divulgation. Les services compétents de l’Etat fournissent à ces personnels les documents administratifs nécessaires pour leur procurer les identités d’emprunt. La délivrance de ces documents est enregistrée sur des registres et fichiers spéciaux protégés par le secret. Les personnels peuvent, lors de certaines opérations, utiliser des équipements pour dissimuler leurs visages.

Art. 23. – L’identité de certains personnels notamment celle des chefs des différents services de renseignement peut toutefois ne pas être protégée lorsque la publicité n’est pas de nature à compromettre leur sécurité ou l’efficacité des activités de leurs services.

Art. 24. – Les déplacements à l’étranger des personnels des services de renseignement en mission peuvent ne faire l’objet d’aucune mention sur les passeports ni d’enregistrement par les services chargés du contrôle aux frontières. Il en est de même des déplacements au Sénégal effectués par les agents des services étrangers dans le cadre de leur coopération avec les services nationaux de renseignement.

Art. 25. – Les services de renseignement veillent à la protection de leurs personnels. Les personnels des services spéciaux exposés à des risques contre leur intégrité physique peuvent être autorisés à détenir et porter des armes fournis par leurs services.

Chapitre III. – Des dispositions pénales

Art. 26. – Les personnes concourant à l’établissement des identités d’emprunt des personnels des services de renseignement ainsi que ces derniers lorsqu’ils en font usage, sont exonérées de toute responsabilité pénale du fait des différents actes accomplis ou exécutés dans ce cadre.

Art. 27. – Toutefois, les infractions commises par les personnels des services de renseignement dans l’exercice de leurs fonctions relèvent de leur responsabilité pénale personnelle.

La réparation des dommages causés aux tiers incombe toutefois à l’Etat

Art. 28. – Sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100.000 à 1.000.000 de francs, quiconque aura volontairement révélé des informations, images, enregistrements ou des indices de toute nature permettant de découvrir, soit l’identité protégée d’un agent d’un service de renseignement, soit l’identité d’une source humaine du renseignement.

Sera également puni des mêmes peines, quiconque se sera abstenu de dénoncer aux services de sécurité une menace contre la sécurité nationale dont il a eu connaissance.
Si l’auteur de la révélation visée à l’alinéa premier du présent article est un membre d’un service de renseignement ou si la révélation a entraîné une atteinte physique, tentée ou consommée sur l’agent, la source humaine ou leurs proches, les peines prévues ci-dessus seront portées au double.

Art. 29. – Les peines prévues par l’alinéa 2 de l’article 28 seront encourues lorsque le refus ou l’abstention a entraîné la réalisation d’une menace contre la sécurité nationale.

Art. 30. – Sera puni des peines pré- vues à l’alinéa premier de l’article 29, tout responsable ou agent quelconque d’un service de renseignement qui aura ordonné, autorisé ou procédé à la mise en œuvre d’activités de renseignement contre toute personne physique ou morale pour des objectifs autres que ceux qui sont prévus par la loi.
Sera également puni des mêmes peines, quiconque aura ordonné, autorisé ou procédé illégalement à la mise en œuvre d’activités de renseignement contre toute per- sonne physique ou morale.

Art. 31. – Lorsque dans une procédure pénale, la déposition en qua- lité de témoin d’un agent d’un service de renseignement dont l’identité est protégée est requise sur des faits dont il aurait eu connaissance dans l’exercice d’une mission, cette identité ainsi que les fonctions de l’agent ne sont pas révélées. La déposition est reçue dans des conditions garantissant l’anonymat et attestée par une autorité hiérarchique dont l’identité n’est pas protégée. En cas de confrontation ou de déposition à l’audience, l’audition peut avoir lieu à distance et à l’aide d’un dispositif empêchant l’identification de la voix. »

Dakaractu

Le procès de neuf ex-agents du renseignement en Gambie, accusés du “meurtre” d’un opposant à l’ex-président Yahya Jammeh, s’est ouvert lundi à Banjul où une foule en colère a réclamé la peine de mort à leur encontre, a rapporté un journaliste de l’AFP.

Les neuf accusés sont l’ex-directeur général de l’ancienne Agence nationale du renseignement (NIA), Yankuba Badjie, son ex-directeur des opérations, Saikou Omar Jeng dit “Sir Jeng”, et sept ex-agents de la NIA, ayant tous comparu devant la Haute cour de Banjul qui a renvoyé le procès au 27 mars pour donner plus de temps à l’enquête.

Tous ont été arrêtés en février, puis inculpés de “meurtre et complot en vue de commettre un meurtre” en lien avec la mort, peu après son arrestation par la NIA en avril 2016, de Solo Sandeng, un responsable du Parti démocratique unifié (UDP, alors principale formation de l’opposition à Yahya Jammeh).

La NIA – rebaptisée depuis “Service de renseignements d’Etat” par le nouveau président Adama Barrow – était considérée comme l’instrument de répression du régime de M. Jammeh, qui a dirigé la Gambie d’une main de fer durant plus de 22 ans.

Pour l’ouverture du procès, des membres de la famille et proches de Solo Sandeng, des sympathisants de la nouvelle majorité au pouvoir ont afflué vers la Haute cour. A l’extérieur de la salle d’audience, qui a refusé du monde, une foule en colère a réclamé que les accusés soient condamnés à mort.

“Nous exigeons une condamnation à mort”, a lancé la foule, en même temps que des insultes contre les prévenus, accusés d’avoir tué d’autres êtres chers.

Le corps de Solo Sandeng a été exhumé le 4 mars pour les besoins de l’enquête sur son décès, selon des sources policières.

Selon l’une d’elles, l’exhumation s’est déroulée en présence de policiers, d’experts médicaux et de la famille de Solo Sandeng, tous conduits par le prévenu Saikou Omar Jeng à une tombe dans un cimetière du village de Tanje, à 33 km de Banjul.

Le rapport d’autopsie devait être transmis à la justice pour le procès des neuf ex-agents de la NIA, avait précisé la même source.

Lundi, la Haute Cour a indiqué que le renvoi du procès visait à permettre aux procureurs de l’Etat de trouver un expert étranger pour réexaminer le corps de Solo Sandeng.

africanews

Syrte_Chaos

D’après David Pugliese, un reporter du Ottawa Citizen qui a eu accès à certains documents des services des services secrets militaires canadiens, ces derniers savaient que l’intervention de l’OTAN en Libye en mars 2011 profiterait aux militants islamistes alignés sur al-Qaïda et plongerait pour longtemps le pays dans le chaos.

A l’époque, l’amiral américain James Stavridis, chef militaire de l’OTAN, niait que l’opposition au dirigeant gauchiste Mouammar Kadhafi était menée par des théocrates islamistes de droite, et se plaisait à dire des forces d’opposition qu’il s’agissait « d’hommes et de femmes responsables. » …

En réalité, les services secrets canadiens savaient parfaitement à quoi s’en tenir au sujet de l’opposition libyenne.

