Quand le Mossad tuait à Paris…

Publié: février 21, 2010 dans Moyen-Orient
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En 1992, un haut responsable palestinien, Atef Bsesio, avait été tué en France dans des conditions qui rappellent la récente affaire de Dubaï.

C’est une affaire peu connue, dans laquelle l’implication des services secrets israéliens ne fait guère de doutes aux yeux de l’ancien juge Bruguière. Un crime presque parfait, dont les conséquences politiques ont été très importantes…

Le 28 juin 1992, un haut responsable du Fatah, Atef Bseiso, est assassiné devant son hôtel du quartier de Montparnasse, à Paris, alors qu’il sort d’une voiture. Les deux jeunes tueurs, en jogging et baskets, ont tiré à plusieurs reprises et achevé la victime d’une balle dans la tête. Un travail de professionnel.

Atef Bseiso occupait un poste clé dans l’organisation de Yasser Arafat. Il était chargé du contact avec les services de renseignement étrangers. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il venait de rencontrer des responsables de la DST, le service de contre-espionnage français.

Son assassinat a eu des répercutions inattendues puisqu’il a permis d’identifier un « taupe » recrutée par le Mossad au sein de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Tunis, dans l’entourage d’Arafat. C’est cet agent double, Yassine Adnan, qui avait informé les services israéliens de la présence de Bseiso à Paris. Par la suite, on apprendra même qu’il avait aidé à truffer de micros le fauteuil du principal responsable de l’OLP lors des négociations d’Oslo avec les Israéliens. Ces écoutes avaient permis au Mossad de connaître dans le détail les positions du Fatah lors de ces pourparlers.

L’enquête menée en France par le juge Bruguière, la brigade criminelle et la DST a également mis à jour le système de transmission secret utilisé par le Mossad pour communiquer à l’étranger. En l’occurrence, il s’agissait d’un réseau, très sophistiqué pour l’époque, de « boites vocales » utilisé par les agents pour entrer en contact avec leurs « traitants ». Une découverte qui a conduit le Mossad, par précaution, à détruire tout son système.

Cet épisode de la guerre sécrète des services, révélé par le juge antiterroriste dans ses mémoires, a été une façon, pour les Français, de rendre la monnaie de leur pièce aux israéliens. La France n’avait en effet pas beaucoup apprécié, comme Dubaï aujourd’hui, que l’on vienne régler des comptes sur son territoire.

Il n’y a pas eu de suite judiciaire « officielle » à l’affaire de Montparnasse, car Yasser Arafat a refusé de faire entendre Yassine Adnan par la justice française, qui le réclamait. Ensuite, l’homme a mystérieusement disparu…

Source : Jean-Marie Pontaut, L’Express, 20 février 2010.

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