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Une Cour d’appel des Emirats arabes unis a condamné à 10 ans de prison un ressortissant indien, jugé pour espionnage pour le compte d’un pays étranger, selon le quotidien local Gulf News jeudi.

Le prévenu, qui sera expulsé des Emirats une fois qu’il aura purgé sa peine de prison, a été reconnu coupable d’avoir fourni au pays étranger, non identifié, des informations sensibles sur les mouvements de navires de guerre au port Zayed à Abou Dhabi où il était employé, a précisé le journal.

Source : L’Orient-Le Jour

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Interpol a annoncé, lundi 8 mars, avoir émis seize nouveaux avis de recherche pour permettre l’arrestation et l’extradition de la deuxième équipe de suspects dans l’assassinat d’un cadre du Hamas en janvier à Dubaï. Ces nouveaux avis de recherche portent à vingt-sept le nombre de « notices rouges » émises dans cette affaire par l’organisation de coopération policière internationale, dont le siège est à Lyon.

Le 18 février, Interpol avait déjà lancé onze avis de recherche à l’encontre de membres présumés de la première équipe, soupçonnés d’avoir directement participé à l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh. Les seize nouveaux avis de recherche visent quant à eux une « deuxième équipe soupçonnée d’avoir aidé et encouragé la première en faisant le guet et en procédant à la filature de Mahmoud Al-Mabhouh, pour rapporter ses faits et gestes depuis son arrivée à l’aéroport de Dubaï », explique Interpol dans un communiqué.

L’ENQUÊTE SE POURSUIT

Le groupe est composé de onze hommes et cinq femmes, dont les photographies sont en accès libre sur la page d’accueil du site Internet d’Interpol. Parmi eux, six ont avancé la nationalité britannique, trois se sont dits australiens, tandis que la nationalité des sept autres n’est pas évoquée par Interpol. L’organisation de coopération policière internationale annonce par ailleurs qu’elle va rejoindre la cellule d’enquête basée à Dubaï chargée d’enquêter sur l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh.

Le leader du Hamas, considéré par Israël comme un maillon essentiel de la contrebande d’armes à destination de la bande de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, avait été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Dubaï le 20 janvier. La police de Dubaï a publié une liste de vingt-six suspects porteurs, selon elle, de vrais-faux passeports (douze britanniques, six irlandais, quatre français, trois australiens et un allemand) avec leurs photographies, indiquant que les passeports étaient authentiques et que les suspects en avaient fait une utilisation frauduleuse par usurpation d’identité. Un vingt-septième suspect avait été évoqué, sans que son identité soit révélée.

Source : Le Monde, 8 mars 2010.

L’enquête se poursuit après l’assassinat, le 20 janvier, d’un cadre du Hamas dans un hôtel de Dubaï. L’autopsie a montré que les agresseurs de Mahmoud Al-Mabhouh, vraisemblablement membres des services secrets israéliens, avaient utilisé une drogue, de la succinylcholine,

pour le paralyser avant de l’étouffer. Par ailleurs, les auteurs du meurtre, après des escales en Europe et en Asie, se seraient dispersés entre les Etats-Unis et Israël, ont affirmé le 28 février les autorités émiriennes. Un Palestinien aurait aidé le commando.

Source : Gulf News (Dubaï), 1er mars 2010.

Le chef de la police de Dubaï a affirmé lundi que toutes les personnes suspectées dans le meurtre du cadre du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, avaient regagné Israël, rendant ainsi, selon lui, leur arrestation improbable. « Je suis sûr que tous les suspects sont en Israël », a déclaré à la presse à Abou Dhabi le général Dhahi Khalfan, dont les services accusent le Mossad, le service de renseignement israélien, de l’assassinat de Mabhouh, retrouvé mort le 20 janvier dans sa chambre d’hôtel à Dubaï. « S’ils restent en Israël, ils ne seront pas arrêtés mais s’ils quittent (ce pays) ils (le) seront éventuellement », a ajouté le général Khalfan. Selon la police de Dubaï, après le meurtre, les suspects avaient quitté la ville-émirat vers de nombreuses destinations européennes et asiatiques.

