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Le mouvement islamiste palestinien Hamas a annoncé samedi qu’un ingénieur tunisien récemment tué était l’un de ses dirigeants, accusant Israël du meurtre et promettant vengeance.

Mohamed Zaouari a été tué par Israël, ont affirmé à l’AFP les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas.

« L’assassinat de Zaouari à Tunis est une agression contre la résistance et les brigades al-Qassam, et l’ennemi doit savoir que le sang des dirigeants ne coulera pas en vain », a indiqué le mouvement dans un communiqué.

« Les drones ‘Ababil’ des brigades Ezzedine al-Qassam avaient joué un rôle important dans la lutte contre l’occupation israélienne notamment pendant l’opération ‘Bordure protectrice’ qui a débuté en juillet 2014, lit-on dans la même déclaration.

Selon le Hamas, l’activiste Mohamed Zouari avait rejoint la résistance palestinienne, il y a à peine dix ans et adhéré ensuite aux brigades Ezzedine al-Qassam. « Le sang versé par le martyr Mohamed Zouari ne restera pas impuni », a promis le Hamas dans la déclaration.

L’ingénieur était une personnalité importante dans le développement de drones et avait tenté de s’introduire en Israël en 2014, a indiqué le Hamas.

Le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza a annoncé une journée de deuil.

De son côté, le ministre auprès du Premier ministre chargé de la sécurité nationale et des affaires étrangères israéliennes Tzachi Hanegbi a déclaré vendredi à la chaîne de télévision israélienne: « J’espère que cet épisode ne nous sera pas attribué, qu’il n’est pas lié à nous et qu’aucune de ces personnes arrêtées ne sont nos alliés » réfutant la thèse de l’implication du Mossad.

Le parti tunisien islamiste Ennahdha a appelé les autorités à enquêter sur l’assassinat, qui, selon lui, menace la « stabilité » du pays.

Pour sa part, le média Israélien Debkafile, citant une source des renseignements israéliens, affirme que « l’assassinat d’Al-Zoari était probablement motivé par des activités plus récentes que son travail pour le Hamas ». Selon le média, « il était soupçonné d’utiliser son centre de vol privé pour former des opérateurs de drones appartenant à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui maintient des bases dans le sud de la Tunisie ».

L’ingénieur de 49 ans a été tué par armes à feu jeudi à Sfax (est), la deuxième ville de Tunisie, alors qu’il se trouvait au volant, devant son domicile.

Le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé samedi l’arrestation la veille d’une Tunisienne à l’aéroport de Carthage, à Tunis. Elle est suspectée d’être impliquée dans ce meurtre, selon la même source.

Il s’agit d’une journaliste qui avait interviewé la victime avec un autre journaliste et un caméraman, tous deux de nationalité tunisienne, a indiqué dans une déclaration à la radio privée Shems FM le substitut du procureur général, Mourad Turki sans mentionner la date de cette interview.

Au total « huit suspects ont été arrêtés et ils sont tous Tunisiens », a-t-il encore ajouté.

D’après la première autopsie, l’homme a été criblé d’une vingtaine de balles, avait affirmé vendredi M. Turki à la radio privée Mosaïque FM.

Les autorités israéliennes n’ont pas réagi aux accusations du Hamas, mais l’Etat hébreu a dans le passé assassiné plusieurs membres de groupes activistes, notamment en Tunisie.

En 1988, le numéro 2 de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Abou Jihad –de son vrai nom Khalil al-Wazir– était assassiné par des commandos israéliens à Tunis, ainsi qu’un autre dirigeant de l’OLP, Saad Sayil.

En 1997, Khaled Mechaal, l’un des membres fondateurs du Hamas et chef de son bureau politique, avait échappé à la tentative d’assassinat du Mossad, le service de renseignements israélien, qui lui avait injecté du poison. Le Hamas accuse également Israël d’avoir assassiné l’un des fondateurs de sa branche armée, Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh, décédé le 20 janvier à Dubaï.

