Un air de guerre froide souffle sur Budapest

Publié: février 13, 2015 dans Europe
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L'eurodéputé du parti d’extrême droite Jobbik, Béla Kovács, accusé par Budapest d’être un espion à la solde des Russes.

Budapest est dans une mauvaise passe. Son numéro d’équilibriste entre l’Est et l’Ouest ne satisfait ni ses partenaires européens ni la Russie dont le modèle tente le premier ministre Viktor Orban. Angela Merkel s’est pressée dans la capitale hongroise au début du mois et, mardi prochain, ce sera au tour de Vladimir Poutine de rencontrer Viktor Orban. Officiellement pour signer un contrat gazier, mais en réalité pour tenter d’enfoncer un coin dans l’unité européenne sur la question de l’Ukraine.

La capitale hongroise serait devenue l’une des plates-formes de prédilection des services secrets russes en Europe. C’est ce qu’affirme une source anonyme dans le quotidien Népszabadság. Le politologue Péter Krekó confirme cette tendance: «L’Ukraine est le terrain de guerre entre l’Est et l’Ouest et la Hongrie voisine pourrait devenir le terrain de jeu, celui des conflits politiques, avec des espions des deux côtés et ce genre de choses…»

C’est dans ce contexte que la Commission des affaires juridiques du Parlement européen doit se pencher sur une affaire singulière le 23 février: un eurodéputé du parti d’extrême droite Jobbik du nom de Béla Kovács est accusé par Budapest d’être un espion à la solde des Russes. L’histoire de cet homme qui porte la marque du KGB a été mise à nu à l’automne dans la presse hongroise. Né en 1960 d’un officier russe en stationnement en Hongrie, marié à une citoyenne russe, il a passé l’essentiel de sa vie entre le Japon et la Russie.

Au milieu des années 2000, il intègre un parti d’extrême droite qui monte en Hongrie – le Jobbik – et emmène son président Gábor Vona à Moscou en 2008. C’est là que se produit le tournant prorusse du parti, explique András Dezs, le journaliste qui a enquêté sur l’affaire. «KGBéla», comme on le surnomme au sein du parti, admet l’avoir financé, mais réfute l’avoir fait avec de l’argent des services secrets russes. Son investissement est réussi: Jobbik est aujourd’hui le 2e parti de Hongrie et sa doctrine d’«ouverture vers l’Est» a largement inspiré le Fidesz au pouvoir.

Béla Kovács est aussi l’artisan, à Budapest en 2009, de la création de l’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN). Un rassemblement de formations d’extrême droite censé permettre à Moscou de peser sur les affaires du Parlement européen. S’il est reconnu coupable d’espionnage au Parlement européen, l’agent (présumé) risque de perdre son immunité parlementaire et encourt une peine de huit années de prison en Hongrie.

Source : Tribune de Genève.
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