David Pugliese écrit qu’ « un rapport des services secrets canadiens publié fin 2009 décrivait la place forte de l’Est libyen “d’où est partie la contestation contre Kadhafi” comme “l’épicentre de l’extrémisme islamique.” »

De même, les pilotes canadiens plaisantaient volontiers entre eux, disant qu’ils étaient la force aérienne d’al-Qaïda, étant donné que leurs bombardements « aidaient à paver la route des rebelles affiliés au groupe terroriste. »

Dans son article David Pugliese explique que quelques jours avant l’intervention de l’OTAN en Libye :

Des spécialistes canadiens du renseignement avaient envoyé un mémo à l’adresse de hauts responsables des services secrets : « Il y a de fortes probabilités pour que la situation en Libye dégénère en une longue guerre civile ou entre différentes tribus, » écrivaient-ils en mars 2011.  « Cela a toutes les chances de se produire si les forces d’opposition bénéficient de l’aide militaire d’autres pays. »

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a par la suite refusé d’admettre que l’intervention en Libye avait engendré le chaos qui a paralysé le pays, même si ses propres chefs militaires l’avaient averti que cela avait toutes les chances de se produire.

Tout cela constitue une tentative malhonnête de manipuler l’opinion publique au travers d’un mensonge éhonté, et est comparable aux appels du premier ministre Benjamin Netanyahou à soutenir une intervention militaire contre l’Iran en 2002, arguant que Téhéran n’était plus qu’à un an de la mise au point de la bombe nucléaire, alors que ses propres services de renseignement avaient conclu que l’Iran « ne poursuivait pas d’activités visant à produire des armes [nucléaires]»

Source : Mondialisation.ca.

Julius Malema, l’ancien leader de la jeunesse du parti au pouvoir l’ANC, est dans de beaux draps. Une enquête a été ouverte à son encontre ce jeudi selon le ministre de la Sécurité intérieure. Il est accusé d’être un agent de la CIA, l’agence de renseignement américaine.

Le leader du parti radical les combattants pour la liberté économique sud-africain, Julius Malema est en proie avec la justice. En effet, le gouvernement a annoncé ce jeudi avoir ouvert une enquête sur quatre personnes accusés d’être des agents de la CIA, selon RFI. Parmi les accusés, figure le leader de l’opposition Julius Malema. L’opposition sud-africaine crie à la manipulation politique des services de renseignement.

Manipulation politique

Tout a débuté sur les réseaux sociaux, lorsque quatre acteurs de la vie politique sud-africaine ont épinglé Julius Malema comme étant des agents de la CIA. En réponse à ces accusations, l’opposition juge les enquêtes ouvertes du gouvernement « grotesques et politiquement motivées ». Selon elle, il s’agit purement d’une manipulation politique. Pour elle, les services de renseignements sont utilisés à des fins purement politiques afin de faire oublier ses dysfonctionnements.

Les services de renseignements sont par ailleurs dans la tourmente ces derniers jours avec l’affaire du Spycables. Le gouvernement sud-africain se trouve en mauvaise posture le 23 févier dernier avec la révélation par la chaîne qatarienne Al-Jazeera des Spycables. Ces documents provenant ou adressés aux services de renseignements sud-africains, contiennent les échanges entre Pretoria et plusieurs agences de renseignements depuis 2006. Désormais rendus publics, ces documents, selon le ministre chargé des Renseignements, « portent atteinte à la sûreté de l’État et à ses relations diplomatiques. »

Source : Afrik.com.

La fuite de centaines de câbles confirme le rôle central de l’Afrique du Sud dans le grand jeu du renseignement mondial. Mais aussi une certaine porosité de ses services secrets…

Après WikiLeaks aux États-Unis, LuxLeaks au Luxembourg puis SwissLeaks en Suisse, c’est au tour de l’Afrique du Sud d’avoir des problèmes de fuites. Désignée sous le nom de « Spy Cables » par les médias anglo-saxons, cette nouvelle affaire porte sur la publication par la chaîne qatarie Al-Jazira, le 23 février, d’échanges entre les services secrets sud-africains et leurs homologues étrangers de 2006 à 2014. L’authenticité de ces « câbles espions » n’a pas encore pu être vérifiée, mais leur divulgation – 244 documents, dont un grand nombre sont classés secret-défense – embarrasse Pretoria qui, dès le 25 février, a condamné le procédé et annoncé l’ouverture d’une enquête interne à la State Security Agency (SSA).

Ces fuites, qui révèlent notamment la pression exercée par les services secrets américains et britanniques (pour que Pretoria renonce à toute coopération nucléaire avec l’Iran), mais aussi israéliens (pour dissuader l’Afrique du Sud de boycotter les produits de l’État hébreu, par exemple), montrent le rôle central que la nation Arc-en-Ciel occupe ces dernières années dans le grand jeu du renseignement mondial. Près de 80 noms d’espions étrangers établis dans le pays sont répertoriés, avec leurs coordonnées et les couvertures utilisées. Confirmant que l’Afrique du Sud est bel et bien devenue « le nouvel eldorado de l’espionnage », pour reprendre l’expression de l’un d’entre eux.

Mis bout à bout, les documents révèlent aussi une certaine vulnérabilité des services sud-africains. Parmi les problèmes pointés au sein du SSA : la disparition d’ordinateurs portables, l’absence de coffres pour conserver les documents sensibles ou d’enquêtes approfondies sur les responsables des différentes institutions de sécurité du pays. Un câble estime même que l’agence est « totalement noyautée » par les services secrets étrangers. « Tout le monde travaille pour quelqu’un d’autre », assure un cadre cité dans le document.

Une affirmation déjà mise en lumière par une note dévoilée par WikiLeaks en 2011 : Moe Shaik, l’ancien chef des services sud-africains, y apparaissait comme l’une des principales sources d’information des Américains. Les documents des « Spy Cables », qui n’auraient évidemment pas dû tomber entre toutes les mains, confirment hélas les limites de la SSA.

Source : Jeune Afrique.

La première réunion des chefs de services de renseignement et de sécurité des pays de la région de l’Afrique de l’est a clôturé ses travaux dimanche dans la capitale djiboutienne.

Cette rencontre a réuni durant deux jours les chefs des services de renseignements et de sécurité des pays de la région de l’Afrique de l’Est, les pays membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et de la communauté de l’Afrique de l’Est (EAC).

