Articles Tagués ‘Terrorisme’

Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) renforce ses effectifs dans les cantons, a appris mercredi la RTS. Vingt postes supplémentaires seront créés pour lutter contre le djihadisme.

En janvier dernier, le Conseil fédéral a décidé de créer six postes supplémentaires dans les bureaux du SRC à Berne et d’allouer deux millions de francs aux cantons pour la lutte contre le terrorisme, sans préciser à quoi servirait exactement ce montant. On sait aujourd’hui qu’il permettra d’engager 20 équivalents plein temps.

La plupart des cantons ont déjà des policiers spécialisés dans le renseignement, qui travaillent aussi pour le compte de la Confédération (5 dans le canton de Vaud, une douzaine à Berne par exemple). Les 20 agents supplémentaires s’occuperont  principalement de lutte préventive contre le terrorisme et plus spécifiquement de  renseignement sur le djihadisme.

Cantons pas tous à la même enseigne

La clé de répartition, confidentielle, a été présentée à tous les commandants de police. Elle réjouit les uns et fâche les autres, car les moyens iront là où ils sont vraiment nécessaires – en fonction des forces déjà présentes et selon le volume d’information provenant des cantons.

Selon les informations de la RTS, Vaud et Fribourg engageront deux agents supplémentaires chacun grâce à la manne fédérale. Berne en aura un de plus.

Le Valais négocie encore avec le SRC pour obtenir un poste supplémentaire. La discussion est toujours en cours également côté genevois.

Source : RTS.ch.

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Le gouvernement avait promis en décembre 2010 de... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Plus de quatre ans après l’avoir promis, le gouvernement fédéral cherche toujours comment resserrer la surveillance externe et indépendante des agences de renseignement au pays.

Le gouvernement de Stephen Harper, qui vient de déposer un nouveau projet de loi antiterroriste accordant plus de pouvoirs aux agences de renseignement, promettait en décembre 2010 de permettre une analyse en profondeur des activités entourant la sécurité nationale qui impliquent différents ministères et agences gouvernementales. On voulait alors éliminer les obstacles qui empêchent les organismes de surveillance de communiquer entre eux.

Les conservateurs s’étaient aussi engagés à mettre en place un mécanisme interne pour s’assurer que ces organismes soient tenus de rendre des comptes, et qu’ils respectent les lois du pays ainsi que les politiques guidant le partage d’informations en matière de sécurité nationale. Le gouvernement Harper avait pris ces engagements en réponse au rapport de la commission fédérale d’enquête sur l’attentat à la bombe contre un appareil d’Air India, en 1985, qui avait fait 329 morts, la plupart des Canadiens.

Une porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Josée Sirois, a admis mercredi en entrevue que le gouvernement examinait toujours divers scénarios pour garantir la bonne conduite des échanges d’informations entre les différents organismes de surveillance des agences responsables de la sécurité nationale. Mme Sirois n’a pas pu, non plus, prédire à quel moment de tels mécanismes seraient mis en place.

«Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance d’une surveillance indépendante, afin de maintenir la confiance des Canadiens face aux activités de sécurité nationale», a-t-elle dit. «Je n’ai pas d’autres détails sur l’échéancier.»

Les partis d’opposition aux Communes déplorent que le gouvernement n’ait pas prévu, dans son projet de loi antiterroriste, un resserrement de la surveillance des agences de renseignement.

Ce projet de loi prévoit aussi un partage plus fluide des informations entre les différentes agences fédérales mêlées de près ou de loin à la sécurité publique et nationale. Ainsi, un agent du bureau des passeports pourrait partager avec le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) des informations sur un individu soupçonné de terrorisme.

Mais pendant que s’accroissent les échanges entre les différentes agences, les cloisons entre les organismes qui surveillent ces agences demeurent, elles, aussi étanches. Des acteurs bien informés de la situation ont pourtant réclamé par le passé plus de communications entre les organismes: Chuck Strahl, ancien directeur du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, qui a le SCRS à l’oeil, et Robert Décary, qui a déjà présidé le comité chargé de surveiller les activités du Centre de la sécurité des télécommunications Canada (les services d’espionnage électronique), ont tous les deux appelé de leurs voeux de tels changements.