Les responsables israéliens affirment que rien ne prouve l’implication du Mossad, même si les médias de l’État hébreu laissent clairement entendre qu’il est bien responsable de ce crime. Le général Khalfan a révélé lundi qu’un nouveau suspect, le 27e, avait été identifié. Le responsable, cité par le quotidien Al-Khaleej, n’a pas révélé l’identité du suspect, disant seulement qu’il était porteur d’un passeport européen. La police de Dubaï a déjà publié une liste de 26 suspects porteurs, selon elle, de vrais-faux passeports (douze Britanniques, six Irlandais, quatre Français, trois Australiens et un Allemand), avec leurs photographies, indiquant que les passeports étaient authentiques et que les suspects en avaient fait une utilisation frauduleuse par usurpation d’identité.

« Aide logistique »

Le chef de la police a affirmé en outre que, suite à cette histoire de vrais-faux passeports, les contrôles des passeports seraient plus stricts pour les Européens qui peuvent entrer, sans visa, aux Émirats arabes unis. « Nous allons mieux contrôler mais pas créer des complications pour les Européens. » Dans une déclaration au quotidien Al-Bayane, il a indiqué en outre que ses services étaient en train de remonter la piste des cartes de crédit utilisées par les membres du commando. Selon la police, 14 cartes émises par la banque américaine Meta Bank ont été utilisées. La police de Dubaï avait indiqué dimanche que les meurtriers de Mabhouh avaient utilisé une drogue pour le paralyser avant de l’étouffer.

Elle avait ajouté que l’un des deux Palestiniens extradés par la Jordanie et interrogés à Dubaï était accusé d’avoir fourni « une aide logistique » aux membres du commando. Dans sa déclaration à Al-Khaleej, le général Khalfan a par ailleurs qualifié Israël d’ »Etat hors la loi » qui n’a pas hésité à « manipuler des passeports » occidentaux, estimant que l’État hébreu n’avait pas osé le faire avec des passeports américains. En Israël, le quotidien Haaretz évoquait lundi la nécessité de trouver un « cadre légal pour le Mossad », « seule agence gouvernementale dont les opérations dépendent des décisions d’un seul individu », le Premier ministre Benyamin Netanyahou.

Interrogé à la radio militaire, un ancien chef du Mossad, Danny Yatom, a indiqué ne pas vouloir commenter cette affaire. « Tout ce que je peux dire, c’est que tous les chefs des services de renseignements occidentaux se sont fixé comme objectif de frapper les terroristes qui menacent leurs pays ». Mahmoud al-Mabhouh est considéré par Israël comme un maillon essentiel de la contrebande d’armes à destination de la bande de Gaza contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Source : AFP, 1er mars 2010.

Des enquêteurs britanniques sont arrivés en Israël, vendredi 26 février, pour interroger six personnes détenant la double nationalité britannique et israélienne, dont les noms ont été cités dans l’affaire de la mort d’un responsable du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, dans une chambre d’hôtel en janvier à Dubaï, rapporte The Independent, samedi. Ces policiers de la SOCA, agence parallèle à Scotland Yard qui coordonne la lutte contre le crime organisé, vont s’entretenir avec leurs six concitoyens dont les nom apparaissent sur certains des onze vrais-faux passeports révélés par la police de Dubaï.

Il s’agit pour les enquêteurs de mener à bien une mission qui leur a été confiée par leur premier ministre, Gordon Brown, lequel a exigé que la lumière soit faite sur l’utilisation présumée de passeports britanniques par des hommes que les autorités de Dubaï soupçonnent d’être membres d’une équipe du Mossad qui a assassiné M. Mabhouh. Israël, dont l’ambassadeur à Londres a été convoqué par le Foreign office, a refusé de confirmer ou d’infirmer sa responsabilité dans la mort du responsable palestinien.

« POSSIBLES TÉMOINS D’UN CRIME »

La Soca a annoncé que les interrogatoires auront lieu dans les locaux de l’ambassade britannique à Tel Aviv et confirmé que « les autorités israéliennes ont été informées » de cette procédure. Six autres détenteurs de passeports britanniques, également susceptibles, selon la Soca, d’avoir été « témoins d’un crime », seront entendues après que leurs noms ont été évoqués parmi ceux de quinze nouveaux suspects diffusés par la police émiratie.