Organisée par la commission de l’Union Africaine, et placée sous le haut patronage du chef de l’Etat djiboutien, Ismail Omar Guelleh, cette ré union s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre du communiqué de la 455è me réunion du conseil de paix et sécurité (CPS) de l’Union Africaine qui s’est tenue au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement à Nairobi au Kenya, le 2 septembre 2014.

Cette réunion qui est la première de son genre avait pour objectif d’encourager la mise en place de processus flexibles orientés vers l’action, en vue du partage du renseignement et de la promotion de la coopé ration sécuritaire au niveau régional, en s’appuyant sur les succès et les enseignements tirés des expériences de l’Unité et de Fusion et de Liaison, du Processus de Nouakchott sur le renforcement de la coopération sé curitaire et l’opérationnalisation de l’architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) dans la région sahélo-saharienne et l’initiative de coopération régionale pour l’élimination de l’Armée de Résistance du Seigneur (RCI-LRA) .

Durant ces deux jours d’intenses travaux, les participants ont aussi examiné la situation en matière de sécurité dans la région, et ont analysé les menaces qui pèsent sur la région ainsi que les vulnérabilités qui rendent la région attrayante pour le terrorisme et la criminalité transnationale. A cet égard, les participants ont partagé leur analyse de la situation, leurs expériences nationales er les mécanismes mis en place pour lutter contre le terrorisme et les autres défis en matière de sé curité dans la région.

Lors de la clôture de ces travaux, le commissaire de la paix et de la sécurité de l’Union Africaine Ismael Chergui, a reconnu la nécessité de joindre les efforts de toutes les parties prenantes pour lutter contre le terrorisme et la radicalisation des jeunes.

Par ailleurs, M Chergui, a mis l’accent sur la proximité géographique avec le Yémen, en proie à une montée en puissance de mouvances radicalistes et de la présence d’Al Qaida.

Selon lui, le « Processus de Djibouti », qui tout comme le Processus de Nouakchott, tend à renforcer la coopération en matière de sécurité des pays de cette partie de l’Afrique de l’Est.

Le ministre djiboutien de l’Intérieur, Hassan Omar, a de son coté dé claré que cette rencontre était l’occasion de faire le bilan des efforts entrepris au niveau des pays membres pour le renforcement de la coopé ration sécuritaire tout en mettant en lumière les besoins existants en termes de renforcement des capacités de nos services.

Il a par la suite rappelé les nombreuses menaces présentes dans cette partie de l’Afrique, à savoir le terrorisme, les activités criminelles, la criminalité transnationale. « Ces menaces que font peser les groupuscules terroristes et autres nébuleuses extrémistes sur nos pays respectifs né cessitent de notre part une vigilance accrue et une détermination sans faille », a-t-il dit.

 Source : Xinhua.

Selon lui, les ennemis communs sont bien organisés et disposent d’une redoutable capacité de nuisance. « Ils entretiennent entre eux des liens é troits et leurs activités criminelles couvrent une large palette d’activité s notamment le trafic des drogues, des êtres humains, le blanchiment d’argent ainsi que le trafic illicite des armes ».

Le ministre a ajouté qu’il était du devoir de tous de développer une coopération sécuritaire approfondie au niveau régional entre les diffé rents services de renseignement et de sécurité.

L’Ouganda a été choisi pour abriter la prochaine réunion des chefs de services de renseignement et de sécurité des pays de la région de l’Afrique de l’est.

Le président sud-africainJacob Zuma, en 2011

Des documents révélant les échanges entre les services secrets sud-africains et leurs homologues étrangers et publiés depuis lundi par la chaîne Al-Jazeera et le quotidien britannique The Guardian, embarrassent le gouvernement sud africain.

C’est sans doute la fuite la plus importante au sein des services de renseignements sud-africains. Des centaines de documents diplomatiques secrets, datés de 2006 à 2014, comprenant des briefings détaillés et des analyses écrites par les agents des services secrets sud-africains ont été rendus publics par vagues, depuis lundi 23 février.

Leurs échanges avec la CIA, le MI6 britannique, le Mossad israélien, les renseignements russes, les agents iraniens, ainsi qu’avec des dizaines d’autres agences de renseignement en Asie, au Moyen-Orient ou en Afrique ont également été révélés.

L’Afrique du Sud annonce une “enquête approfondie”

Mercredi 25 janvier, soit deux jours après les premières révélations, David Mahlobo, ministre de la Sécurité d’État a « condamné dans les termes les plus forts » la fuite de ces documents et a annoncé le lancement d’une « enquête approfondie ».

Al-Jazeera et The Guardian ont eux annoncé qu’ils continueraient de publier petit à petit, les centaines de documents en leur possession.

Quelles sont les principales révélations impliquant les pays africains ?

  • Des menaces de morts contre la présidente de l’Union africaine juste après son élection

Comme l’explique Al-Jazeera, des espions éthiopiens auraient alerté l’Afrique du Sud de menaces d’assassinat à Adis-Abeba visant la présidente de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, juste après son élection à la tête de l’organisation en octobre 2012.

Les agents éthiopiens ont plus tard accusé le Soudan d’être impliqués dans ce projet d’assassinat de l’ex-ministre sud-africaine des Affaires étrangères.

  • Le Zimbabwe réclame des informations sur des ONG « voyous”

Les documents révèlent également le contenu de plusieurs protocoles d’accord d’échange d’informations entre l’Afrique du Sud et ses alliés, dont le Zimbabwe.

Les deux pays acceptent de coopérer pour surveiller les ONG et associations “voyous”, dont les “activités ont pour but de renverser l’ordre constitutionnel ».

Il est également fait mention d’un plan d’action pour « identifier et profiler les médias d’opposants ».

  • Le Rwanda veut convaincre l’Afrique du Sud de surveiller des dissidents

En 2012, lors de la rédaction d’une version de travail d’un protocole d’accord similaire, le Rwanda à cherché à convaincre Pretoria de surveiller ce qu’il appelle les “génocidaires en fuite” et les “négationnistes », en exil en Afrique du Sud.

Comme l’explique Al-Jazeera, le Rwanda suggère d’ajouter « poursuite des génocidaires/négationnistes » à la fin d’un paragraphe engageant les deux pays à “identifier et partager les informations » à propos des activités de contrebande, de blanchiment d’argent et de trafic de drogue.

La demande a été rejetée par Pretoria.

  • Quelques semaines avant les élections de 2011, le Cameroun demande des renseignements sur Pierre Mila Assouté

Pierre Mila Assouté l’un des principal opposant du président Paul Biya vivant en exil en France avait un temps annoncé se présenter à la dernière élection présidentielle d’octobre 2011, avant finalement d’y renoncer.

Un mois avant l’élection, les services secrets camerounais demandé à leurs homologues sud-africains de “confirmer ou d’infirmer”, un récent voyage de Mila Assouté en Afrique du Sud et si “le but de cette visite pouvait être établi”.