Il y a deux ans, Chuck Strahl avait déploré, dans le rapport du comité de surveillance, que les différents ministères et agences gouvernementales n’avaient pas communiqué adéquatement entre eux dans le cas d’Abousfian Abdelrazik, un Montréalais qui avait croupi dans une prison au Soudan.

De même, en 2006, le juge Dennis O’Connor, qui s’est penché sur le cas de Maher Arar, emprisonné et torturé en Syrie en 2002-2003, concluait que les organismes chargés de surveiller les activités liées à la sécurité nationale devraient pouvoir échanger des renseignements et mener des enquêtes conjointes. Il recommandait aussi la création d’un comité de liaison regroupant les responsables des divers organismes de surveillance des activités liées à la sécurité nationale.

Le juge O’Connor suggérait aussi que des organismes indépendants surveillent les activités du ministère des Affaires étrangères, de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et du Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (le «Canafe», chargé de la lutte au blanchiment d’argent et au financement des activités terroristes au Canada et à l’étranger).

Source : La Presse (Montréal).

 
Steven Vandeput, ministre de la Défense, ce vendredi 27 février. ©Belga.

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput

Des djihadistes pourraient faire partie de groupes rebelles dans l’est de la République.

Des informations font état à Kinshasa de la présence possible de djihadistes parmi les combattants à l’est de la République démocratique du Congo, particulièrement dans la région de Beni, dans le nord de la province du Nord-Kivu, et la Belgique enverra dans ce contexte quatre instructeurs du renseignement militaire dans la capitale de la RDC, ont indiqué vendredi le ministre de la Défense, Steven Vandeput, et le chef de la diplomatie, Didier Reynders, à peine rentré de RDC.

Ces quatre instructeurs seront déployés durant deux périodes de trois semaines de la fin février à la fin mars 2015, afin de participer à la formation d’analystes, au profit du renseignement congolais, a expliqué Didier Reynders.

Renforcer l’échange d’informations

Il s’agit également d’une mission de collaboration avec les services congolais, l’objectif étant d’identifier la présence éventuelle de ces djihadistes – qui n’est pas confirmée – parmi des groupes situés dans l’est, guère loin du Soudan. On sait que des mouvances extrémistes islamistes circulent au Sahel et au Kenya. Il s’agit de veiller à «  renforcer l’échange d’informations  », a dit M. Reynders, qui s’est entretenu mercredi avec le président Joseph Kabila.

Source : Le Soir (Bruxelles).

Face à l’État islamique, le renseignement russe tend la main aux États-Unis

Le directeur du Service fédéral de sécurité de Russie (FSB) s’est déclaré prêt à coopérer avec ses collègues américains dans la lutte contre l’État islamique (EI). Les experts constatent que le refroidissement dans les relations entre la Russie et les États-Unis suite au conflit en Ukraine fait le jeu des terroristes au Proche-Orient.

La Russie et les États-Unis « ont examiné à plusieurs reprises les problèmes de la coopération et ont conclu qu’il ne fallait pas les politiser », a indiqué le directeur du FSB, Alexandre Bortnikov, à l’issue de la conférence internationale sur la lutte contre l’extrémisme qui s’est tenue du 17 au 19 février à Washington. « Il importe de se rendre à l’évidence qu’il est indispensable de travailler ensemble, malgré les divergences politiques », a-t-il souligné.

Les médias mettent en relief sa déclaration sur la disposition de la Russie à s’atteler à la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique qui s’est emparé d’une partie des territoires de l’Irak et de la Syrie. « La situation est si critique qu’il faut s’unir », a-t-il indiqué.

Toutefois, les experts constatent que la lutte commune contre le terrorisme traverse aujourd’hui une crise profonde. La coopération est réduite au minimum, bien que les responsables des deux pays soient profondément alarmés par la montée en flèche de l’influence de l’EI.

