Les services secrets ont aidé la présidente sud-coréenne à se faire élire

Publié: février 9, 2015 dans Asie-Pacifique
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Won Sei-hoon, l'ancien patron des services secrets sud-coréens, lors de son arrivée à la Haute cour de Séoul, le 9 février 2015.

Won Sei-hoon, l’ancien patron des services secrets sud-coréens, a été condamné lundi à trois ans de prison pour avoir favorisé l’élection en 2012 de l’actuelle présidente du pays, en montant une cabale contre son adversaire.

Le 19 décembre 2012, Park Geun-hye célèbre sa victoire. Élue présidente avec 51,6 % des voix, la nouvelle chef de l’exécutif sud-coréen entre en fonction en février 2013, laissant Moon Jae-in du Parti démocrate unifié face à sa défaite. Or, cette défaite doit beaucoup au jeu trouble des services secrets sud-coréens.

Le patron du National Intelligence Service (NIS), Won Sei-hoon, avait durant la campagne électorale ordonné à ses agents de poster des commentaires sur internet, rabaissant le candidat libéral et encensant la conservatrice Park Geun-hye. Les agents du NIS ont dépeint le candidat de l’opposition Moon Jae-in comme un homme peu charismatique, incapable de protéger la Corée du Sud de la politique agressive de la Corée du Nord. L’accusation suprême, lancée sur Twitter, présentait Moon Jae-In comme un sympathisant du régime communiste nord-coréen.

Cette entreprise de dénigrement a été conduite par les services secrets dirigés à l’époque par Won Sei-hoon. En première instance, l’ancien patron du NIS avait écopé de deux ans et demi de prison avec sursis. La Haute cour de Séoul a confirmé lundi ce jugement, en estimant que Won Sei-hoon a bien eu «l’intention d’influencer les résultats de l’élection». Avant de partir en prison, le condamné a déclaré n’avoir servi que «la sécurité de (son) pays et de (ses) concitoyens».

Scandales à répétition

Dans un pays qui n’est sorti que très récemment de la dictature, en 1979 avec l’assassinat du général Park Chung-hee (le père de la présidente Park), toute intervention de l’appareil d’État dans la vie politique est très mal ressentie. D’autant que le National Intelligence Service nourrit nombre de suspicions. Ce n’est pas la première fois que les services secrets sont l’objet d’accusations.

En avril 2014, le NIS avait été suspecté d’avoir confectionné de faux documents pour consolider ses accusations d’espionnage envers un Nord-Coréen passé au Sud dix ans plus tôt, et qui était devenu un conseiller municipal assez influent à Séoul. Un mois après ce scandale, le chef de la NIS, Nam Jae-Joon, avait remis sa démission. Son successeur, Lee Byung-Kee, toujours en poste, s’est engagé à remettre le NIS d’aplomb, en «assainissant» les services.

Le Figaro.

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