L’officier de liaison sud africain avait décliné cette demande, écrivant : “je ne pense pas que M.Pierre Mila Assouté ait commis une quelconque infraction qui justifierait que l’Afrique du Sud fournisse ces informations ».

  • Le MI6 a fait pression pour bloquer la vente d’équipements d’une entreprise sud-africaine à une compagnie iranienne

Une autre note révèle les pressions exercées sur l’Afrique du Sud par le MI6 britannique et d’autres « services alliés » pour bloquer une vente en Iran de matériel suspecté de permettre de produire des missiles balistiques à tête nucléaire entre fin 2007 et début 2009.

  • La couverture des services iraniens en Afrique du Sud

Une autre note de janvier 2010 détaille les couvertures ou activités des services iraniens de l’époque: maison d’édition, fondation promouvant le chiisme, importateurs de tapis, chambre d’hôte de Johannesburg et camp pour étudiants musulmans dans le Kwazulu-Natal, à l’est du pays.

Source : Jeune Afrique.

 
Steven Vandeput, ministre de la Défense, ce vendredi 27 février. ©Belga.

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput

Des djihadistes pourraient faire partie de groupes rebelles dans l’est de la République.

Des informations font état à Kinshasa de la présence possible de djihadistes parmi les combattants à l’est de la République démocratique du Congo, particulièrement dans la région de Beni, dans le nord de la province du Nord-Kivu, et la Belgique enverra dans ce contexte quatre instructeurs du renseignement militaire dans la capitale de la RDC, ont indiqué vendredi le ministre de la Défense, Steven Vandeput, et le chef de la diplomatie, Didier Reynders, à peine rentré de RDC.

Ces quatre instructeurs seront déployés durant deux périodes de trois semaines de la fin février à la fin mars 2015, afin de participer à la formation d’analystes, au profit du renseignement congolais, a expliqué Didier Reynders.

Renforcer l’échange d’informations

Il s’agit également d’une mission de collaboration avec les services congolais, l’objectif étant d’identifier la présence éventuelle de ces djihadistes – qui n’est pas confirmée – parmi des groupes situés dans l’est, guère loin du Soudan. On sait que des mouvances extrémistes islamistes circulent au Sahel et au Kenya. Il s’agit de veiller à «  renforcer l’échange d’informations  », a dit M. Reynders, qui s’est entretenu mercredi avec le président Joseph Kabila.

Source : Le Soir (Bruxelles).

Jürgen Elsässer

Silvia Cattori : Votre enquête sur les agissements des services secrets fait un constat effrayant. C’est ainsi que l’on découvre que depuis les années 80, les États-Unis ont investi des milliards de dollars pour financer des activités criminelles et que par le biais de la CIA, ils sont directement impliqués dans des attentats que l’on attribue à des musulmans. Quel est l’apport de votre livre ?

Jurgen Elsässer : C’est le seul ouvrage qui établit le lien entre les guerres dans les Balkans des années 90 et les attentats du 11 septembre 2001. Tous les grands attentats, à New York, à Londres, à Madrid, n’auraient jamais eu lieu sans le recrutement par les services secrets américains et britanniques de ces djihadistes à qui l’on attribue les attentats. Sur les manipulations des services, j’apporte un nouvel éclairage. D’autres livres que le mien ont fait état de la présence d’Oussama Ben Laden dans les Balkans. Mais leurs auteurs ont présenté ces combattants musulmans présents dans les Balkans, comme des ennemis de l’Occident. Les informations que j’ai collectées à de multiples sources, démontrent que ces djihadistes sont des marionnettes entre les mains de l’Occident et non pas, comme on le prétend, des ennemis.

Silvia Cattori : Dans le cas de la guerre des Balkans, les manipulations d’États sont clairement désignées dans votre livre. Les États-Unis ont soutenu Ben Laden qui avait pour travail de former les Moudjahidines. Nul ne peut donc plus ignorer que ces attentats qui glacent l’opinion n’auraient jamais existé si les « terroristes » n’avaient pas été entraînés et financés par les services secrets occidentaux ?

Jürgen Elsässer : Oui, en effet, c’est le résultat de faits que l’on peut observer. Mais on ne peut pas dire que l’intervention des pays occidentaux en ex-Yougoslavie avait pour objectif de préparer les attentats du 11 septembre. Pour être précis : ces attentats sont une conséquence de la politique occidentale des années 90 car l’OTAN a mis en place ces djihadistes dans les Balkans et a collaboré avec eux. Les militants musulmans qui ont été désignés comme responsables des attentats du 11 septembre ont fait partie de ce réseau.

Silvia Cattori : Selon vous, quel était l’intérêt des États-Unis et de l’Allemagne à dresser les peuples des Balkans les uns contre les autres ?

Jürgen Elsässer : L’Occident avait un intérêt commun à détruire la Yougoslavie, à la démembrer, parce que, après la fin du bloc soviétique, elle aurait été un modèle de combinaison intelligente entre éléments capitalistes et socialistes. Mais l’Occident voulait imposer le modèle néolibéral à tous les pays.

Silvia Cattori : L’Europe ne s’est-elle pas imprudemment engagée dans une guerre manipulée par les néoconservateurs ?

Jürgen Elsässer : C’est difficile à dire. Je crois que, dans les années 90, la politique des États-Unis, était inspirée par leur victoire contre les Soviétiques en Afghanistan. C’était le modèle qu’ils voulaient appliquer aux Balkans. Si, ces années-là, l’économie des États-Unis n’était pas tombée dans la dépression, peut-être que des politiciens plus réalistes, comme Kissinger, auraient pu garder le contrôle de la politique américaine. Je pense que la coïncidence entre la dépression économique et l’agressivité de l’école néoconservatrice a déterminé ce qui s’est passé.

Silvia Cattori : Pensez-vous qu’un dirigeant comme Blair, par exemple, une fois embarqué dans les projets des néoconservateurs, à un certain point, il en est devenu l’otage ?

Jürgen Elsässer : Je ne connais pas assez bien la position de Blair. C’est plus facile de voir ce qui se passe aux États-Unis. On peut voir que Bush est l’otage de son entourage. Et, comme il n’est pas très intelligent, il n’est pas en mesure de prendre les décisions et doit suivre les idées de son entourage. Il est clair que son père était contre l’attaque contre l’Irak en 2003.

Silvia Cattori : La première guerre du Golfe ne faisait-elle pas partie d’un plan visant à déclencher d’autres guerres par la suite ?