Quel danger présente l’EI pour la Russie

À première vue, il pourrait sembler que l’EI ne présente pas pour le moment de menace directe pour la Russie. « Pour l’EI, la priorité est d’élargir son influence aux pays du Proche-Orient ayant un régime politique instable ou inexistant », a expliqué à RBTH Leonid Issaïev, orientaliste et enseignant au département des sciences politiques de la Haute école d’économie.

Cependant, l’EI présente un danger pour la Russie. Ce groupe compte des milliers de djihadistes des pays de l’ex-Union soviétique : de Russie, d’Asie centrale et du Caucase du Sud. « Les musulmans s’imprègnent d’une idéologie radicale, acquièrent une expérience militaire et reviennent chez eux », a ajouté Dmitri Souslov, directeur adjoint du Centre des études complexes et internationales de la Haute école d’économie.

Entraves aux activités communes

Le problème est que Moscou et Washington ont aujourd’hui du mal à s’entendre sur la lutte contre ce danger commun. Une telle situation a plusieurs causes.

Premièrement, des stratégies différentes. « La politique américaine au Proche-Orient manque de cohérence. Avant même d’avoir supprimé Al-Qaïda en Irak, les États-Unis ont focalisé leur attention sur la Lybie, avant de se concentrer sur le conflit syrien, abandonnant ce qu’ils avaient commencé », a rappelé Leonid Issaïev.

Dans ce contexte, les Américains misent sur la démocratisation et s’ingèrent dans les affaires intérieures des pays. La stratégie russe de lutte contre le terrorisme se fonde, au contraire, sur le soutien aux régimes existants, indépendamment de la situation dans le domaine de la démocratie et des droits de l’homme dans tel ou tel pays.

Deuxièmement, la réticence de Washington à considérer Moscou comme un partenaire complique la lutte commune contre les terroristes au Proche-Orient. « La logique de confrontation nous contraint à évaluer toute coopération comme indésirable et à peser longtemps si elle est vraiment indispensable. En outre, les deux pays évaluent différemment les causes de l’apparition du danger terroriste », a poursuivi Dmitri Souslov.

« Nombreux sont ceux qui, en Russie, estiment que la responsabilité pour l’apparition de l’EI incombe dans une large mesure aux États-Unis et que la politique pratiquée par les Américains en Syrie n’est qu’une résurgence de la situation des années 1980, lorsque l’Amérique soutenait les moudjahidines pour lutter contre l’Union soviétique ».

La lutte commune contre le terrorisme est également entravée par le retour de la tendance au partage de la région en zones d’influence. « La concurrence rend les activités communes impossibles et fait le jeu des structures radicales », a affirmé Leonid Issaïev.

Il reste de l’espoir

Selon Dmitri Souslov, les déclarations d’Alexandre Bortnikov sur une éventuelle coopération entre les services secrets prouvent que Washington et Moscou réalisent clairement une chose : les contradictions entre les deux pays font l’affaire des terroristes.

« Ce premier signe indique que nous entrons dans une étape de « confrontation mûre », les désaccords sur certaines question (l’Ukraine) n’empêchant pas les pays de dialoguer sur d’autres problèmes, voire de coopérer », a-t-il fait remarquer.

Source : Russia Beyond The Headlines France.

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Face au nombre croissant de cibles à surveiller, les renseignements territoriaux vont recevoir des renforts bienvenus.
Les services du renseignement territorial, ceux que l’on appelle les « RG », les renseignements généraux, ne sont « pas au niveau dans leur analyse de la radicalisation ». Voici le dur constat livré par une note interne et confidentielle à laquelle RTL a pu avoir accès. En cause, l’explosion du nombre d’individus à surveiller, un phénomène qui dépasse déjà la DGSI, une autre branche du renseignement intérieur dans le pays. Résultat : des renforts vont être fournis aux RG pour détecter les individus qui basculent, surveiller ceux qui déstabilisent les lieux de culte et salles de prières et suivre de près ceux qui sont déjà radicalisés et pourraient devenir des menaces
Dans la note confidentielle, les besoins des services sont précisément chiffrés et détaillés. Une soixantaine de policiers, mais aussi des civils, tels que des informaticiens et des linguistes vont rejoindre le renseignement territorial, environ 150 gendarmes vont, eux, faire du renseignement de proximité, notamment dans les zones peu peuplées, à l’extérieur des grandes villes.

