Afrique du Sud : que nous apprend le scandale des « Spy Cables » ?

Publié: février 27, 2015 dans Afrique
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Le président sud-africainJacob Zuma, en 2011

Des documents révélant les échanges entre les services secrets sud-africains et leurs homologues étrangers et publiés depuis lundi par la chaîne Al-Jazeera et le quotidien britannique The Guardian, embarrassent le gouvernement sud africain.

C’est sans doute la fuite la plus importante au sein des services de renseignements sud-africains. Des centaines de documents diplomatiques secrets, datés de 2006 à 2014, comprenant des briefings détaillés et des analyses écrites par les agents des services secrets sud-africains ont été rendus publics par vagues, depuis lundi 23 février.

Leurs échanges avec la CIA, le MI6 britannique, le Mossad israélien, les renseignements russes, les agents iraniens, ainsi qu’avec des dizaines d’autres agences de renseignement en Asie, au Moyen-Orient ou en Afrique ont également été révélés.

L’Afrique du Sud annonce une “enquête approfondie”

Mercredi 25 janvier, soit deux jours après les premières révélations, David Mahlobo, ministre de la Sécurité d’État a « condamné dans les termes les plus forts » la fuite de ces documents et a annoncé le lancement d’une « enquête approfondie ».

Al-Jazeera et The Guardian ont eux annoncé qu’ils continueraient de publier petit à petit, les centaines de documents en leur possession.

Quelles sont les principales révélations impliquant les pays africains ?

  • Des menaces de morts contre la présidente de l’Union africaine juste après son élection

Comme l’explique Al-Jazeera, des espions éthiopiens auraient alerté l’Afrique du Sud de menaces d’assassinat à Adis-Abeba visant la présidente de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, juste après son élection à la tête de l’organisation en octobre 2012.

Les agents éthiopiens ont plus tard accusé le Soudan d’être impliqués dans ce projet d’assassinat de l’ex-ministre sud-africaine des Affaires étrangères.

  • Le Zimbabwe réclame des informations sur des ONG « voyous”

Les documents révèlent également le contenu de plusieurs protocoles d’accord d’échange d’informations entre l’Afrique du Sud et ses alliés, dont le Zimbabwe.

Les deux pays acceptent de coopérer pour surveiller les ONG et associations “voyous”, dont les “activités ont pour but de renverser l’ordre constitutionnel ».

Il est également fait mention d’un plan d’action pour « identifier et profiler les médias d’opposants ».

  • Le Rwanda veut convaincre l’Afrique du Sud de surveiller des dissidents

En 2012, lors de la rédaction d’une version de travail d’un protocole d’accord similaire, le Rwanda à cherché à convaincre Pretoria de surveiller ce qu’il appelle les “génocidaires en fuite” et les “négationnistes », en exil en Afrique du Sud.

Comme l’explique Al-Jazeera, le Rwanda suggère d’ajouter « poursuite des génocidaires/négationnistes » à la fin d’un paragraphe engageant les deux pays à “identifier et partager les informations » à propos des activités de contrebande, de blanchiment d’argent et de trafic de drogue.

La demande a été rejetée par Pretoria.

  • Quelques semaines avant les élections de 2011, le Cameroun demande des renseignements sur Pierre Mila Assouté

Pierre Mila Assouté l’un des principal opposant du président Paul Biya vivant en exil en France avait un temps annoncé se présenter à la dernière élection présidentielle d’octobre 2011, avant finalement d’y renoncer.

Un mois avant l’élection, les services secrets camerounais demandé à leurs homologues sud-africains de “confirmer ou d’infirmer”, un récent voyage de Mila Assouté en Afrique du Sud et si “le but de cette visite pouvait être établi”.

L’officier de liaison sud africain avait décliné cette demande, écrivant : “je ne pense pas que M.Pierre Mila Assouté ait commis une quelconque infraction qui justifierait que l’Afrique du Sud fournisse ces informations ».

  • Le MI6 a fait pression pour bloquer la vente d’équipements d’une entreprise sud-africaine à une compagnie iranienne

Une autre note révèle les pressions exercées sur l’Afrique du Sud par le MI6 britannique et d’autres « services alliés » pour bloquer une vente en Iran de matériel suspecté de permettre de produire des missiles balistiques à tête nucléaire entre fin 2007 et début 2009.

  • La couverture des services iraniens en Afrique du Sud

Une autre note de janvier 2010 détaille les couvertures ou activités des services iraniens de l’époque: maison d’édition, fondation promouvant le chiisme, importateurs de tapis, chambre d’hôte de Johannesburg et camp pour étudiants musulmans dans le Kwazulu-Natal, à l’est du pays.

Source : Jeune Afrique.

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