Jürgen Elsässer : Non, il n’y a pas eu de lien avec la guerre en Irak en 1991. Il y a eu deux phases. Jusqu’à la fin de la période Clinton, la politique des États-Unis était impérialiste, mais en même temps pragmatique. Ils ont chassé les Soviétiques hors d’Afghanistan. Ils ont vaincu l’Irak en 1991. Leur guerre s’est arrêtée une fois le Koweït libéré. Ensuite ils ont attaqué la Bosnie et la Yougoslavie ; mais cela s’est produit étape par étape. Tout est allé hors de contrôle après le 11 septembre.

Silvia Cattori : Les néoconservateurs n’y sont pour rien ?

Jürgen Elsässer : Les néoconservateurs, groupés autour de Perle, avaient rédigé un document, un an avant le 11 septembre, selon lequel l’Amérique avait besoin d’un évènement catalyseur comme l’attaque de Pearl Harbour. Le 11 septembre fut cet évènement catalyseur. Je crois que les gens autour de Perle ont souhaité les attentats du 11 septembre.

Silvia Cattori : Quel était l’objectif poursuivi par les États-Unis en attaquant la Serbie ? S’agissait-il simplement, comme l’indique votre livre, de s’installer dans une région stratégique située sur une voie de transit pour le pétrole et le gaz d’Asie centrale ? Ou l’alliance des États-Unis avec les combattants musulmans dirigés par Izetbegovic, avait-elle un second objectif : créer un foyer d’extrémisme musulman aux portes de l’Europe pour s’en servir dans le cadre de manipulations terroristes ? Et, si oui, dans quel but ?

Jürgen Elsässer : Les États-Unis voulaient, comme l’Autriche à la fin du 19ème siècle en Bosnie, créer un Islam « européen » pour affaiblir les états islamiques au Moyen-Orient, c’est-à-dire, à cette époque, l’Empire Ottoman, aujourd’hui l’Iran et les états arabes. Les néoconservateurs avaient encore d’autres plans : construire un réseau clandestin de marionnettes « fondamentalistes » pour faire le sale travail contre la « vieille » Europe.

Silvia Cattori : Résultat, une guerre civile terrible. Comment l’Europe a-t-elle pu participer à la destruction de la Yougoslavie, qui apparaissait comme un exemple de cohabitation parfaitement réussie entre ethnies ? En faisant des Serbes les coupables, l’Europe n’a-t-elle pas fait voler en éclat un pays qui était une des constructions majeures de l’après-guerre. Sur quelle légitimité l’Europe fondait-elle son intervention ?

Jürgen Elsässer : D’abord, au début des années 90, l’Allemagne a mené l’attaque en se basant sur les principes de l’auto-détermination « ethnique » : c’est-à-dire la vieille ruse d’Hitler contre la Tchécoslovaquie et la Pologne en 1938/39. Ensuite, les États-Unis, ont pris le relais et ont fait l’éloge des « droits de l’homme », une escroquerie évidente.

Silvia Cattori : Dans votre enquête, Israël n’est jamais mentionné. N’avez-vous pas minimisé l’importance des néoconservateurs pro-israéliens qui, à l’intérieur du Pentagone, serviraient davantage les intérêts d’Israël que ceux des États-Unis ?

Jürgen Elsässer : Il y a des Israéliens qui ont collaboré avec les néoconservateurs, c’est un fait. Mais je ne suis pas sûr du rôle joué par Israël dans cette affaire. Sharon était contre le soutien des Albanais du Kossovo par l’OTAN. Et, en 1998, il a exprimé sa crainte à l’idée que l’OTAN soutienne la mise en place d’éléments pro-islamiques dans les Balkans. Je crois également qu’il n’était pas favorable à cette guerre l’année suivante.

Silvia Cattori : Vous ne voyez pas non plus de lien entre les services secrets israéliens et les attentats du 11 septembre 2001 ?

Jürgen Elsässer : Il y a des liens, mais je n’ai pas analysé le caractère de ces liens. Par exemple, immédiatement après le 11 septembre, un certain nombre d’agents israéliens ont été arrêtés aux États-Unis. Ils étaient présents sur les lieux où se préparaient les attentats. Il y a des analystes qui disent que c’est là une preuve qu’Israël était directement impliqué dans ces attentats. Mais cela pourrait également signifier autre chose. Il se pourrait que ces agents observaient ce qui se passait, qu’ils étaient au courant que les services secrets américains soutenaient ces « terroristes » dans la préparation de ces attentats, mais qu’ils garderaient leur savoir pour s’en servir au moment opportun, et pouvoir exercer un chantage le moment venu : « Si vous ne soutenez pas davantage Israël, nous allons livrer ces informations aux médias ». Il y a même une troisième possibilité, à savoir que ces espions israéliens voulaient prévenir les attaques mais ont échoué. En ce moment, nous savons seulement que ces types étaient sur place et qu’ils ont été arrêtés. Des investigations supplémentaires sont nécessaires.

Silvia Cattori : Ces liens mettent-ils en évidence que les attentats du 11 septembre 2001 faisaient partie d’un plan conçu de longue date ?

Jürgen Elsässer : Je ne suis pas certain qu’il y avait un plan établi de longue date. Il se peut que des gens comme Richard Perle improvisent beaucoup et se servent d’éléments criminels qu’ils ont mis en place mais qu’ils ne contrôlent pas en permanence. Comme, lors de l’assassinat de Kennedy, il est clair que la CIA était impliquée, mais on ne sait pas si cela avait été planifié au sommet, à Langley [le quartier général de la CIA], ou si ce sont les milieux les plus violents des exilés cubains travaillant pour la CIA qui l’on fait, le quartier général de la CIA se bornant à le tolérer.

Silvia Cattori : Si, demain, ces personnages regroupés autour de Perle étaient mis à l’écart, la stratégie de guerre antimusulmane des États-Unis et les manipulations qui la justifient, s’arrêteraient-elles ?

Jürgen Elsässer : Elle s’arrête quand ils perdent une guerre.

Silvia Cattori : La guerre, ne l’ont-ils pas perdue en Irak ?

Jürgen Elsässer : La guerre ne sera perdue que quand ils quitteront le pays, comme au Vietnam.

Silvia Cattori : Ces musulmans qui, comme Mohammed Atta, étaient des citoyens ordinaires avant d’être enrôlés par la CIA, comment ont-ils pu être conduits à des actions aussi terrifiantes, sans savoir qu’ils étaient manipulés par les agents secrets du camp opposé ?

Jürgen Elsässer : Il y a des jeunes qui peuvent être fanatisés et manipulés très facilement par des services. Les personnages haut placés n’ignorent pas ce qui se passe et savent par qui ils sont engagés.

Silvia Cattori : Ben Laden, par exemple, savait-il qu’il servait les intérêts des États-Unis ?