 

 

 

 

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 Benyamin Netanyahou dénonce devant l’ONU la bombe iranienne. (Lucas Jackson/Reuters)

Le premier ministre israélien joue l’alarmisme face à l’Iran. Des documents secrets montrent que sa prestation devant l’Assemblée générale de l’ONU, en 2012, n’était pas partagée par les services secrets de son pays

Sa prestation était destinée à marquer les esprits. Devant l’Assemblée générale de l’ONU, en 2012, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, avait appuyé sa démonstration d’un croquis façon dessin animé: «Ceci, c’est la bombe, ceci, c’est la mèche», commençait-il, afin d’écarter tout malentendu. L’Iran, poursuivait-il, est désormais au seuil de l’irréparable en ce qui concerne sa capacité nucléaire militaire. «D’ici au printemps, peut-être à l’été, il aura atteint une nouvelle étape [dans l’enrichissement de l’uranium]. Ensuite, quelques semaines supplémentaires suffiront.»

Le temps a donné tort aux prédictions de l’Israélien. Mais aujourd’hui, des révélations semblent démontrer que les explications de Benyamin Netanyahou ne se fondaient pas sur les informations de ses propres services secrets. Plus: elles contredisaient l’opinion qui régnait à ce moment au sein du Mossad.

C’est la chaîne qatarie Al-Jazira qui l’affirme par une voie inattendue. Le responsable de son département d’enquête, Clayton Swisher, a mis la main sur un grand nombre de documents provenant, semble-t-il, d’Afrique du Sud, un pays avec lequel le Mossad entretient des contacts étroits. Le journaliste refuse de dévoiler l’origine de la fuite. Mais les câbles qu’Al-Jazira vient de dévoiler (en collaboration avec le journal britannique The Guardian) parlent pour lui : quelques semaines à peine après la prestation du premier ministre, le Mossad assurait à ses collègues sud-africains que l’Iran ne déployait pas «l’activité nécessaire» pour se doter d’une bombe. Ce pays, insistait le renseignement israélien dans sa note classée «confidentiel», n’est pas prêt pour enrichir l’uranium à «un niveau suffisant».

Clayton Swisher est, entre autres, à l’origine de l’enquête qui avait conclu à la présence de polonium dans les affaires du leader palestinien Yasser Arafat. Au Temps, il soumet ses interrogations: «Ces documents soulèvent des questions troublantes sur l’intégrité de Netanyahou: sur quelles informations se fondait-il pour assurer au monde entier que l’Iran était si proche de produire une bombe?» Il ajoute: «Si le premier ministre israélien a ainsi déprécié le jugement professionnel de ses propres services de renseignement, hésitera-t-il à tromper le Congrès américain la semaine prochaine?»

Avec l’aide de certains ténors républicains, mais contre l’avis de la Maison-Blanche, Netanyahou s’est en effet «invité» devant les parlementaires américains le 3 mars, pour ce qui devrait être une attaque en règle contre les négociations en cours entre l’administration Obama et Téhéran, à propos du nucléaire iranien. La Maison-Blanche ne cache pas sa mauvaise humeur, tant elle craint que la venue de l’Israélien puisse miner définitivement ces pourparlers, menés notamment par le secrétaire d’Etat, John Kerry, sur les bords du lac Léman: non seulement elle a refusé d’accueillir le premier ministre, mais elle semble, elle aussi, douter de son «intégrité». «Certaines des affirmations de Benyamin Netanyahou ne sont pas exactes», déclarait récemment Josh Earnest, le porte-parole de la Maison-Blanche.

A dire vrai, les divergences d’opinions entre les services de renseignement israéliens et le premier ministre étaient déjà connues en Israël. L’ancien chef du Mossad, Meir Dagan, avait souligné dans une interview en 2012 que la menace de lancer une guerre contre l’Iran, comme le suggérait – et continue sans doute de le penser – Benyamin Netanyahou, était «une idée stupide».

Est-ce un pur hasard si ces révélations d’Al-Jazira interviennent quelques jours à peine avant ce discours de Netanyahou devant le Congrès américain et en pleine campagne électorale israélienne? Clayton Swisher esquive la question. Mais il renvoie à un précédent célèbre, lorsque l’administration de George Bush avait assuré, en 2003, qu’elle détenait la preuve irréfutable que l’Irak de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive. «Nous avons vu les résultats lors de l’invasion de l’Irak. Aujour­d’hui, ces nouvelles révélations doivent amener le monde à se montrer sceptique devant tout ce que le premier ministre israélien dira à propos de l’Iran.»