Le chef de la police de Dubaï, qui assure que ses services ont trouvé des empreintes digitales et des traces ADN, a déclaré qu’il travaillait en étroite collaboration avec des pays européens, l’Australie et les Etats-Unis pour enquêter sur l’authenticité des passeports supposément utilisés dans cette affaire.

Source : Le Monde, 27 février 2010.

Le chef de la police de Dubaï a exhorté le patron du Mossad israélien, Méir Dagan, à reconnaître la responsabilité de son service dans le meurtre en janvier à Dubaï d’un cadre du Hamas, Mahmoud al-Mabhouh, dans des déclarations publiées aujourd’hui par la presse.

« Méir Dagan, le chef (du Mossad), se doit d’admettre son crime (…) ou d’apporter un démenti catégorique à l’implication de son service. Mais son attitude actuelle témoigne de sa peur. Qu’il s’assume, en homme », a déclaré le général Dhahi Khalfan dans le quotidien Emarat Al-Youm, organe du gouvernement local de Dubaï.

M. Khalfan —dont la police a mis en cause le Mossad pour le meurtre de Mahmoud Al-Mabhouh, retrouvé mort le 20 janvier dans un hôtel de l’émirat— a annoncé vendredi posséder « une preuve irréfutable de l’ADN d’un des assassins », outre les « empreintes digitales » de plusieurs autres suspects.

La police de Dubaï a publié une liste de 26 suspects porteurs selon elle de vrais-faux passeports (12 britanniques, six irlandais, quatre français, trois australiens et un allemand), avec leurs photographies, indiquant que les passeports sont authentiques et les suspects en ont fait une utilisation frauduleuse par usurpation d’identité.

« Ce qui est sûr jusqu’à présent, c’est que la plupart des meurtriers dont les noms ont été annoncés (…) se trouvent en Israël », a souligné le général Khalfan dans Al-Khaleej, un autre quotidien des Emirats.

« Dagan et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu seront tous les deux en tête des personnes recherchées (par mandat) international dès lors qu’il sera prouvé que le Mossad est l’auteur du meurtre et que Dagan (…) admettra franchement être responsable de la planification et de l’exécution du crime », ajoute-t-il.

Les responsables israéliens affirment que rien ne prouve l’implication de leur service secret dans l’assassinat de Mabhouh même si les médias de l’Etat hébreu laissent clairement entendre qu’il est bien responsable de ce crime.

Le chef de la police de Dubaï s’est félicité de « la bonne coopération » entre ses services et les cinq pays occidentaux dont les passeports ont été utilisés par le commando, au lendemain de son annonce d’un projet de création d’une unité internationale pour la traque des 26 suspects.

« Il importe de former cette unité d’action pour que les meurtriers et ceux qui se tiennent derrière eux rendent compte » de leur action, a-t-il répété dans Al-Khaleej, soulignant sa détermination à « traquer les assassins où ils se trouvent partout dans le monde ».

Il a en outre estimé que la police de Dubaï devrait se doter désormais d’ »une section spécialisée dans la lutte contre le Mossad ».

Source : AFP, 27 février 2010.

Mahmoud al-Mabhouh-la victime d’une connivence britannique avec Israël ?

Il est temps de mettre les choses au clair.

Connivence. C’est de cela qu’il s’agit. Les Emirats arabes unis soupçonnent – soupçonnent seulement, notez le – la « collaboration sécuritaire » de l’Europe avec Israël d’avoir passé la ligne de l’illégalité, quand des passeports britanniques (et d’autres nations de l’Union européenne) peuvent maintenant être utilisés pour envoyer des agents israéliens dans le Golfe tuer les ennemis d’Israël.