Jürgen Elsässer : Je n’ai pas étudié son cas. J’ai étudié le cas d’Al Zawahiri, le bras droit de Ben Laden, qui était le chef des opérations dans les Balkans. Au début des années 90, il a voyagé tout au travers des États-Unis avec un agent de l’US-Special Command pour collecter de l’argent pour le Djihad ; cet homme savait qu’il participait à cette collecte d’argent dans une activité qui était appuyée par les États-Unis.

Silvia Cattori : Tout cela est très inquiétant. Vous apportez la preuve que les attentats qui se sont produits depuis 1996 (les attentats dans le métro de Paris), n’auraient jamais été possibles si la guerre dans les Balkans n’avait pas eu lieu. Et ces attentats qui ont fait des milliers de victimes vous les imputez à des services occidentaux. L’opinion en Occident a donc été trompée par des gouvernements embarqués dans des actions terroristes ?

Jürgen Elsässer : Le réseau terroriste que les services secrets américains et britanniques ont formé durant la guerre civile en Bosnie et plus tard au Kossovo, a fourni un réservoir de militants que l’on a ensuite retrouvés impliqué dans les attentats de New York, Madrid, Londres.

Silvia Cattori : Comment cela s’est-il passé concrètement ?

Jürgen Elsässer : Une fois la guerre en Afghanistan finie, Oussama Ben Laden a recruté ces militants djhadistes. C’était son travail. C’est lui qui les a entraînés, partiellement avec le soutien de la CIA, et qui les a mis en place en Bosnie. Les Américains ont toléré la connexion qu’il y avait entre le Président Izetbegovic et Ben Laden. Deux années plus tard, en 1994, les Américains ont commencé à envoyer des armes, dans une opération clandestine commune avec l’Iran. Après le traité de Dayton, en novembre 1995, la CIA et le Pentagone ont recruté les meilleurs des djihadistes qui avaient combattu en Bosnie.

Silvia Cattori : Comment cela se fait-il que ces musulmans se soient mis entre les mains de services qui servaient des intérêts idéologiques opposés aux leurs ?

Jürgen Elsässer : J’ai analysé les témoignages donnés par quelques djihadistes interrogés par les juges allemands. Ils ont dit qu’après le traité de Dayton, qui stipulait que tous les ex-combattants étrangers devaient quitter le pays, ils n’avaient plus d’argent et nulle part où aller. Quant à ceux qui pouvaient rester en Bosnie, parce qu’on leur avait fourni des passeports bosniaques, ils étaient eux aussi sans travail et sans argent. Le jour où des recruteurs sont venus sonner à leur porte et leur ont proposé 3000 dollars par mois, pour servir dans l’armée bosniaque, ils ne savaient pas qu’ils étaient recrutés et payés par des émissaires de la CIA pour servir les États-Unis.

Silvia Cattori : Par la suite, quand on les a envoyés préparer des attentats à Londres en juillet 2005, par exemple, ne se sont-ils pas rendus compte qu’ils étaient entre les mains d’agents secrets occidentaux qui les manipulaient ?

Jürgen Elsässer : Il n’est pas clair que ce soient réellement des jeunes musulmans issus de la banlieue de Londres qui aient commis les attentats, comme la police l’a prétendu. Il y a d’autres indices selon lesquels les bombes étaient fixées sous les rames. Il est aussi possible que des bombes aient été fixées sous les rames sans que ces jeunes le sachent. Dans ce cas là, il n’est pas sûr que les jeunes musulmans que l’enquête a incriminés, aient commis ces attentats.

Silvia Cattori : On peine à cerner le but que poursuivent les États occidentaux en engageant leurs services dans des manipulations criminelles ?

Jürgen Elsässer : Ce n’est pas facile à dire. Souvenez-vous de l’assassinat de Kennedy. Qui a fait cela ? C’est sûr que ce sont des gens de la CIA qui ont soutenu le deuxième tueur, c’est sûr qu’Oswald a été assassiné par un homme qui avait été mandaté par la CIA. Ce qui n’est pas clair, c’est si ces hommes recrutés par la CIA ont agi sur ordre de Johnson ou de Dulles, ou s’ils étaient liés à des milieux d’exilés cubains extrémistes, c’est-à-dire affiliés à la maffia. Je ne crois pas que Bush ou Blair soient les chefs. Je ne crois pas en la théorie de la grande conspiration. Je crois que les services secrets engagent des hommes à qui l’on ordonne d’exécuter les affaires sales ; ces agents agissent comme ils veulent. Peut-être savez-vous que le 11 septembre 2001, quelqu’un a essayé de tuer Bush. Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est difficile à expliquer.

Silvia Cattori : Vous voulez dire que Bush, par exemple, est lui-même otage de gens qui, à l’intérieur du Pentagone, forment un État dans l’État qui échappe également au commandement de l’armée américaine ?

Jürgen Elsässer : Oui. Bush est stupide. Il n’est qu’un instrument entre les mains d’autres personnes.

Silvia Cattori : Vous pensez à des gens qui sont sous l’influence directe de personnages comme Perle, Wolfowitz, Feith ? Vous pensez que ce serait eux qui, après la guerre des Balkans, auraient été les véritables commanditaires de ces attentats et que ces attentats ne sont pas séparés les uns des autres, qu’il y a un lien entre Madrid et Londres ? Cela veut-il dire que les États-uniens sont prêts à s’allier avec le diable pour semer le chaos partout dans le cadre de cette guerre antimusulmane, anti-arabe menées sous prétexte de terrorisme ? Un terrorisme fabriqué ?

Jürgen Elsässer : Oui, il y a un double gouvernement qui échappe au contrôle de Bush. Ce sont des néoconservateurs, comme Cheney, Rumsfeld, Wolfowitz, Perle, des gens liés au pétrole et aux industries militaires. Le chaos global est dans l’intérêt de l’industrie militaire : quand il y a le chaos dans le monde entier, on peut vendre des armes et le pétrole plus cher.

Silvia Cattori : Youssef Asckar a très bien décrit cet État dans l’État auquel vous donnez crédit. Israël n’est-il pas le premier pays intéressé par cette stratégie du chaos, donc par la manipulation des attentats terroristes ? La propagande du lobby pro-israélien ne tend-t-elle pas à faire croire qu’Israël est menacé par des Arabes fanatisés ?

Jürgen Elsässer : Ce n’est pas certain que cette stratégie puisse servir les intérêts d’Israël car, si les choses continuent de la sorte, tout le Proche-Orient sera en flammes, y compris Israël. On s’est servi du même procédé durant la guerre en Bosnie. Pour diaboliser les Serbes, les médias de l’Ouest ont inventé les histoires de camps de concentration et fait des montages photographiques pour comparer les Serbes à des nazis. Cette propagande visait à gagner l’opinion à la guerre contre la Serbie mais, en ce qui concerne les États-Unis, elle n’était pas forcément alimentée par le lobby juif mais par des stratèges chrétiens et athées. Ces stratèges jouent la carte « juive ». C’est ma thèse. On voit cela actuellement avec la propagande contre l’Iran ; les stratèges de la guerre jouent la carte « juive » pour impressionner les gens qui ont plus de morale que d’intelligence.