Source : Le Temps (Genève).

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été contredit par ses propres services secrets en 2012 lorsqu’il a déclaré que l’Iran était à environ un an de se doter de l’arme atomique, selon des documents secrets publiés lundi par le Guardian et Al-Jazeera.

Ces câbles révélés par le quotidien britannique et la chaîne qatarie proviennent d’échanges entre les services secrets sud-africains et leurs homologues étrangers comme le Mossad israélien, la CIA américaine ou le MI6 britannique. Ils couvrent une période s’étalant sur presque dix ans, entre 2006 et décembre 2014.

Un de ces échanges remet en cause l’intervention de M. Netanyahu à la tribune des Nations Unies en 2012. Le Premier ministre israélien y avait brandi un carton en papier illustré d’une bombe sur le point de détonner pour s’alarmer de l’état d’avancement du programme nucléaire iranien.

Disant se baser sur les informations de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), M. Netanyahu avait assuré qu’à partir de l’été 2013 « au plus tard », l’Iran n’aurait plus besoin que « de quelques mois voire de quelques semaines pour obtenir suffisamment d’uranium enrichi en vue de sa première bombe ».

Quelques semaines plus tard, le Mossad a conclu dans un rapport reçu par les services sud-africains le 22 octobre 2012 que l’Iran n’avait « pas l’activité nécessaire » pour la produire.
L’Iran « ne semble pas être prêt pour enrichir l’uranium à un niveau suffisant pour produire des bombes nucléaires », a insisté le rapport.
Selon le Guardian, cet épisode illustre un « fossé » entre la rhétorique des hommes politiques israéliens et l’analyse des services de renseignements de ce pays.

Un haut responsable israélien, interrogé par le Guardian, a estimé, lui, qu’il n’y avait aucune contradiction entre les deux positions. Le Premier ministre et le Mossad « ont tous les deux dit que l’Iran enrichissait de l’uranium dans le but de produire la bombe », a-t-il souligné.

La publication de ces câbles secrets intervient alors que M. Netanyahu doit tenir un discours, essentiellement consacré à l’Iran, le 3 mars au Congrès américain, une intervention qui fait des vagues tant aux Etats-Unis qu’en Israël.
Le Premier ministre, en campagne pour les législatives du 17 mars, craint que les Etats-Unis et leurs partenaires du P5+1 ne signent un accord trop favorable à l’Iran.
Dimanche, il a encore déploré le fait que le « terrorisme meurtrier » de Téhéran n’ait « pas empêché la communauté internationale de continuer à négocier un accord nucléaire avec l’Iran qui va lui permettre de construire la capacité industrielle pour développer des armes nucléaires ».

Le Guardian révèle également que le MI6 britannique, et d’autres « services alliés », ont fait pression pour bloquer la vente d’équipement, entre fin 2007 et début 2009, d’une entreprise sud-africaine à une compagnie iranienne suspectée d’être impliqué dans le programme de missiles balistiques iranien.
L’entreprise sud-africaine, Electric Resistance Furnaces (ERFCO), a fermé ses portes depuis que le contrat estimé entre 500 000 et 1 million de dollars a capoté.
Selon les services britanniques, la vente aurait permis d’augmenter de manière significative la capacité de l’Iran à produire des missiles balistiques, « dont certains pouvant porter des têtes nucléaires ».

Source : L’Orient-Le Jour.

Le chef du Mossad, Tamir Pardo, le troisième en partant de la gauche, assistant à la réunion hebdomadaire du cabinet le 22 février 2015 (Crédit : Alex Kolomoisky, Pool)

Le chef du Mossad, Tamir Pardo, le troisième en partant de la gauche, assistant à la réunion hebdomadaire du cabinet le 22 février 2015 (Crédit : Alex Kolomoisky, Pool)
La chaîne d’information qatarie a annoncé lundi qu’elle révèlerait une série de télégrammes dans les prochains jours qui comprendrait la « véritable évaluation » du service d’espionnage israélien du Mossad quant aux ambitions nucléaires de l’Iran.
Les documents, qui sont des analyses et des comptes-rendus de l’Agence de sécurité sud-africaine entre 2006 et 2014, incluent des échanges avec la CIA, le MI6, le Mossad, le FSB, l’Agence des espions iranienne et d’autres Etats du Moyen-Orient.Les dossiers comportent des informations confidentielles à des renseignements classés top-secrets, selon al-Jazeera.

