Le chef des services secrets britanniques contre-attaque

Publié: février 20, 2010 dans Non classé
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Le MI-5 est accusé d’être complice d’interrogatoires plus que musclés, et d’avoir tenté de dissimuler des informations au sujet de ces méthodes assimilables à de la torture.

Le chef du contre-espionnage britannique a prévenu vendredi que les attaques contre son service, le MI-5, à propos d’un ancien détenu torturé de Guantanamo, pourraient servir aux ennemis de la Grande-Bretagne de « propagande pour miner la volonté et la capacité à les affronter ».

Dans une rare intervention publique d’un directeur-général du MI-5, Jonathan Evans a répliqué dans les colonnes du Daily Telegraph aux allégations selon lesquelles son service avait une « culture de l’élimination ».

Il répondait là directement aux conclusions des juges de la Cour d’appel de Londres, les plus puissants du pays. Ces derniers viennent de débouter le ministère des Affaires étrangères qui voulait garder le secret sur les conditions d’interrogatoire d’un ancien détenu de Guantanamo, l’Ethiopien Binyam Mohamed.

Agé de 31 ans, arrêté au Pakistan en 2002 puis transféré dans un site secret au Maroc et enfin détenu sur la base américaine de Guantanamo pendant plus de quatre ans, Binyam Mohamed a été enchaîné, régulièrement privé de sommeil et menacé de « disparition », selon des documents révélés mercredi sur injonction des juges. L’Ethiopien a affirmé qu’un membre des services de renseignement britanniques MI-5 avait fourni les questions lors des interrogatoires assortis de torture au Maroc.

Pas de « culture de l’élimination »

Le directeur-général du MI-5 a admis que son service avait été « lent à détecter » les mauvais traitements infligés par les Américains après le 11 Septembre, mais que l’accusation de « culture de l’élimination » était « l’exact opposé de la vérité ». « Nous, dans les agences (britanniques de renseignement), n’usions pas de mauvais traitements ou de la torture contre eux et nous ne le faisons pas plus maintenant, ni ne nous associons ou encourageons les autres à torturer à notre place », écrit le responsable.

Le ministre des Affaires étrangères David Miliband et le secrétaire à l’Intérieur Alan Johnson, ont également pris position publiquement, dans les colonnes du Gardian. Ils insistent tous deux sur le fait que le personnel du MI-5 ne doit pas utiliser de pratiques qualifiables de « torture », mais aussi qu’il doit « rapporter » tout fait de ce type afin qu’une enquête soit menée.

Le MI-5 est également accusé, dans les conclusions de Lord Neuberger, juge à la Cour d’appel, d’avoir manqué au respect des droits de l’homme et trompé le Parlement.

Désormais publiques, les informations sur les mauvais traitements, fournies par la CIA au MI-5, ont avivé la polémique en Grande-Bretagne sur le rôle du prestigieux service de renseignement britannique, accusé d’avoir chercher à étouffer l’affaire.

Mercredi, les Etats-Unis se sont déclarés « profondément déçus » par la décision de la justice britannique de faire publier le détail des interrogatoires.

Source : L’Express, 12 février 2010.

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