Silvia Cattori : Les manipulations récentes viennent confirmer, en partie, votre thèse : au même moment où les États-Unis voulaient faire passer au Conseil de Sécurité des sanctions contre l’Iran, un journal canadien a écrit que l’Iran voulait contraindre les juifs iraniens à porter l’équivalent d’une étoile jaune [2]]]. Mais je me référais à ces personnalités ouvertement pro-israéliennes qui, en France par exemple, jouent un rôle important dans la formation de l’opinion car elles occupent des positions médiatiques stratégiques, et dont le parti pris communautaire les conduits toujours à appuyer la politique d’Israël et des États-Unis, peut importe si elle est criminelle. Souvenez-vous du soutien actif apporté à Izetbegovic en Bosnie par Bernard-Henri Lévy et Bernard Kouchner. Une fois la Serbie à genoux, ils ont tout de suite dirigé leur propagande contre les Arabes et les musulmans ; il s’agissait cette fois de mobiliser l’opinion en faveur de la « guerre des civilisations ». Quand ils ont parlé de « camps de concentration » pour associer les Serbes à Hitler, n’ont-ils pas participé aux manipulations de l’OTAN ?

Jürgen Elsässer : Nous avons assisté au même phénomène en Allemagne. Les journalistes juifs qui soutenaient la guerre contre la Yougoslavie avaient accès aux plateaux télévisés. Mais les journalistes qui étaient contre, qu’ils fussent de confession juive ou pas, ont été écartés du débat. Je pense que les médias et les politiques se servent des voix juives pour des enjeux géostratégiques.

Silvia Cattori : Si, comme vous le dites, ce qui s’est passé dans les Balkans n’était que la répétition de ce qui s’était passé en Afghanistan, ce qui a succédé faisait donc partie du même processus. Pensez-vous que nos autorités connaissent les risques des guerres provoquées par leurs services secrets ?

Jürgen Elsässer : Mon espoir est qu’il y ait une réaction de la part des militaires aux États-Unis. Il y a parmi eux des gens qui savent très bien que toutes ces guerres ne sont pas intelligentes. Ils savent que les États-Unis vont perdre cette guerre. Dans l’armée américaine, ils sont impérialistes mais ils ne sont pas fous, ils ne sont pas d’accord avec ce qui se passe. Mais les néoconservateurs sont fous, ils veulent faire la Troisième Guerre mondiale contre tous les Arabes et tous les musulmans, comme Hitler qui voulait tuer tous les juifs et attaquer tous les autres pays ; les généraux allemands avaient averti Hitler de ce qu’il risquait.

Silvia Cattori : Votre espoir est qu’un changement survienne de manière inattendue ?

Jürgen Elsässer : Pour arrêter cette folie, je ne vois de possibilité de changement que parmi des forces qui sont, elles, restées rationnelles. Le commandement supérieur de l’armée américaine a écrit une lettre à Bush pour dire qu’il ne veut pas participer à une attaque contre l’Iran avec une arme nucléaire. Peut-être que Bush attaquera ; mais les conséquences seraient plus graves que dans le cas d’Irak. Il s’est passé la même chose avec les nazis : ils attaquent, ils attaquent, et un jour il y a Stalingrad et le début de la défaite. Mais cette aventure a coûté la vie de 60 millions d’êtres humains.

Silvia Cattori : Est-ce bien là ce qui a motivé votre effort en écrivant ce livre : alerter les consciences afin d’éviter de nouveaux désastres et de nouvelles souffrances ? D’autant qu’après l’Irak ce serait au tour de l’Iran ?

Jürgen Elsässer : Oui. Mais des personnages comme Bush se fichent de tout cela. Je ne suis pas totalement pessimiste sur l’Iran : on pourrait voir une répétition de l’axe Paris, Berlin, Moscou. Notre chancelière, qui est normalement une marionnette des États-Unis, a offert une coopération stratégique à la Russie, car l’Allemagne dépend entièrement du pétrole et du gaz russe. C’est un argument fort. Les Allemands sont des impérialistes, mais ils ne sont pas fous.

Silvia Cattori : Dans les Balkans n’est-ce pas l’Allemagne qui a ouvert la porte à la guerre ?

Jürgen Elsässer : Oui, c’est vrai. Mais, aujourd’hui, vous voyez que Joschka Fischer et Madeleine Albright ont envoyé une lettre ouverte à Bush pour lui dire de ne pas attaquer l’Iran. Mme Albright a précisé que l’on ne peut pas attaquer tous les gens que l’on n’aime pas. C’est rationnel.

Silvia Cattori : Avez-vous pu recueillir ces éléments qui illustrent les agissements des services secrets parce que, aujourd’hui, inquiets de l’évolution de la politique internationale, des gens commencent à parler ?

Jürgen Elsässer : Oui. Je me suis beaucoup appuyé sur les informations de gens qui travaillent au sein de « la bête ».

Silvia Cattori : Partout dans le monde ?

Jürgen Elsässer : Je peux seulement vous dire que ce sont des gens en Europe de l’Ouest. Ce sont des gens qui n’ont pas cessé d’utiliser leur tête.

Silvia Cattori : Pour avoir la preuve des manipulations qui ont entouré l’« Incident du Golfe du Tonkin », incident qui a permis aux États-Unis de déclencher la guerre contre le peuple vietnamien, il a fallu attendre longtemps. Les choses ont-elles donc changé aujourd’hui ce qui permettrait de riposter à temps ?

Jürgen Elsässer : Il y a une grande différence entre la situation des années 60 et celle d’aujourd’hui. En République fédérale d’Allemagne, par exemple, on était à cette époque en faveur de la guerre contre les communistes au Vietnam. La version officielle qui disait notre république en danger d’être attaquée par les communistes était partagée par une grande partie de l’opinion. Ce qui a changé c’est, qu’aujourd’hui, la majorité de la population est contre la guerre, sans discussion.

Silvia Cattori : Vous soulignez à juste titre le caractère religieux extrémiste de la Bosnie-Herzégovine sous Izetbegovic mais, alors que vous doutez du soutien d’Israël à cette espèce d’ébauche de l’émirat des Taliban, ne surévaluez-vous pas le rôle de l’Iran et de l’Arabie saoudite ? Richard Perle était le principal conseiller politique d’Izetbegovic. Les Iraniens et les Saoudiens n’ont-ils pas fait de la surenchère islamique en espérant prendre le contrôle d’un régime musulman qui ne tenait ses ordres que de Tel-Aviv et Washington. En fait, Izetbegovic n’était-il pas un agent d’Israël ?