Certains de ces dossiers seront publiés par al-Jazeera en collaboration avec le journal britannique The Guardian.

Ils « offrent un aperçu sur les relations opérationnelles dans le royaume sombre et hautement politisé de l’espionnage mondial », explique al-Jazeera sur son site web.

La chaîne d’informations indique que seule une partie des documents serait publiée, et « gardera [le reste] dans le cadre de futures publications – pour ceux qui ont besoin d’être contextualisés », et « des centaines ne seront pas révélés ».

Parmi les documents publiés, la chaîne d’informations a indiqué qu’elle publierait les échanges entre le Mossad et leurs collègues sud-africains qui révèlent la « véritable évaluation [du Mossad] au sujet du programme nucléaire iranien ».

Ces dossiers prouveraient, que contrairement aux déclarations des politiciens israéliens qui affirment que l’Iran pourra développer la bombe atomique d’ici un an, le Mossad ne croit pas que Téhéran travaille à l’obtention de l’arme nucléaire.

Al-Jazeera n’a pas donné plus de précision sur les documents au sujet du Mossad, notamment sur leur date. Le site a, plus tard, retiré la mention sur l’évaluation du Mossad.

Le rapport du Mossad semblerait concorder avec un article du New York Times de 2012 qui citait un ancien responsable des renseignements américains qui affirmait que les renseignements israéliens étaient d’accord avec l’évaluation américaine selon laquelle le programme sur les armes nucléaires iraniens « n’avait pas repris ».

« Leurs gens posent des questions vraiment difficiles, mais le Mossad n’est pas en désaccord avec les Etats-Unis sur la question du programme pour les armes [nucléaires] », avait déclaré le fonctionnaire qui avait accepté de témoigner sous couvert d’anonymat en mars 2012.

« Il n’y a pas beaucoup de conflit entre les renseignements américains et israéliens à ce sujet ».

Source : The Times of Israël.

Le père d’un Arabe israélien de Jérusalem-Est a démenti vendredi auprès de l’AFP que son fils ait été un agent des services d’espionnage israéliens infiltré puis capturé dans les rangs du groupe Etat islamique (EI), comme l’affirme celui-ci.

L’EI publie dans le dernier numéro de Dabiq, sa revue en ligne en anglais, ce qu’elle présente comme l’interview d’un jeune de 19 ans envoyé selon elle en Syrie par le Mossad, l’agence de renseignement israélien, pour y intégrer le groupe jihadiste. Muhammad Said Ismail Musallam devait y recueillir des informations sur la localisation des armes et des bases de l’organisation ainsi que sur les Palestiniens qui allaient combattre en Syrie, selon le texte publié avec une photo de lui. En contrepartie, il devait recevoir un salaire mensuel, une maison et Israël assurerait son avenir à son retour.

C’est a priori la première fois que l’organisation fait état d’une telle capture. Dabiq ne dit pas ce qu’il est advenu du jeune homme. Un porte-parole du Shin Beth, les services de sécurité israéliens, a indiqué que le jeune homme était parti le 24 octobre pour la Turquie, d’où il était passé en Syrie, et que, selon les informations israéliennes, il avait rejoint l’EI. Mais il l’a fait « de sa propre initiative et à l’insu de ses parents », a dit le porte-parole. Il a laissé entendre qu’on pouvait assimiler ses propos à un démenti que Muhammad Said Ismail Musallam ait travaillé pour les services israéliens.

Said Musallam, le père du jeune homme a expressément démenti que son fils ait coopéré avec le Mossad. « Mon fils est innocent. ISIS (l’une des appellations de l’organisation Etat islamique) l’accuse parce qu’il a essayé de s’enfuir », a-t-il dit à l’AFP. Said Musallam, 52 ans, ne conteste pas que son fils ait interrompu son service civil israélien pour partir faire le jihad en Syrie, et montre des photos de lui en tenue de combattant. Il décrit son fils comme « totalement non-religieux » et envisage qu’il ait été recruté via internet. La dernière fois qu’il lui a parlé, son fils était à Raqqa (Syrie) après être passé par un camp d’entraînement, et disait vouloir rentrer, a rapporté son père. Il s’est dit très inquiet pour son fils à la lumière des exécutions perpétrées par l’organisation.