Source : RTL.

Des hommes de l'Unité spéciale de la Police grand-ducale en action.

Le gouvernement luxembourgeois a «intensifié ses efforts d’évaluation de la menace» terroriste par la Police et le Service de renseignement de l’Etat (SREL), assure mardi Etienne Schneider, ministre de la Sécurité intérieure.

Aux questions précises posées par le député (CSV) Laurent Mosar quant à la mise en place des mesures annoncées par le gouvernement suite aux attentats de Paris pour lutter contre le terrorisme au Luxembourg, le ministre de la Sécurité intérieure (LSAP) répond point par point mais sans entrer dans les détails.

Pour la Police, le mode «vigilance accrue» signifie qu’elle a «adapté son dispositif général de sécurité» et, plus concrètement, le directeur général de la Police a demandé à tous ses agents de «respecter scrupuleusement les mesures de sécurité à l’occasion de leurs interventions».

Pour mieux évaluer la menace terroriste sur le territoire, la Cellule anti-terroriste (CAT«) de la Police «a été renforcée de manière à permettre un suivi rapide des informations lui parvenant», explique le ministre sans préciser combien d’agents ont renforcé la cellule.

Coopération internationale: le SREL doit être adapté

Quant au Plan d’alerte national que doit élaborer le Groupe de coordination « terrorisme » (GCT), le ministre Etienne Schneider indique que le 6 février le Haut-Commissaire (le GCT est placé sous la responsabilité du Haut commissariat à la protection nationale) lui a dressé un premier bilan des travaux et qu’il a été chargé de les continuer, sans préciser l’avancée des travaux.

Le ministre explique qu’au niveau européen, un Groupe anti-terroriste (GAT) permet d’assurer la coopération entre Services de renseignements des Etats membres depuis les attaques du 11 septembre 2001. Ce groupe réunit régulièrement les chefs des unités anti-terroristes des services de renseignement de sorte à assurer «l’échange d’information en continu, le suivi de l’évolution de la menace et le partage des bonnes pratiques».

Alors que le projet de loi sur la réorganisation du SREL est en cours de préparation, le ministre de la Sécurité intérieure précise que «le gouvernement estime qu’il n’est pas nécessaire de prévoir des dispositions supplémentaires portant sur la coopération internationale».

L’un des grands buts du projet de loi est de «hisser le Service de Renseignement au niveau des capacités dont disposent les principaux services européens ce qui facilitera la coopération et les échanges au niveau du renseignement entre le Luxembourg et ses principaux partenaires européens».

Source : Luxemburger Wort.

Des impacts de balle sur les fenêtres du centre culturel attaqué à Copenhague, le 14 février 2015.  REUTERS/Liselotte Sabroe/Scanpix Denmark.

Selon des informations rapportées par la presse danoise, le suspect de la double attaque qui a tué deux civils et blessé cinq policiers à Copenhague les 14 et 15 février, Omar El-Hussein, a bénéficié d’une mesure de libération anticipée en janvier 2015 après avoir été condamné à deux ans de prison pour une attaque à l’arme blanche commise à l’automne 2013.

D’après des informations transmises par son avocat, Rolf Lindegaard Gregersen, à la chaîne TV2 et à l’agence de presse Ritzau, il avait été accusé d’avoir poignardé à la jambe un homme de 19 ans dans un train et avait été placé en détention provisoire en janvier 2014. Il a ensuite été condamné en décembre 2014 à deux ans de prison ferme, mais a fait appel. Or, cet appel, non suspensif, n’aurait pas pu être examiné avant août 2015, ce qui lui aurait fait largement dépasser les deux-tiers de sa peine, stade auquel un prisonnier danois peut généralement bénéficier d’une liberté anticipée. Il a été libéré le 30 janvier.