Jürgen Elsässer : Le Mossad a aidé les Serbes bosniaques, ils leur ont même fourni des armes. Il n’y a rien qui indique que le gouvernement israélien ait aidé Izetbegovic. Il a été soutenu par les Américains, et Clinton s’appuyait sur le lobby sioniste aux États-Unis, mais ce lobby n’avait pas le soutien du gouvernement israélien pendant la guerre de Bosnie.

Silvia Cattori : En ce qui concerne certaines de vos sources, peut-on accorder crédit aux assertions de Yossef Bodanski, directeur de Groupe de travail sur le terrorisme et la guerre non conventionnelle près du Sénat américain ?

Jürgen Elsässer : Je ne fais confiance à personne. On prétend que Bodansky a des liens avec des sources du Mossad et cela rend nombre de ses conclusions suspectes. D’un autre côté il porte à notre connaissance beaucoup de faits intéressants qui contredisent la propagande officielle. Dans mon livre, je montre les contradictions au sein des élites dominantes des États-Unis et, à cet égard, Bodansky, est très intéressant.

Silvia Cattori : Il est dit dans votre livre : « Le terrorisme existe au Kossovo et Macédoine, mais dans sa majorité, il n’est pas contrôlé par Ben Laden mais par les services secrets US ». Doutez-vous de l’existence d’Al Qaeda ?

Jürgen Elsässer : Oui, comme je l’ai écrit dans mon livre, c’est de la propagande fabriquée par l’Occident.

Silvia Cattori : On a un peu l’impression que, pour aller au bout de sa logique, votre enquête n’est pas terminée. Certes, la Yougoslavie a été un laboratoire de la fabrication des réseaux islamistes, et votre livre montre bien que ces réseaux servent les intérêts des États-Unis. Pourtant, vous semblez croire en l’existence de réseaux islamistes internationaux qui auraient une base populaire dans le monde musulman, alors qu’en même temps votre recherche démontre que ces réseaux ne sont que des mercenaires des États-Unis et qu’ils n’ont jamais rien fait pour les musulmans ?

Jürgen Elsässer : Regardez l’exemple du Hamas : au début des années 80 il a été fomenté par le Mossad pour contrer l’influence de l’OLP. Mais par la suite, le Hamas a développé sa propre base populaire et, maintenant, il fait partie de la résistance. Mais je parie qu’il y a encore des agents étrangers à l’intérieur du Hamas.

Silvia Cattori : Vous avez mentionné que les inspecteurs des Nations-Unies sont infiltrés d’espions par les États-Unis. Pourrions-nous avoir des précisions ?

Jürgen Elsässer : Certains casques bleus de l’UNPROFOR en Bosnie ont transporté des armes à destinations des Moudjahidines.

Silvia Cattori : Quand Peter Handke affirme que les Serbes ne sont pas les seuls coupables, qu’ils sont les victimes de la guerre des Balkans on le proscrit. Qui a raison dans cette affaire ?

Jürgen Elsässer : De tous les côtés – Serbes, Croates, Musulmans – les gens ordinaires ont tous perdu. Les Musulmans ont gagné la guerre en Bosnie avec l’aide de Ben Laden et de Clinton mais, maintenant, leur pays est occupé par l’OTAN. Ils ont aujourd’hui moins d’indépendance qu’au temps de la Yougoslavie.

Silvia Cattori : Comment votre recherche se situe par rapport à celle d’Andreas Von Bülow et Thierry Meyssan ?

Jurgen Elsässer : Nous partageons la même opinion sur les évènements du 11 septembre 2001 : nous pensons que la version officielle n’est pas vraie. Toutes ces recherches combinées sont très utiles pour pouvoir continuer d’approfondir la réalité des faits. Ma spécialité, est d’avoir fait le lien entre les guerres des Balkans et le 11 septembre, tandis que Thierry Meyssan a analysé l’attaque sur le Pentagone pour démontrer qu’elle était due à un missile et pas à un avion, et que Von Bülow, lui, est arrivé à la conclusion que les avions étaient guidés par une balise.

Silvia Cattori : Pour avoir remis en questions la vérité officielle, Thierry Meyssan a subi le discrédit et le blocage des médias. Allez-vous échapper à cela ?

Jürgen Elsässer : Il y a aussi un blocage contre mon livre. Il n’est pas possible pour un seul auteur de casser ce blocage. Toutefois, cela ne peut empêcher nos thèses de faire leur chemin. Le public n’est pas d’accord avec ce que disent les médias : malgré leur blocage 35 à 40 % des gens ne croient pas ce que les médias leur disent. Il y a l’exemple de l’assassinat de Kennedy : aujourd’hui, 90 % des gens ne croient pas en la version officielle et pensent que l’assassinat de Kennedy était une action de la CIA.

Silvia Cattori : Mettre à jour les manipulations des États, qui se servent de leurs services de sécurité de manière criminelle, ne doit pas être sans danger ?

Jürgen Elsässer : Je crois que le danger vient seulement quand on vend plus de 100 000 livres. En Allemagne, en onze mois, mon livre n’a été vendu qu’à 6 000 exemplaires.

Source : Réseau Voltaire (Genève).

Pourquoi l'Iran espionne-t-il le Maroc ?Le Maroc ferait partie des rares pays africains espionnés par l’Iran, révèle le quotidien britannique The Guardian. Des agents du contre-espionnage sud-africains ont surveillé pendant plus de quatre ans l’activité des Iraniens au Maroc sur demande des services secrets américains, britanniques et le Mossad israélien.

L’intérêt porté par l’Iran à des pays africains comme le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, la Tanzanie et le Niger, est justifié par la présence d’une minorité chiite dans ces pays, explique la même source.

Les agents du service de contre-espionnage d’Afrique du Sud « National Intelligence Agency » (NIA), dont les câbles datant de 2006 à 2014, espionnaient au cours de cette période les activités des Iraniens dans plusieurs pays à travers le monde, dont le Maroc.

Le plus curieux, c’est que ces documents ont été divulgués peu de temps avant le rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Iran, qui étaient rompues depuis 2009.

L’intérêt porté par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et Israël à l’Iran, s’inscrit dans le cadre de la guerre secrète livrée par l’Amérique contre ce pays, pour renforcer les sanctions sur l’Iran à cause de son programme nucléaire, d’après la même source.

Les Etats-Unis veulent entraver les progrès nucléaires de la république islamique et lui bloquer l’accès aux ressources minérales africaines rares. Téhéran maintient sa position et affirme qu’elle veut utiliser l’énergie nucléaire uniquement à des fins civiles.

Source : bladi.net.