Les Musallam font partie des Arabes vivant dans les colonies juives de Jérusalem-Est (partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël), en l’occurrence celle de Neve-Yaacov. Le chef de famille dit être lui-même né en Cisjordanie. Mais ses quatre enfants ont des passeports israéliens, dit-il. Selon Dabiq, c’est à Neve-Yaacov que Muhammad Said Ismail Musallam a été recruté par un voisin juif dans les services israéliens. Il a été confondu en Syrie par son refus d’obéir aux ordres de son « émir » et son comportement, selon ce texte. Les services de sécurité israéliens ont fait état ces derniers mois d’Arabes israéliens tués dans les rangs d’organisations jihadistes, arrêtés à leur retour, planifiant de constituer une cellule en Israël.

Source : L’Orient-Le Jour.

Dans la dernière parution de son hebdomadaire, le groupe terroriste Etat islamique revendique la capture en Syrie d’un espion israélien du Mossad.

L’article comprend notamment un entretien de la « taupe israélienne » présumée, identifiée comme étant un résident de Jérusalem-est âgé de 19 ans.

Parallèlement, les parents de Mohamed Saïd Ismaïl Mussalam ont confirmé à la chaîne israélienne Channel 2 que leur fils s’était bien rendu en Syrie, où il avait été enlevé par le groupe djihadiste.

D’après l’article publié par l’EI, Mussalam aurait été démasqué à cause de comportements « indigne d’un djihadiste’, il aurait été placé en détention.

Le magazine ne précise cependant pas quel sort attend le prisonnier.

Les Mémoires posthumes de Roger Auque: d'autres vies sous la mienne
Journaliste, ambassadeur et espion… Avant de mourir d’un cancer à 58 ans, l’ex-otage au Liban s’est confié dans ses Mémoires posthumes.
[EXTRAITS]

Je n’avais pas, je n’ai jamais eu un train de vie compatible avec des revenus de journaliste, fût-il parisien. C’est pourquoi j’ai choisi une deuxième vie, celle de « mercenaire » pour les services secrets. Les correspondants de guerre, les envoyés spéciaux ont toujours été une cible de choix pour les services. Mon initiation a débuté au cours de l’été 1989, à bord d’un superbe yacht rempli de très jolies filles, au large de Saint-Tropez. Les yachts, c’est toujours plein de jolies filles. J’étais invité à bord par un riche homme d’affaires français.

Un type assez sympa s’approche. Il est cordial, mais va droit au but : « Je m’appelle Amos, je suis israélien. Nous avons un pilote, Ron Arad, détenu depuis 1986. Nous pensons que vos libérateurs du Liban peuvent nous aider. » Se produit alors une sorte de négociation, le contact avec Safa [NDLR : son libérateur du Liban] en échange d’une interview du cheikh Obeid, l’un des responsables du Hezbollah au Sud-Liban, récemment capturé par Tsahal. […]

Dès cette époque, j’ai noué des rapports très étroits avec Israël. Je m’y rends très souvent, car j’y ai un double intérêt. Israël possède des services secrets très efficaces. C’est en outre un appui important dans mon métier. Je l’avoue aujourd’hui, ce n’était pas la seule raison. J’entretiens alors des contacts étroits avec le Mossad, qui a vite compris l’intérêt que pouvait présenter un journaliste français connaissant le Moyen-Orient sur le bout des doigts. Je vous dévoile aujourd’hui ce qui constitue ma part d’ombre.

Je n’ai pas été qu’un journaliste, j’ai été rémunéré par les services secrets israéliens pour effectuer certaines missions, par exemple des opérations secrètes en Syrie, sous couvert de reportage. […] J’ai également travaillé pour les Français. De la même manière, j’ai exigé d’être rémunéré, car je ne voulais pas être considéré comme un agent secret. Les Français payaient moins bien que les Israéliens.

Guerre secrète.