Le nom du suspect, abattu au petit matin dimanche dans le quartier populaire de Norrebro par la police, n’a pas encore été officialisé par les autorités, qui ont également arrêté deux hommes soupçonnés de l’avoir aidé. Rolf Lindegaard Gregersen, qui s’est retranché derrière le secret professionnel concernant sa relation avec son client, a déclaré que si les informations des médias concernant son implication dans les attaques se vérifiaient, il serait «extrêmement surpris».

L’homme a fait partie, selon l’AFP, qui cite le journal Ekstra Bladet, d’un gang appelé Brothas. «C’est un jeune homme de 22 ans, né au Danemark, qui est connu de la police pour plusieurs délits, dont entre autres des infractions à la législation sur les armes et des violences. Il est également connu pour ses liens avec des bandes de délinquants», a indiqué la police dans un communiqué.

 Le renseignement danois le soupçonne d’avoir voulu imiter les auteurs des attaques d’Ile-de-France. «Le PET [le renseignement danois] travaille sur une piste selon laquelle il aurait pu s’inspirer des évènements de Paris» ainsi que de la propagande de l’Etat islamique et d’autres groupes djihadistes, a affirmé le chef des services de renseignement, Jens Madsen, cité par l’Associated Press.
 Source : Slate.fr.
L'ancien directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini, le 17 janvier 2012.

Bernard Squarcini, ancien directeur du renseignement intérieur (DCRI), fait un état des lieux de la menace terroriste en Europe, au micro de Frédéric Rivière.

Le PNR, fichier des passagers aériens, devrait être mis en place avant la fin de l’année et est, selon notre invité, un outil essentiel dans la lutte contre le terrorisme :

« C’est une banque de données qui permet de travailler en anticipation, (..) c’est un outil que les services ont demandé ; aujourd’hui on ne peut avoir l’identité des passagers qu’au moment de l’enregistrement c’est-à-dire que vous savez au retour des compagnies aériennes qui sont les passagers lorsqu’ils sont au milieu de l’Atlantique. Lorsqu’un service étranger vous demandent la même liste c’est un peu trop tard. Ce que nous souhaitons c’est au moment de la réservation pour pouvoir travailler en amont détecter anticiper et voir neutraliser judiciaire des gens susceptibles de partir faire de jihad à partir de zone de combat ou à travers des pays intermédiaires. »

« Il faut renforcer les moyens dont sont dotés les services de renseignement dans la mission de renseignement qui est la nôtre, non pas dans la mission judiciaire où là, la panoplie est complète. Mais tout ceci bien sûr est sous le seul contrôle exclusif d’une commission parlementaire, à priori. »

Source : RFI.

 

Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian s’est rendu à Londres pour s’entretenir avec son homologue britannique Michael Fallon. Au programme des discussions : les accords de paix en Ukraine, le renforcement du partenariat franco-britannique en matière de défense et la lutte contre le terrorisme. Interrogé par France 2 Londres sur la stratégie à adopter contre Daech, le ministre a réaffirmé le refus de la France de reprendre le dialogue avec le président syrien Bachar Al-Assad. Depuis le début de la révolution en mars 2011, les services secrets français ont arrêté toute coopération avec les renseignements syriens.

Jusqu’en mars 2012, les services secrets s’appuyaient sur les renseignements fournis par la Syrie pour combattre les djihadistes français revenant sur le territoire. L’arrêt des relations diplomatiques entre la France et le régime de Bachar Al-Assad rend aujourd’hui impossible le recueil d’informations sur le parcours des djihadistes français sur le territoire syrien. Une situation moralement compréhensible mais qui agacerait la DGSE, selon un article de nos confrères de Marianne. Plusieurs experts de la lutte anti-terrorisme estimaient que l’apport des renseignements venus des services de Bachar Al Assad était indispensable pour pister et surveiller les djihadistes et donc, à terme, de protéger la France.