A 3 h 49 pm, hier après-midi, (heure de Beyrouth, 1 h 49 pm à Londres), mon téléphone libanais se met à sonner. C’est une source – impeccable, je le connais et je sais qu’il parle avec autorité à Abu Dhabi – pour me dire que « les passeports britanniques sont vrais. Ce sont des photos hologrammes avec le timbre biométrique. Ils ne sont ni faux ni contrefaits. Les noms existent vraiment. Falsifier un hologramme ou un timbre biométrique, qu’est-ce que ça veut dire ! »

La voix – je connais l’homme ainsi que ses origines – a envie de parler. « Il y a 18 personnes d’impliquées dans le meurtre de Mahmoud al-Mabhouh. En plus des 11 déjà citées, il y a deux Palestiniens qui sont actuellement interrogés, et cinq autres, dont une femme. Elle a fait partie de l’équipe qui surveillait le hall de l’hôtel. » Deux heures plus tard, un SMS arrive sur mon portable à Beyrouth, venant d’Abu Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis. C’est la même source.

« AUTRE CHOSE, » est-il écrit en lettres majuscules et, continuant en minuscules : « La salle de commandement de l’opération se trouvait en Autriche (sic -, en fait, tout est « sic » dans cet article)… donc cela signifie que les suspects ne se parlaient pas ici entre eux, mais via la salle de commandement, sur des lignes séparées pour éviter d’être détectés ou d’être en rapport les uns avec les autres… mais ils ont été détectés et identifiés, OK ?? ». OK ? Je me demande.

Ma source est à la fois exaspérée et pressante. « Nous avons envoyé des précisions sur les 11 personnes dont les noms sont publiés à Interpol. Interpol les a fait circuler dans 188 pays – mais pourquoi la Grande-Bretagne n’a-t-elle pas prévenu les autres nations que ces gens utilisaient des passeports au nom de leur pays ? ». Elle a encore plus à dire.

« Nous avons identifié cinq cartes de crédit appartenant à ces gens, toutes émises aux Etats-Unis. » L’homme ne donne pas les nationalités européennes des cinq autres personnes – il y aurait deux femmes dans l’assassinat de Mr Mabhouh. Il dit que les pays de l’UE coopèraient avec les Emirats arabes unis, notamment le Royaume-Uni. Mais « aucun de ces pays dont nous parlons n’a notifié à Interpol les passeports utilisés dans leur nationalité. Pourquoi non ? »

La source insiste disant que l’un des noms sur un passeport – un homme qui dit ne rien savoir sur son utilisation – s’est rendu en Asie (probablement en Indonésie) et dans des pays de l’UE au cours de l’année passée. Les Emirats ont la preuve qu’un Américain est entré chez eux en juin 2006 avec un passeport britannique délivré au nom d’un citoyen britannique et qui était alors en prison dans les Emirats. Les Emirats prétendent que le passeport d’un agent israélien qui fut envoyé en Jordanie pour tuer un dirigeant du Hamas était un passeport canadien et un vrai, délivré avec la double nationalité avec Israël.

Les services de renseignements – qui, de l’avis de mon correspondant sont souvent très stupides – ont longtemps utilisé de faux passeports. Oliver North et Robert McFarlane se sont rendus en Iran pour obtenir la libération des otages américains au Liban avec des passeports qui avaient été volés auparavant à l’ambassade irlandaise à Athènes. Mais cette nouvelle information depuis les Emirats peut faire que certains gouvernements européens se reprennent – et qu’ils feraient mieux d’avoir les bonnes réponses aux questions. Les services de renseignements – arabes, israéliens, européens ou américains – adoptent souvent une attitude arrogante à l’égard de ceux dont ils prétendent se cacher. Que peuvent dire les Arabes sur un assassinat par le Mossad, si tel est le cas ? Eh bien, nous verrons.

La connivence est un mot que les Arabes comprennent. Il rappelle la guerre de Suez en 1956, quand la Grande-Bretagne et la France s’entendirent avec Israël pour envahir l’Egypte. Tant Londres que Paris nièrent le complot. Ils mentaient. Mais pour un pays arabe du Golfe qui soupçonne ses anciens maîtres (le Royaume-Uni pour ne pas le citer) d’avoir pu être mêlés à l’assassinat d’un officiel du Hamas en visite, c’est apparemment aujourd’hui trop gros. Il y a encore beaucoup à tirer de cette histoire. Attendons et nous verrons s’il y a des réponses en Europe.

Source : Robert Fisk, The Independent (Londres), 18 février 2010.