Cinq mois après le décès de Roger Auque, emporté par une tumeur au cerveau, Fayard a publié, mercredi, un ouvrage écrit peu avant sa mort par le journaliste et diplomate, dans lequel il revient sur les secrets politiques et diplomatiques qui ont marqué sa vie quelque peu tumultueuse, rapporte le Figaro.Dans Au service secret de la République, Roger Auque revient notamment sur la période de sa vie pendant laquelle il était otage au Liban.Enlevé à Beyrouth le 13 janvier 1987, le journaliste restera otage pendant onze mois. Dans son « livre testament », il revient notamment sur les conditions de sa libération, indique le quotidien français. « Je le confirme, de l’argent, beaucoup d’argent a été remis en échange de notre libération », écrit Roger Auque, qui précise que ce n’est pas Paris qui a payé, mais Mouammar Khaddafi. Selon le journaliste, cet argent aurait permis le remboursement d’une dette à l’Iran par le biais d’une commission.

Roger Auque évoque aussi le volet psychologique de ces mois de captivité et se demande s’il est réellement sorti un jour de sa détention libanaise. « Ma prison est devenue intérieure », écrit-il, tout en reconnaissant ayant manqué de prudence avant son enlèvement.

Mario Maréchal-Le Pen

Dans son livre, Roger Auque aborde aussi sa relation avec Marion Maréchal-Le Pen, petite fille de Jean-Marie Le Pen. En 2013, L’Express avait révélé que Roger Auque était le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen. « Je suis bien le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen », écrit-il dans Au service secret de la République. Il relate une « histoire d’amour » avec Yann Le Pen, fille du fondateur du Front national et soeur de Marine Le Pen, l’actuelle présidente du parti d’extrême droite. Ce n’est que dix mois après de la fin de cette histoire, que le journaliste apprend l’existence de sa fille. Pendant de longues années, il sera tenu à l’écart de Marion par le clan Le Pen. Il reprendra néanmoins contact en 2012, durant l’entre-deux tours de la présidentielle historique pour le FN.

Roger Auque raconte également comment avec l’aide de Nicolas Sarkozy, alors président, il sera nommé ambassadeur en Érythrée.

Roger Auque reconnaît aussi avoir été « mercenaire des services secrets » (DGSE française, CIA), principalement pour des raisons financières et indique avoir notamment collaboré avec le Mossad : « J’ai été rémunéré par les services secrets israéliens pour effectuer certaines missions, par exemple des opérations secrètes en Syrie, sous couvert de reportage », assure-t-il.

L’Orient-Le Jour.

Dans « La Guerre secrète contre l’Iran », des hommes qui disent avoir été dupés par des espions israéliens

Certains pays étrangers – dont Israël – essayent de recruter en permanence des agents et d’obtenir des informations afin de saboter le programme nucléaire de la République islamique, selon un documentaire diffusé sur la télévision iranienne la semaine dernière. »La Guerre secrète contre l’Iran », comprend des entretiens en anglais avec des hommes qui disent avoir été dupés par des espions israéliens. Parmi les Iraniens interrogés dans ce document de 50 minutes se trouve le chef de l’Organisation de l’énergie atomique Ali Akbar Salehi et le ministre des Renseignements Mahmoud Alavi. « Il y a beaucoup de d’indices et même des preuves de tentatives secrètes de sabotage du programme nucléaire iranien », raconte Alavi dans le film. « Les agences d’espionnage, en particulier l’agence d’espionnage du régime sioniste (le Mossad, ndlr) sont comme le diable », poursuit Alavi. « Si vous le faites sortir par la porte il se faufile par la fenêtre (…) si vous ne faites pas attention pendant une seconde, il va commencer son sabotage ». Le document affirme également dans ce document que les services de renseignement étrangers, principalement le Mossad, ont cherché à recruter des citoyens iraniens sans leur dire pour qui ils travaillaient, au travers du témoignage de deux hommes. Le premier prétend avoir rencontré un touriste lors d’un séjour en Thaïlande qui l’a convaincu de photographier un homme en Iran, lui expliquant qu’il avait volé beaucoup d’argent. Cependant, explique encore le témoin, cet homme était en fait un scientifique iranien.

Source : i24News