Aujourd’hui le ministre de la défense, autorité de tutelle des services secrets français de la DGSE, a été très clair sur ce choix cornélien : « Bachar Al-Assad massacre son peuple depuis plusieurs années, il ne fait pas partie de la solution pour la Syrie.  Nous n’avons pas à choisir entre un dictateur sanguinaire et une armée terroriste impitoyable. Les deux sont à combattre ».

Source : Francetv info.

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Il y a un mois, du 7 au 9 janvier, la France vivait l’épisode le plus violent de son histoire récente. Du siège de Charlie Hebdo à l’épicerie casher de la porte de Vincennes, Saïd et Chérif Kouachi, ainsi qu’Amedy Coulibaly, ont tué 17 personnes avant d’être abattus par les forces de l’ordre. Ces attentats ont immédiatement posé une question : comment lutter plus efficacement contre le terrorisme ?

Dès la fusillade dans les locaux de Charlie Hebdo, le gouvernement a renforcé les mesures de sécurité. Le plan Vigipirate, outil du dispositif de lutte contre le terrorisme, a été renforcé. Le niveau « alerte attentat », le plus élevé, a été enclenché en région parisienne ainsi qu’en Picardie, où les frères Kouachi ont été repérés au lendemain de l’attaque contre le journal satirique. Le département des Alpes maritimes a également été placé au niveau maximal de vigilance après l’agression de trois militaires à Nice le 3 février, par Moussa Coulibaly, un jeune homme connu des services de renseignement et refoulé de Turquie une semaine plus tôt.

Le niveau de sécurité n’a seulement été renforcé dans les douze départements déclarés en alerte maximale. Sur l’ensemble du territoire, les bâtiments publics, les lieux confessionnels juifs et musulmans et les endroits considérés comme sensibles (grands magasins, transports en commun, sièges des principaux médias) sont désormais sous surveillance. Ce sont 122 000 policiers, gendarmes et militaires qui sont ainsi mobilisés. Et la semaine dernière, le chef de l’Etat a demandé à ce que ce niveau d’alerte des forces de l’ordre soit maintenu.

« Nous n’avons pas le choix »

Reste à savoir combien de temps cette mobilisation pourra durer. Car le plan Vigipirate renforcé est synonyme de gros efforts de la part des forces de l’ordre. Actuellement, 10 000 militaires y participent ; ils étaient moins de 1 500 à assurer la sécurité du territoire français début janvier. Et les forces du ministère de l’Intérieur ressentent-elles aussi très concrètement les effets de ce niveau de mobilisation. « Les congés ont été suspendus pour les fonctionnaires de police et les gendarmes, souligne Mohamed Douane, le secrétaire national du syndicat Synergie Officiers. Il y a une nécessité de présence sur la voie publique, il y a des nécessités inhérentes aux responsabilités des forces de l’ordre. »

Un effort que l’élu de Synergie Officiers, une organisation plutôt classée à droite, trouve légitime. « Effectivement, cela pèse sur la vie quotidienne, la vie familiale et privée de ces fonctionnaires. Mais à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels. Nous n’avons pas le choix. » Sur le sujet, toutes les organisations représentant les policiers sont sur la même ligne. Mais toutes estiment aussi que la menace terroriste ne va pas disparaître du jour au lendemain et qu’il faut penser à un dispositif plus pérenne.

« Vigipirate, ce sont des mesures exceptionnelles destinées à lutter contre une situation exceptionnelle », rappelle ainsi Nicolas Comte, secrétaire général adjoint de SGP-FO (Syndicat général de la police-Force ouvrière). « Si cette situation devait devenir habituelle, il faudra que la police nationale soit en mesure de fournir une protection de ce niveau de manière habituelle, ce qu’elle ne saurait pas faire dans l’état actuel des choses. » Le syndicaliste souhaite donc que les effectifs soient renforcés, que ce soit par le recrutement ou l’appel aux policiers réservistes.