Mahmoud al-Mabhouh, le cadre du Hamas assassiné le mois dernier à Dubaï, utilisait les mêmes leurres – faux passeports et déguisements – que les présumés agents du Mossad qui le traquaient, a confié hier un de ses compagnons de route. L’activiste gazaoui exilé depuis 1989 en Syrie, qui s’occupait de l’infiltration d’armes à Gaza, a été retrouvé mort « asphyxié » le 19 janvier dans sa chambre d’hôtel, le lendemain de son arrivée dans l’émirat, qui a mis en cause les services secrets israéliens.

Les autorités émiraties ont diffusé les photos et les noms de 26 personnes accusées d’avoir trempé dans cet assassinat et qui ont utilisé de faux passeports britanniques, irlandais, français et australiens, ainsi qu’un document de voyage allemand.Mabhouh se sentait traqué et prenait sa sécurité très au sérieux, a déclaré à Reuters un de ses compagnons d’armes. À Damas, il avait ainsi ouvert le feu par méprise sur une voiture passée à plusieurs reprises devant sa résidence mais dont les occupants étaient des hommes chargés de sa sécurité.

« Il avait l’habitude de porter des lentilles de contact de couleur et de teindre ses cheveux lorsqu’il voyageait en Europe » et il évitait de recourir au « room service » dans les hôtels où il descendait, révèle-t-il.

« Il possédait plusieurs passeports de différentes nationalités, toutes arabes. Récemment, il avait subi une opération de chirurgie esthétique pour se faire amincir le nez », précise encore l’homme, qui a partagé deux années d’exil avec Mabhouh.

La police de Dubaï n’a pas dévoilé sous quelle identité et quelle nationalité Mahbouh était entré dans l’émirat, mais son frère a déclaré que l’activiste de l’aile militaire du Hamas avait utilisé un passeport palestinien au patronyme de Hassan. « Mahmoud n’a jamais mené une vie normale. Il était suspicieux, prudent, ne parlait jamais à personne, même à sa femme, de ses projets immédiats ou futurs », raconte son ancien compagnon. Il voyageait constamment, réservait ses billets lui-même dans les agences de voyage ou par Internet.

Source : L’Orient-Le Jour (Beyrouth), 26 février 2010.

Le chef de la police de Dubaï Dhafi Khalfan présente, le 15 février 2010, l’identité de suspects recherchés pour le meurtre d’un cadre du Hamas le 20 janvier

La longue liste de suspects porteurs de passeports de cinq pays occidentaux dans le meurtre de Dubaï d’un cadre du Hamas témoigne de la complexité de l’enquête en cours, alors que pa pression internationale sur Israël et ses services secrets augmente.

Mahmoud al-Mabhouh, considéré par Israël comme un maillon essentiel de la contrebande d’armes à destination de la bande de Gaza contrôlée par le mouvement palestinien Hamas, a été retrouvé mort le 20 janvier dans un hôtel de Dubaï.

La police de la ville-Emirat a mis en cause le Mossad israélien, mais les responsables israéliens affirment que rien ne prouve l’implication de leur service secret même si les médias de l’Etat hébreu laissent clairement entendre qu’il est bien responsable de ce crime.

Elle n’a pas exclu d’ajouter de nouveaux suspects aux 26 membres présumés du commando, dont 12 sont selon elle porteurs de passeports britanniques, 6 de passeports irlandais, 4 de passeports français, 3 de passeports australiens et un d’un passeport allemand.

« Deux autres individus porteurs de passeports étrangers » pourraient s’ajouter à la liste, a indiqué une source à la police de Dubaï, citée par le quotidien gouvernemental Al-Ittihad.

Trois Palestiniens sont également interrogés par la police dans cette affaire, a affirmé cette source.

La police de Dubaï, disposant de gros moyens de surveillance électronique, a publié les photographies des 26 suspects, telles que figurant sur ce qu’elle a présenté comme des vrais-faux passeports.

Selon elle, les passeports sont authentiques et les suspects en ont fait une utilisation frauduleuse par usurpation d’identité. Ce qu’ont confirmé les médias israéliens.

