Envie d’être James Bond ? La DGSE recrute

Publié: mars 7, 2015 dans Europe
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Le renseignement emploie actuellement 6000 agents en France.  Photo DR

La menace terroriste rend d’autant plus cruciale la mission des services secrets dont le profil de ses collaborateurs a beaucoup évolué. Notamment à la DGSE où les offres de service connaissent un pic au lendemain des attentats.

L’émotion, comme guide. À chaque événement tragique, c’est ainsi : le nombre de candidatures spontanées afflue subitement à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il y a par exemple ce cadre bancaire qui met en avant ses connaissances en matière de réseaux monétaires. Mais aussi les belliqueux mués par un esprit de vengeance. « Ici, on ne veut pas de gens qui veulent entrer en guerre », coupe un cadre de la centrale. « Plutôt des personnes qui cherchent à comprendre ce qui se passe dans le monde ».

Des gadgets, mais pas seulement

Au sein du principal service de renseignement français, un nid composé de plus de six mille espions, on se bat toujours contre le mythe James Bond qui, toutefois, rejoint encore la réalité. Notamment au travers des deux couturières chargées d’insérer accessoires et autres gadgets dans les vêtements des agents en partance sur le terrain. La partie émergée d’un iceberg dont la composition des métiers a fortement évolué au cours de ces dernières années. De même que son image.

« À partir des années 2000, les affaires de prises d’otages ont tout changé, notre rôle a été mis en lumière, l’opinion publique nous a découvert une utilité sociale de façon à légitimer notre action ». La partie émergée de l’iceberg, encore une fois. Il n’empêche, il devenait, dès lors, avec ce changement de paradigmes et face à la montée de la menace terroriste, plus aisé d’attirer de nouveaux profils. D’autant que depuis le Livre blanc de 2008, « l’État définit mieux ce qu’il veut ». Le renseignement, en France, a désormais pris une tout autre dimension.

On cherche des geeks

Et cela se mesure à ce chiffre : une hausse de plus de 20 % des effectifs de la DGSE en l’espace d’une décennie. Avec 434 emplois supplémentaires prévus par la loi de programmation militaire 2014-2019. Auxquels il convient désormais d’ajouter les 185 annoncés par le Premier ministre consécutivement aux attentats de Paris. Cœur de cible : analystes en contre-terrorisme et ingénieurs. Dans ce dernier secteur, ils sont un millier environ au sein de la DGSE, spécialistes en sécurité informatique, des télécoms, mathématiciens rompus à la cryptologie ou férus de recherche fondamentale et pour l’essentiel contractuels. « Beaucoup sont attirés par la technologie de la DGSE », confie un cadre de la centrale. De fait, poursuit-il au regard de la révolution technologique en cours, « nous avons de moins en moins d’exécutants et toujours plus de concepteurs ». Ainsi attribuerait-on à la DGSE la création du logiciel d’espionnage Babar, un programme destiné à scruter les messageries instantanées.

Un autre logiciel espion aurait été attribué à la DGSE. Il s’appelle Casper et aurait été découvert sur le serveur du ministère de la Justice syrienne. Il serait capable de s’auto-détruire en cas de détection.

Professionalisation accrue

« Ici », insiste cependant un agent des services, « on ne cherche pas des hackers mais des geeks ». Mais aussi des linguistes, dont la palette s’est considérablement élargie au cours de ces dernières années, compliquant le recrutement car leurs origines sont autant de pistes qu’il convient d’explorer afin d’exclure toute forme de fuite ou de manipulation. Une professionnalisation toujours plus accrue à l’image des officiers traitants qui, avec les analystes, forment « l’épine dorsale » de la DGSE pour reprendre l’image usitée par l’un de ses principaux responsables. Lequel insiste sur ce qu’il nomme « la capacité à s’exporter à l’étranger ». « Auparavant, cela touchait essentiellement à la recherche humaine, désormais cela s’applique à la recherche technique ». Et voilà qui peut s’avérer un écueil au recrutement, d’autant que « notre carte géographique, ce sont les zones qui impliquent une certaine rusticité ». Mais les choses changent, incontestablement. À tel point qu’un haut cadre de la DGSE l’affirme, « la clandestinité pure est amenée à disparaître ». Surtout pas le secret cependant. Même si le voile se lève sur une quête de compétences toujours plus pointues en lien avec un monde en pleine ébullition.

Source : Le Dauphiné Libéré.

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