L’autonomie du Mossad mise en cause en Israël

Publié: mars 4, 2010 dans Moyen-Orient
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Après l’asssassinat d’un cadre du Hamas à Dubaï, les médias critiquent la centrale d’espionnage, véritable « armée privée », qui ne rend de comptes qu’au premier ministre.

Le Mossad : une « armée privée » au service de Benyamin Nétanyahou. Un commentateur a dressé ce constat pour le moins abrupt à l’occasion de la tempête médiatique déclenchée par l’assassinat, le mois dernier, d’un responsable islamiste palestinien du Hamas à Dubaï. Cette opération n’a pas été revendiquée par les services secrets israéliens, ce qui n’empêche pas des médias de s’interroger sur l’absence de contrôle sur le Mossad.

Ce service est en effet le seul à dépendre exclusivement du chef du gouvernement. Le chef du Mossad n’a ne de compte à rendre qu’au premier ministre. Ni le Parlement, ni les autres ministres, ni le Conseil de sécurité nationale n’ont leur mot à dire. Le chef du gouvernement n’est pas obligé de rendre compte à son cabinet ou à la Knesset lorsqu’il donne son feu vert à une opération, notamment pour les « traitements négatifs », terme en usage pour les éliminations. « Le premier ministre peut, mais ce n’est pas une obligation, informer le ministre de la Défense », confirme Binyamin Ben Eliezer, lui-même ancien ministre de la Défense.

L’exemple du Shin Beth

Le premier ministre choisit également le chef du Mossad et peut éventuellement prolonger son mandat, comme cela a été le cas à deux reprises pour Meïr Dagan. Le danger, c’est, qu’en cas de « problèmes », les dégâts sont loin d’être limités au Mossad. Lorsque des agents israéliens se sont fait arrêter en Jordanie en 1996, après avoir tenté d’empoisonner en pleine rue Khaled Mechaal, le chef politique du Hamas, c’est tout l’accord de paix signé deux ans plus tôt entre Israël et le royaume hachémite qui a failli être remis en cause. Bref, le pays paie les conséquences des actes d’un organisme qui agit sans avoir à rendre des comptes.

Pour remédier à cette situation, des commentateurs estiment que les règlements qui régissent le Shin Beth, le service de sécurité intérieure, devaient être appliqués au Mossad. La nomination et l’éventuel limogeage du chef du Shin Beth sont soumis au cabinet sur recommandation du premier ministre. Le chef de ce service, chargé de la lutte antiterroriste en Israël et dans les territoires palestiniens ainsi que du contre-espionnage, doit aussi présenter son bilan périodiquement à une sous-commission spéciale du Parlement, dont les délibérations sont secrètes. Pour le moment, le Mossad s’est refusé à se soumettre à un tel traitement en invoquant des risques de « fuites » pour ses agents et ses taupes. Jusqu’ici, cet argument l’a emporté.

Source : Marc Henry, Le Figaro, 2 mars 2010.

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