A Paris, le Quai d’Orsay a affirmé que les trois passeports français « apparaissent manifestement falsifiés ». Il « y aurait eu usurpation d’identité de citoyens français ».

La police de Dubaï a en outre fait appel à Interpol qui a annoncé avoir émis des « notices rouges à l’encontre de onze individus internationalement recherchés » pour ce meurtre.

Elle a précisé que les 15 nouveaux suspects étaient arrivés à Dubaï en provenance de six villes européennes et de Hong Kong, et que 14 suspects avaient utilisé, pendant leur séjour à Dubaï, des cartes de crédit délivrées par une seule banque, META Bank, une institution financière américaine.

Une enquête est également en cours en Autriche sur l’utilisation éventuelle par le commando de cartes SIM et de numéros de téléphones portables autrichiens.

« Il n’y aura point d’indulgence ou de laxisme dans la traque (…) de tous ceux qui osent nuire à la sécurité des Emirats », a averti la police, alors qu’avec un aussi grand nombre de suspects et pays concernés, l’enquête s’annonce pour le moins complexe.

Dans le même temps, la pression s’accentue sur Israël, l’Australie ayant convoqué à son tour l’ambassadeur israélien pour lui demander des explications sur l’utilisation de passeports australiens par le commando.

« Si des passeports australiens sont utilisés ou falsifiés par un quelconque Etat, surtout si c’est avec l’objectif d’assassiner, cela nous inquiète profondément et nous allons maintenant tirer les choses au clair », a dit le chef du gouvernement Kevin Rudd.

L’Union européenne a désapprouvé l’assassinat du cadre du Hamas, mais sans mettre en cause directement Israël et en concentrant ses critiques sur l’utilisation de passeports européens.

Pour prévenir de tels incidents à l’avenir, le quotidien Gulf News de Dubaï a appelé les autorités à « reconsidérer » la politique d’exemption de visas d’entrée pour les Européens, proposant de systématiser les prises d’empreintes digitales de tous les visiteurs.

Source : Le Matin (Lausanne), 25 février 2010.

La liste des personnes recherchées par la police de Dubaï, avec leur date d’entrée et de sortie

La police de Dubaï ne cesse d’élargir le champ de ses recherches après l’assassinat le 20 janvier sur son territoire de Mahmoud al-Mabhouh. Elle annonce rechercher désormais 26 porteurs de passeports occidentaux. Comme à la mi-février lors de l’annonce de la liste des 11 premiers suspects, la police a publié des copies des photographies des quinze nouvelles personnes, telles que figurant sur ce qu’elle a présenté comme des vrais-faux passeports.

Mahmoud al-Mabhouh a été impliqué dans le meurtre de deux soldats israéliens et était considéré par Israël comme un maillon essentiel de la contrebande d’armes à destination de Gaza, sous contrôle du Hamas. Bien que la police de Dubaï se dise certaine « à 99 %, sinon à 100 % que le Mossad est derrière l’assassinat », les responsables israéliens affirment que rien ne prouve l’implication de leur service secret.

Sur les 26 suspects, dont six femmes, le plus gros contingent est constitué d’utilisateurs de passeports britanniques (12), suivis par six porteurs de passeports irlandais, de quatre personnes munies de passeports français, de trois de passeports australiens et d’un détenteur d’un passeport allemand. La police de Dubaï n’exclut pas d’ajouter de nouveaux suspects à sa liste et confirme que tous les documents de voyage utilisés étaient de vrais passeports. Selon l’AFP, deux des trois passeports français sont des documents authentiques portant des identités vraisemblablement usurpées.

Après les capitales européennes, l’Australie a haussé le ton et convoqué jeudi l’ambassadeur d’Israël pour qu’il explique comment trois passeports australiens ont pu être utilisés. Le chef du gouvernement australien, Kevin Rudd, a sérieusement averti Israël, sur les ondes de la radio ABC, que l’Australie « ne resterait pas silencieuse sur le sujet ». Le ministre australien des affaires étrangères, Stephen Smith, a de son côté affirmé devant le Parlement que les trois passeports australiens semblaient avoir été « reproduits ou retouchés ».

Source : Le Monde, 24 février 2010.