Des renforts annoncés

Des moyens supplémentaires, le gouvernement en a annoncé dans son plan de lutte contre le terrorisme dévoilé le 21 janvier. Ce sont « des mesures exceptionnelles à la hauteur de la menace », a assuré le Premier ministre Manuel Valls. Quelque 425 millions d’euros supplémentaires seront débloqués sur les trois prochaines années. Environ 2 680 emplois de plus seront consacrés à la lutte contre le terrorisme, des postes affectés aux ministères de l’Intérieur, de la Justice, de la Défense et des Finances.

Mais pour l’essentiel, ces renforts ne seront pas déployés sur la voie publique. Sur les 1 400 emplois policiers nouveaux, 1 100 seront affectés aux différentes unités de renseignement : Direction générale de la sécurité intérieure, renseignement territorial et direction du renseignement de la préfecture de police de Paris. « Au total, ce sont 3 000 personnes qu’il faut surveiller », s’est justifié Manuel Valls. Un nombre qui a surpris dans le monde policier : jusqu’à présent, le gouvernement évoquait entre 1 300 et 1 400 personnes « impliquées dans les filières jihadistes ».

La hausse est en tout cas continue et les besoins en matière de renseignement se faisaient pressants. Ces mesures ont donc été globalement bien accueillies. « Encore faut-il que ces gens aient une expertise », tempère Louis Caprioli, consultant chez Geos, un groupe faisant du management de risque et ancien sous-directeur de la lutte antiterroriste au sein de la DST, feu la Direction de la surveillance du territoire. « C’est-à-dire des gens qui vont faire des surveillances, qui vont faire des enquêtes après avoir identifié les gens, qui vont faire des écoutes. Et puis des gens qui vont aussi faire des enquêtes de police judiciaire, que ce soit dans le cadre des enquêtes préliminaires du parquet ou dans le cadre des commissions rogatoires des magistrats instructeurs. »

« Terrorisme en libre accès »

Le renseignement est d’autant plus crucial aux yeux des forces de l’ordre que la France est aujourd’hui confrontée, selon le ministre de l’Intérieur, à « un terrorisme en libre accès ». Ce libre accès, c’est avant tout Internet qui le permet. Internet, outil de recrutement des groupes jihadistes mais aussi diffuseur d’informations, et notamment de modes d’action : une revue publiée sur la Toile par al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) avait ainsi consacré un article à la fabrication de bombes artisanales.

Mais ce qui interroge aussi, c’est l’accès aux armes. Car les frères Kouachi et Amedy Coulibaly avaient un arsenal important : kalachnikovs, lance-roquettes, pistolets Tokarev. Quinze ans après la fin des guerres en ex-Yougoslavie et au Kosovo, les Balkans sont toujours la première source d’alimentation du marché noir en Europe occidentale.

« Il suffit d’avoir un relais pour pouvoir en avoir », reconnaît Jean-Charles Antoine, chercheur à l’institut français de géopolitique et spécialiste du trafic d’armes. Mais le chercheur, qui publie À armes illégales aux éditions du Plateau à la fin du mois, tempère : « Quand je dis qu’il suffit d’avoir un relais, je veux dire aussi qu’il est absolument nécessaire d’avoir un relais. À l’heure actuelle, n’importe qui ne peut pas acheter un fusil de type kalachnikov et se le procurer aussi facilement. Si on n’a pas les relais criminels, c’est quasiment impossible. »

Ces relais se font notamment par le milieu du grand banditisme. C’était le cas des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly. Mais cela signifie que pour mener une attaque de grande ampleur, il faut un minimum d’organisation et de liens avec d’autres personnes. Les loups solitaires, ceux qui agissent tout seul, eux, doivent souvent se contenter d’armes blanches, comme Moussa Coulibaly, l’auteur de l’agression des militaires à Nice la semaine dernière.

RFI.